insurrectionpoetique !

LE SEPTIÈME ÉTAGE DE LA MÉLANCOLIE

Ne demeures pas immobile au septième étage de la mélancolie. C'est dans le placard à cadavres ou dans le placard à secrets que se trouvent dissimulées - ou peut-être seulement rangées- les ailes par lesquelles assurer ton envol.
La fenêtre est déjà ouverte sur d'autres dimensions de l'ego qui n'ont rien de déshonorant. Il ne reste plus qu'à tenter ton essor.
Que crains-tu ? Il n'y a plus rien à trouver au septième étage de la mélancolie.

Inutile de regretter ceux que tu n'as point visités. Ce sont des pièces en trompe-l'œil qui ne contiennent rien d'essentiel. Rien que des décors usés sur lesquels la poussière accumule ses strates. Les escaliers sont clos par des codes inviolables. Les ascenseurs archaïques ne mènent plus nulle part.
Peut-être préfères tu t'asseoir, pleurer sur ton passé perdu, ton avenir inaccessible seul face à la fenêtre ouverte au septième étage de la mélancolie …

Il se peut que les ailes ne soient plus fonctionnelles que pour les fonctionnaires du souvenir. mais qui a dit que les rêves ne comportaient pas de risques ? Ne vaut-il pas mieux se briser les os sur l'échine d'acier du souffle que de se voir décliner dans un cube sans lumière, sans même une identité, au carrefour imprécis des moins définies déchéances ?
La question reste ouverte.
Et la fenêtre aussi …

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IDIOMES DE FLEURS ET DE FRUITS

Idiomes de fleurs et de fruits
Aux hasardeuses syntaxes
Nous vous proférons si mal

Quand la caresse de vos sons
Vêtant nos cœurs irrités
Par tant de rugueuses étreintes

Pourrait nous faire entrevoir
Ces jardins bleus dont l'absence
A déraciné nos âmes

Nous fiancer à l'eden
Anéantir nos fantômes
Exalter le pur encens

De nos pulsions généreuses
Ériger son évidence
Au centre de vos mystères

La poésie n'est-elle pas
L'apprentissage exalté
De vos sinueux alphabets ?

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LE RÊVE DE L'ARAIGNÉE

Rien n'importe et tout compte
Le rêve de l'araignée
Et du chat de gouttière
Les songes métaphysiques

Du comptable de province
Le berceau de l'enfant
La tombe de l'ancêtre
La saveur à nos lèvres

D'un refrain très ancien
Le goût de la framboise
Et le sérieux labeur
Le jeu avec la vie

Et le fracas du deuil
Les amours avortées
Et les passions sans frein
L'espoir aléatoire

Et la ville bâtie
Et la ville incendiée
L'abandon au silence
Et le don sans retour

Chaque pièce du puzzle
Contribue à l'ensemble
Ne signifie pas plus
L'étoffe recousue que l'événementiel

Ne signifie pas moins
La mort que la naissance
Ni l'amour que la haine
Jeu dont nous ignorons

Quelle pièce maîtresse
Permettrait de gagner
Ni comment reconnaître
Si davantage importe

Dans la trame le gain
Ou la perte ni si
La fuite le sacrifice
Ne s'équivalent pas

Au fur et à mesure de nos pas paysages
Et visages s'effacent, même dissolution
Qui ne laisse que les terres arides du présent
Où s'avancent nos pions sans connaître les règles

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BOUSSOLES AFFOLÉES DE NOS DÉSOEUVREMENTS

Boussoles affolées de nos désœuvrements
Vous n'indiquez le nord qu'en ultime recours
Et nous laissez errer si longtemps sans amour
Comme des naufragés sur une île inconnue

Lorsqu'enfin nous daignons honorer nos serments
Nous ne sommes plus qu'un amas de nerfs à nu
Et nous multiplions les fautes impardonnables
Grands prêtres du néant dans des temples de sable

Qui recherche l'eden invoque les démons
Par maladresse et par oubli de l'essentiel
Le voyage fut si long sous la pluie torrentielle
Des mensonges acérés et les éclairs de sang

Que les lettres qui avaient formé notre nom
Se sont à tout jamais perdues dans l'océan
Que le nord qu'à présent les boussoles indiquent
N'a plus en nous de connexions neurologiques

Quelle fête pour célébrer la perte et le déclin
Quelle ivresse pourra déverrouiller l'amnésie
Et comment prévoir l'émoussement de ce cri
Qui autrefois était l'axe de nos destins ?

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POETIC GLADIATOR EN LIVE LE 6 JUILLET !

"Attention poète dangereux !", spectacle de poésie-performance, de et par Pascal Perrot, aka Poetic Gladiator myspace.com/poeticgladia... enflammera la scène du Kibele le 6 juillet à 20h. Si votre idée de la poésie s'est arrêtée à Rimbaud, si pour vous Charles Trenet était un "grand poète", attachez vos ceintures, ça va décoiffer sévère !
Une écriture musclée, enragée, pamphlétaire, s'autorisant parfois une certaine tendresse, mais toujours sans concessions, exigeante et populaire. Pas de lecture, mais une interprétation vibrante et viscérale, une incarnation survoltée de chaque mot qui ne laisse pas indifférent, une interactivité permanente avec son public. Parce que la poésie n'est pas sa tasse de thé, mais son bâton de dynamite …
Ce qu'en pensent les spectateurs :

Pour le mot qui mord et caresse, merci (Myriam)
Verve atomique qui rend la vie et interroge les âmes (S.)
Un joli comat de la voix et du corps
Des mots limpides qui coulent dans des phrases rocailleuses
L'eau d'un torrent sonore et clair ( Cecil)


LE KIBELE
LUNDI 6 JUILLET À 20H
12 rue de l'Échiquier- 75010 Paris
M° : Bonne Nouvelle
Libre participation (minimum 3 euros)

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À DÉFAUT DE CIBLES PRÉCISES

À défaut de cibles précises

Dans un espace clairement circonscrit

Toute modification profonde 

Du tissu même de la réalité

 

- Et nous ne parlons pas ici

Des révolutions à venir-

Ne saurait être accompli

Sans victimes collatérales

 

Sachez regarder au-delà

Des cibles désignées d'avance

Que votre éducation vous incline à haïr

Qu'il est de bon ton d'injurier

 

Il suffit que l'œil bascule

De quelques degrés à peine

C'est souvent là que se situe

L'Ennemi que nul ne veut voir

 

Il s'expose mais sans excès

Rien ne le dissimule et rien ne le révèle

Invisible, anonyme parmi d'autres anonymes

Il déroge à vos iconographies du monde

 

Et rien ne nous signale son abomination

Car ce sont toujours d'autres qui commettent ses crimes

Un léger glissement de nos sens et nos signes

Et notre tête se place sous son couperet froid

 

Et lorsque chacun s'acharne

Sur les mannequins en vitrine

Ceux qui seront sacrifiés

Aux vindictes légitimes

 

Lui rit de son impunité

Buvant quelque cocktail mondain

Dans l'arrière boutique du réel

Dont il est le discret comptable

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LE MAUVAIS RÔLE

J'eus voulu être champignon

Insecte à l'extrême limite

Mais être humain ? Trop compliqué !

 

Depuis mon état d'embryon

Je m'y exerce sans succès

Tout juste parviens-je quelquefois

 

À produire quelque artefact

De ce que l'on attend d'un homme

Dans les codes ritualisés

De nos modernes sociétés …

 

Pourquoi faut-il que chaque acteur

Soit sensé pouvoir jouer ce rôle

Sans honte ni dégoût de soi ?

 

N'y aura-t-il jamais personne

Pour dire quel texte exécrable

Nous sommes tenus de déclamer ?

 

Combien nous aimerions parfois

La liberté d'improviser

Sans le carcan d'une parole

Tant de fois si pauvrement dite

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AFFRONTER LA COHUE DES DÉSIRS VENTRILOQUES

Affronter la cohue des désirs ventriloques

Avant que de pouvoir exprimer notre voix

Ces volontés qui parlent à travers notre bouche

Strates superposées des inachèvements

 

Les mutismes ancestraux s'improvisent destin

En infusant au cœur du chaudron de nos veines

Il nous faut si longtemps avant de concevoir

Que le chemin dicté nous est indifférent

 

Nous l'avons suivi tant d'années sans nous douter

Que nous portions sur nos épaules des précipices

Qui pareils aux tumeurs ont crû et scié nos joies

 

Nous épions un signe dans le désordre des routes …

Celle que nous aurions dû choisir comme emblème ?

Nous en sommes dans la plus complète ignorance

Pourtant blanchir la page nous rend la vie multiple

 

Et fertile en possibles à créer dans l'instant

Que tout nous redevienne inconnu nous rassure

Et redonne vigueur à nos enchantements

Si rude soit la voie, nos pas ne la redoutent

 

Marcher, trébucher même redevient plaisir

Nos erreurs, nos écorchements deviennent source

De découvertes, d'étonnements … Elles sont nôtres

Et non spoliations du présent par le passé

 

Qui voulant pulser en nous fait nos cauchemars

Ou pour le moins ce morne effacement de soi

Sont nous nous contentons jusqu'à ce que l'éveil

 

Vienne à nous sans éclat, sans fracas inutile

Mais avec le poids des légitimes évidences

Et que soudain reprenant possession de nous

Nous trouvions jouissance dans l'envol comme la chute

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UNE ESTHÉTIQUE DE LA GÉNUFLEXION

Tandis que patiemment s'instaure

Une esthétique de la génuflexion

-Certaines humiliations et agenouillements

Certains ploiements de vertèbres précis,

 

Certaines décérébrations glorieuses

Seraient louables quand d'autres, exécrables,

Ne méritent que le mépris, l'injure- ,

On entretient la confusion suprême

 

Avec le respect ou l'admiration

On trace de douteuses corrélations

Entre la saine humilité

Et son double chorégraphié

 

Par des forces purulentes, insanes :

L'abaissement et le dénigrement du souffle ;

Comme s'il était la plus infime parcelle

De splendeur, de connaissance

 

Dans le fait d'être un renégat de soi

Et de contraindre notre sublime orgueil

À n'être qu'un dérivé d'amnésie

Une berceuse que l'on entend à peine

 

Comme si vouloir ne pas macérer l'âme

Dans le ragoût sans saveur des limites

C'était attenter à l'idée de l'homme

Comme si se vider de pensées, d'entrailles

 

Était la consécration désirée

Comme si à nos aspirations nous préférions

Être aspirés sans espoir de retour

Dans le magma indécent, transfondu

D'individus interchangeables

 

Nos rêves sont maladroits et brutaux

Ils ont l'aura souillée de nos scandales

Mais ils créent hors des cercles du plausible

De nouveaux mondes de manière empirique

 

Et c'est de leur chaos que surgiront

-Exil des servilités nécessaires

Qui ont créé des peuples de bossues-

Les fulgurantes utopies à venir

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FRAUDULEUSEMENT IMMATÉRIEL

Je ne suis qu'un hologramme

Dans l'espace de vos consciences

L'image se restructure

Au gré des métamorphoses

 

Non que je n'ai point d'existence

Au delà et hors de votre regard

Mais je n'ai pas encore élu

Ma forme d'élection, celle qui me retiendra

 

Suffisamment pour qu'y élise domicile

Mon corps solidifié, mon âme cristalline

J'expérimente chaque visage

Faisceau kaléidoscopique

 

Chaque instance de la matière

Le mutisme des minéraux

L'arborescence végétale

L'éloquence piégée de l'homme

 

M'incarnant par intermittences

En indélicatesse avec

Le néant comme la plénitude

Frauduleusement immatériel

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AU COMMENCEMENT DE NOS FAIMS

Peut-être n'ai je d'autre souci
Que d'accéder à l'instant pur
Celui qui ne signifie rien
Qui ne saurait se justifier

Et qui n'a d'autre raison d'être
Que sa condition intrinsèque
Comme dégagé des turbulences
Isolé des rires et des larmes

Des actes objectifs et concrets
Des nécessités de produire
De bouger à contre-courant
De la trame de nos vies mêmes

Cet instant pur, dénué d'objet
Irrévocablement précis
Dans son adéquation à nos
Aspirations en latence

Cet instant pur identifié
À tout ce que nous avons pu
Chercher depuis des millénaires
Au commencement de nos faims


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NOS PERSPECTIVES D'ESPÉRANCES

Il faudra mille fois tout perdre
Avant que de prétendre atteindre
Un seul fragment de vérité

Et mille fois tout perdre encore
Pour concevoir que ce fragment
N'est pas le vrai en son entier
Traverser des géométries

Où nos repères n'ont aucun sens
Pour concevoir l'inconcevable
Et apprendre à dire l'indicible
Confronter aux désolations

Nos perspectives d'espérance
Pour déjuger la vie d'autrui
Et ne pas mépriser la nôtre
Il peut arriver que le temps

Pour une semblable entreprise
Vienne à manquer que nous importe
Quand initier ce long voyage
Modifie le tissu de l'être ?

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POÈTES VISCÉRAUX EN DIRECT LIVE !

Il existe une alternative aux scènes ouvertes fastfoodiennes comme aux présentations guindées. Cette alternative s'appelle "Langage des  viscères". Des textes avec des idées, qui transpirent l'amour des mots, qui vous arrachent le cœur ou l'apaisent. Des poètes on ne peut plus vivants, généreux, exubérants qui se produisent en direct live. Des concerts qui décoiffent. Des projections d'images d'artistes d'aujourd'hui. C'est tout cela "Le langage des viscères", soirée à laquelle j'ai l'honneur de participer en tant que poète performeur. Un génial melting pot né de la volonté de Amine Boucekkine, alias Dust of my Dust, lui même remarquable poète. Un tel niveau de qualité ne pouvait passer longtemps inaperçu.
Succès de la manifestation oblige, la sixième édition migre de la Cantada vers une salle plus grande :  la salle de cinéma l'Archipel.
Au programme : des poètes et poétesses qui en ont, les projections vidéo du plasticien Hugues Gillet, un concert de rock progressif, un autre de jazz-rock psychédélique. Que du bonheur, et ce, en libre participation. Venir à l'heure serait un plus, vu l'abondance du menu …

"Le langage des viscères", samedi 30 mai à 20h, l'Archipel, 17 boulevard de Strasbourg 75010 Paris m° Strasbourg St Denis Libre participation

Davantage d'infos ici :

http://www.myspace.com/dustofmydust


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PRIMORDIALES INDÉCENCES

Quelque chose en nous fourmille

Grouille se démultiplie

Telles les ramifications

D'arborescences oubliées

 

D'indécences primordiales 

De connaissances arbitraires

Nous ne voulons pas l'entendre

Nous craignons les mutations

 

Bifurcations à venir

Vers cet autre qui s'inscrit

Déjà dans la transparence

De nos anciens squelettes

 

Et dont le surgissement`

De l'ordre de l'inéluctable

Nous laissera étonnés

Au bord de l'incohérence

 

Stupéfaits de devenir

Celui que depuis longtemps

Tend à apparaître en nous

Il nous faudra tout apprendre

 

Les gestes et les regards

Les codes et le langage

Les hiéroglyphes du songe

Le reflux de la pensée

 

De cet étranger qui nous

Demeure si familier

Et dont chaque mot, chaque acte

A esquissé l'émergence

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RETROUVER LA CHAIR DES MOTS

Dans le monde de l'infra-langage

Tous les termes s'équivalent

Les nuances s'abolissent

Qu'un même mot signifie

Amour et haine est fréquent

 

Les émotions perdent leur suc

Leur substance quintessentielle

S'effiloche et s'équarrit

Aux abattoirs du passé

Aux sordides pestilences

 

Et des valeurs la chair des mots

Est savamment retranchée

Leur sang n'est qu'un souvenir

Les rêves qu'ils véhiculaient

 

Se liquéfient, disparaissent

Au profit d'une mémoire

Sans angles et sans perspectives

 

Est-il interdit de penser

Que l'infra-langage prépare

La venue de l'infra-humain ?

 

 

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