Mardi 8 Mai 2012
LA CLE EGAREE DE NOS DOUBLES
Quelquefois ta voix te ressemble à peine
Tu te demandes qui te traverse
Pour te restreindre ou t'élever ;
Feindre l'un pour assouvir l'autre ?
Ou s'égarer dans l'autre croyant atteindre l'un ?
Ici-bas chacun se persuade
Que tous nous détenons l'itinéraire précis
Des agissements de nos doubles
Répertoriés en fiches classifiées
Quand nul en fait ne la possède
Des futurs non vécus, des passés anxiogènes
Viennent superposer au présent
Leurs grilles d'interprétations
Leurs artefacts de probabilités
Et toi vacillant dans ton labyrinthe
Confronté aux marchands de réponses solubles
Aux brocanteurs experts en issues de secours
Quand eux mêmes ne cherchent qu'à
S'évader de leur intime dédale
En résulte le chic des parois
Qui réorganisent leurs cloisonnements
En plus doctes entrelacements
Les spectres des versions de toi
Virtuellement envisageables
Mais que tu n'as pas cru bon vivre
Prolifèrent en lierre grimpants
Le long des noueux arbres neuronaux
Et parasitent ta pensée
Ne t'y trompes pas cependant
Le poème n'est pas une clé
Tout au plus une porte que tu n'avais pas vue
Il se peut qu'elle soit fermée
Et que tu doives, très loin et très profond
Aller en toi chercher l'outil
Nécessaire à son ouverture
Et prendre le risque que la porte
Ne conduise qu'à d'autres portes
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Mardi 8 Mai 2012 à 20:57 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR

