insurrectionpoetique !

QUE LA POUSSIÈRE SE TAISE !

Que la poussière se taise !
Qu’elle cesse de gravir l’arc hélicoïdal
De couvrir nos palais, d’empoisonner nos sources

De maculer nos mystères
Pour que le chemin nous redevienne visible
Que nos silences ne nous soient plus étrangers
Et pour que toute issue ne nous soit point entrave

Que se taise la voix sans voix
Qui brouille nos pensées et musèle nos rêves
Et ne nous permet pas d’entendre notre cœurs
Quand tant elle envahit le plus faible interstice

Retrouverons-nous alors
Nos fabuleux galops vers l’Hors insoupçonnable
Et l’élan enlisé reprendra-t-il son cours
À sa vitesse et à sa puissance initiale ?

C’est peu probable. Pourtant
L’enchantement brisé reconstitué fonctionne
Que nous importe donc son pouvoir atténué
La pente sera plus haute

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LA FÉE DES CLÉS, L'ANGE DES PORTES

La fée des clés appelle à la rescousse
L’ange des portes qui signale une intrusion
Au tribunal administratif des archanges
Qui met en route un processus complexe

Pour obtenir les autorisations ,
Il serait vain d’en espérer franchir le seuil
Sans que le sceau sacré eût été apposé
Car tout alors vous deviendrait hostile

À chaque fois mon visage s’efface
De la mémoire céleste et tout est à refaire
Et ce n’est qu’une fois ce rituel accompli
Qu’enfin je peux rentrer dans ma demeure

Pour sortir la procédure est plus longue
Une évasion n’est pas à prendre à la légère
Une erreur de calcul peut possiblement nuire
Au bonheur de l’entière humanité

Voilà pourquoi je vous prie d’excuser
Le retard conséquent que j’ai pris à venir
Les lentes hiérarchies célestes en sont cause
Il serait vain de m’en tenir rigueur

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L'ORDRE INTÉRIEUR

Ma vie fut une invraisemblance
Une indécente anomalie
Tout y défia la gravité
Elle n’eut ni base si sommet

Beaucoup se gardèrent de croire
À sa réalité ; pour eux
Elle était de même nature
Que bien des continents mythiques

Légende au seuil de l’imposture …
Que deux chaos s’arqueboutant
Puissent devenir clé de voûte
Échappait à l’observateur

Et si j’en parle au passé simple
C’est que de tous ces illogismes
J’ai constitué ma cohérence
Et qu’en dépit de ses multiples

Ondulations et vibrations
La toile ainsi tissée tint bon
Ainsi, constitué de désordre
Je trouve mon ordre intérieur

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REQUIEM DES ANGES NOYÉS

Toujours au moment de nos imminents naufrages
Des anges qui se noient appellent au secours ;
Vouloir les sauver tous, c’est tenter les sirènes
Dont le chant nous aspire à devenir charognes

Alors vite opérer un choix aléatoire
Et ne plus regretter ceux dont le sel éteint …
Ne pas penser à nos velléités d’envol
À la douceur des songes entrepris sous leurs ailes

Ne pouvaient-ils opter pour un temps plus propice
À l’agonie que cet instant blasphématoire
Où tout ciel entrevu sous nos pas se dérobe

Par quel hasard ne sauvons-nous que les déchus
Aux pouvoirs dérobés par avoir trop pensé
Qu’il était une porte en l’homme et que sans doute
Cette porte ouvrirait le visage de Dieu ?

Hasard des sangs viciés que la vie nous légua
Héritages de signes, de mots inutiles
De verbes enclavés dans des présences obscures
Que nous avons su faire soleils pour les nôtres

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BONHEURS EN TROMPE-L'ŒIL

Soyons honnêtes- que cela
Ne devienne point l’ordinaire
Mais sache garder son statut
De postulat aléatoire- :

Peu importe que nos efforts
Mènent au vide, ce qui compte
C’est que ce néant nous ressemble
Une absence confraternelle

Nous recherchons moins le bonheur
Que l’aménagement décent
De nos tristesses car nos cris
Plaintes et râles ont leur rôle

À jouer dans le jeu social
Que l’or de nos lamentations
En paie tous les désagréments
Par les portes et cœurs qu’il ouvre

L’inconfort des sans-issues peut
Au commencement dérabfer
On s’y sent un peu mal à l’aise
Rien que ne puisse balayer

Un semblant d’imagination
Les trompe-l’œil leurrent l’esprit
Qui finit par trouver son compte
Dans la joie abstraite du rien

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ET POURTANT JE SUIS DEBOUT !

Cette peur de rêver trop haut
De ne plus pouvoir redescendre
Dans la boue grise où chaque jour
Comme dans le fond d’une mine
On aspire à nous effacer

Cette boue dont nous nous servons
Pour sculpter d’amères icônes
- Hommage à notre déchéance
De vivant plus à vivant moins
D’acteur à témoin amnésique !-

Tournent les pages des carnets
Nous perdons le nom et l’adresse
D’un homme qui nous ressemblait
Et qui était peut-être nous
Nous, émietté dans la spirale

Là-bas, tout en haut de la tour
L’alpha et l’omega permutent
Et la fin suggère un début
Le sommet les fondations

C’est cette peau longtemps crue morte
Qui au gré d’une mue insane
Chuta dans des univers vides
Que s’incurve le nom secret
Que nous cherchons depuis toujours
Que nous redoutons de trouber

Elle murmure tant de ressacs
Et de désordres magnétiques
Avant maturation de l’être
Elle frappe aux parois de nos cœurs
Sans crainte de le déchirer

Mieux vaut refermer la boîte
Car le doute est envahissant
Il submerge qui s’y attache ;
Un boulet de lumière aux pieds
Nous attire vers les grands fonds
La peur n’est-elle pas préférable
Aux instabilités premières ?

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CETTE PEUR DE RÊVER TROP HAUT

Cette peur de rêver trop haut
De ne plus pouvoir redescendre
Dans la boue grise où chaque jour
Comme dans le fond d’une mine
On aspire à nous effacer

Cette boue dont nous nous servons
Pour sculpter d’amères icônes
- Hommage à notre déchéance
De vivant plus à vivant moins
D’acteur à témoin amnésique !-

Tournent les pages des carnets
Nous perdons le nom et l’adresse
D’un homme qui nous ressemblait
Et qui était peut-être nous
Nous, émietté dans la spirale

Là-bas, tout en haut de la tour
L’alpha et l’omega permutent
Et la fin suggère un début
Le sommet les fondations

C’est cette peau longtemps crue morte
Qui au gré d’une mue insane
Chuta dans des univers vides
Que s’incurve le nom secret
Que nous cherchons depuis toujours
Que nous redoutons de trouver

Elle murmure tant de ressacs
Et de désordres magnétiques
Avant maturation de l’être
Elle frappe aux parois de nos cœurs
Sans crainte de le déchirer

Mieux vaut refermer la boîte
Car le doute est envahissant
Il submerge qui s’y attache ;
Un boulet de lumière aux pieds
Nous attire vers les grands fonds
La peur n’est-elle pas préférable
Aux instabilités premières ?

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UNE JOYEUSE FÊTARDE

Elle arrive au travail avec un tutu rose
Un nez de clown et des chaussons fourrés
Elle n’a osé encore y venir nue
Mais cela ne saurait tarder

Souvent ivre et balbutiante
Cheveux emmêlés, yeux pochés
Elle danse une valse à trois temps
Sur un ancien morceau des Clash

Elle se ceint quelquefois le front
D’une couronne de jasmin
Et cabriole en bas résille
Un air léger au bord des lèvres

Dans son emploi, elle se permet tout
On dit “c’est un sale boulot”
Mais il en est de bien plus vils
Celui-ci a ses avantages

Elle sait que quoi qu’elle dise
Quoi qu’elle fasse
Nul n’osera la regarder vraiment
Ou prêter attention à ses propos
C’est pourquoi on la croit austère

Et la résume à sa fonction
De l’autre côté on sait bien
Qu’elle est ludique et facétieuse
La Mort, cette damnée fêtarde

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L'APPEL DES TAMBOURS

Autrefois j’eus cédé à l’appel des tambours
Et j’eus suivi la voix
La carne !
Qui a vidé l’intérieur de mes os
Au profit de dieux insolvables

Autrefois …
Autrefois j’ai connu la transe
Celle qui vous retourne le crâne
Comme une boussole dépolarisée
Qui a perdu son axe magnétique
Et qui vous broie le cœur
- Mais ce n’est que plus tard
Que l’on constate affolé
L’absence de battements-

J’ai laissé anges et démons
Esprits des zones de l’obscur
Où de la lumière, qu’importe
-Pris dans son ivresse malsaine
On ne trie guère ses alliés-
Posséder ma conscience étroite
Et la dynamiter de l’intérieur
Pénétrer jusqu’à ses racines
À un niveau subatomique

En quête de connaissance -la belle affaire !-
Je n’ai trouvé qu’un vain orgueil
Boursouflé par des miroirs guillotine
Qui décapitaient mes doutes

Que cette soulographie d’infini
De sensations déformatées
Qui n’a d’autre objet qu’elle-même
Et mange vos espaces vitaux

Penser que l’autre côté
Sera plus bienveillant à notre égard
Que ce monde où nous ne souffrons
Que parce que nous n’avons pas
Encore eu l’audace de vivre
Est une erreur de débutant

Je n’entre plus dans la transe
Je me poste à son orée
Résistant à la grande aspiration
Je vois, j’entends
Sans m’arracher de moi
Je perçois et c’est bien assez

Cette veille épuisante au seuil
Évitant le vortex au centre
Pour que les mots en insolents échos
Percutent ma mémoire et mon plexus

Là, debout dans les vents terribles
Résistant à ce qu’ils m’entraînent
Au point de fusion des néants
Je transcris leur chant dans mon sang

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À L'HEURE DES TECHNOLOGIES LES PLUS HAUTES

À l’heure des technologies les plus hautes
Nous vivons dans un monde en noir et blanc
Où tout excès de couleur se condamne
À quelque marge indécise du monde

De peur que quelque chromothérapeute
Ne vint à bout de notre cécité
Tout kaléidoscope est interdit
Et tout relief est une inconvenance

Qu’importent Copernic et Galilée
Puisque nous continuons à agir
Toujours comme si la terre était plate
Que sa rondeur nous est inaccessible

Heureux sont ceux qui parviendront à vivre
Dans au moins deux dimensions pleinement
Sens interdits et travaux en chantier
Limitent nos perceptions immédiates

Tout ce qui tend à amoindrir l’esprit
Ce que nous détournons à cet usage
Et qui visait à nous définir libres …
La liberté, si vaste et terrifiante

Dont l’usage quotidien nous échappe
Mais qui fait battre à nos tempes un regret
Aile d’un papillon inabouti
Qui choisirait de demeurer chenille

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CHAQUE POÈME EST UNE CONJURATION

Il faut savoir mieux cacher nos cadavres
Car les placards sont toujours mal célés
Les lèvres ne le seront pas longtemps ;
Nul poison plus pernicieux, virulent :

La vérité, nue jusqu’à l’écorchure
Les plis déclos des lettres de l’enfer
Exhalent tant de souffrance et de soufre
Mais de lui jusqu’au sang nous fûmes frères

Fermer la porte et ne plus revenir
Vers les greniers où s’entassaient nos fièvres
S’en délivrer, connaître de nouveau
La sainte et saine humiliation de vivre

Avant que le passé dévorateur
À nos joies arrachées se superpose
Et sans égarement s’y substitue
Arase, écrase nos avenirs féconds

Chaque poème est la conjuration
De l’ennemi qui sape nos substances
Installé dans nos organes vitaux
Pour mieux manger l’âme de l’intérieur

Comme toute magie, il a ses failles
Son déploiement ralentit sans dissoudre
La terreur sourde œuvrant dans les comptines
C’est pourquoi il sans cesse à reconstruire

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LE MOINDRE RIRE EST UN DÉCOR

Ne jamais penser un instant
À notre légitimité
À chaque seconde elle est à
Conquérir et reconquérir

Cette place jamais acquise
Perpétuellement en instance
Petite parenthèse incluse
Dans une grande parenthèse

La vie n’est que perplexité
Et cette absence de réponse
En fait la force et la richesse
Mais déverrouiller les questions

N’emporte pas vers le grand large
Mène vers d’autres labyrinthes ;
Tenter de résoudre le sens
Maintient nos faims en éveils

Le moindre rire est un décor
Et le désespoir les coulisses
L’un l’autre ne sont que théâtre
Et si le rôle a quelque chair

Nous l’identifions à nos vies.
Lorsque nous prenons du recul
Nous applaudissons en secret …
Il faudra dépasser la joie

Et la tristesse, l’amour aussi
Pour avoir quelque vue d’ensemble
De cette vie qui quelquefois
Tant hésite à nous ressembler

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UNE VOIE À SENS UNIQUE

Qu’y puis-je si m’ennuient les vies
Convenables et rectilignes
Qui ne prêtent point à jaser

Si plus profondément encore
Me désole l’inconvenance
Dès lors qu’elle s’érige en système

L’irrespect dénué de nuances
Inélégant, triste, infécond
Dévorant sa propre substance

Aussi la voie, la vie dont je
Tente de tracer le sillon
N’a-t-elle que pour moi de valeur

Ceux qui des lèvres du poète
Épient oracles, prophéties
Risquent d’en être pour leurs frais

Juste ce miroir densifié
Qui intensifie la présence
Et qui souligne l’incongru

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SIMULACRES D'EDEN

Anges de papier mâché
Aux ailes de silicone
J’ai franchi les haies des haines
Âmes et cœurs barbelés

Pour ne rencontrer que vous
De trop savants simulacres
D’où tout vertige est absent
J’ai tant connu, tant connu

De simulacres d’eden
Le faux ne me repait plus ;
Si je ne sens à mes lèvres
Ce goût de muscle et de sang

Et cette arrière-saveur
D’agonie de météores
Cette douleur de la chute
Dans le sas des dimensions

Si la brûlure de la torche
Du bec de l’aigle à mon flanc
Ne pose en moi son empreinte
Je sais le visage absent

Celui qui en filigraner
Sur la trame de ma vie
Dessine son palimpseste

Il me faut aller ailleurs
Pour en découvrir l’esquisse
Tant d’ailleurs à visiter
Pour juste vivre l’Ici …

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LA PREMIÈRE FOIS OÙ J'AI NEIGÉ

Je me souviens de la première fois
Où j’ai neigé ; ce fut une expérience
Éblouissante et les flocons chutaient
De moi comme les paroles sacrées

De l’oracle des barbes des prophètes
Dès lors je n’eus de cesse d’essayer
Le moindre phénomène naturel.
Je fus l’éclair et je fus la falaise

Je fus nuage, feu, herbe, volcan
Ce qui exige un long entraînement
Faute de quoi on en sort essoré
Être la pierre, être l’herbe me fut

Nécessaire repos de tant d’élans
De tant d’intensité, de densité …
Malgré les apparences, devenir
Coïncidence n’est pas de tout repos

Si lourde m’avait semblé ma conscience
Combien après tout ceci elle me fut
D’une légèreté inconcevable
je ne pourrais qu’en exprimer l’approche

Mon sort était somme toutes enviable
Face au constant bouillonnement des choses
Passionnante, épuisante effervescence
D’où naît une stabilité douteuse

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