Nous déchiquetions de nos dents
Le silence et la solitude
Tant et tant et tant d'archipels
Où la boussole désaxée de nos cœurs
Nous avait égaré dans les massacres
Pistes sanglantes des vautours
Pour qui les émotions humaines
Étaient leviers parfaits des manipulations ;
Et lorsqu'en un lieu incertain
L'arbre de la rencontre déploya ses feuillages
Nous étions sur le seuil, armés
Au bout des bras tendus vers l'autre
Le bouclier des tendresses écorchées
Océan de lames d'acier
Remugles nauséeux de l'injure
Éructations de nos angoisses
Dé tournoyant formé de labyrinthes
Dépeçage de l'autre où se reflétait
En miroir l'âpre écho des batailles perdues …
Mais l'écume arbitraire de nos déchirements
Était sous-tendue d'un souffle d'amour !
Il était écrit que les crêtes
Des vagues devaient imploser
Pour livrer le passage à des noces extatiques
Dansant jusqu'au vertige de la terre promise
Je t'ai abandonnée, mais tu es revenue
Flux de marée d'un arc-en-ciel incompressible ;
Voulant m'anesthésier de ton amputation,
J'étais vide et flottant dans le néant des choses
Et lorsque tu fus là, dans ta ressurection
Et lorsque tu fus là, au centre de ta gloire
Je compris que le puzzle était reconstitué
Que je n'étais entier qu'avec tes yeux en moi
Je suis trop vieux déjà pour renoncer encore
Mais mon cœur n'a pas désappris
À reconstituer le feu
Aux flammes longues et douces qui sans blesser réchauffe,
Annulant la fatigue et l'écartèlement
Blottis toi comme un enfant dans mon grand fleuve animal
Accepte la protection de mes esprits totem
Soyons l'un pour l'autre le signe
Tant attendu de l'accomplissement
Toi, ma tendresse inébranlable !
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Vendredi 29 Septembre 2006 à 04:39 GMT+2 dans DE L'EDEN À L'ENFER (article, RSS)
Vos commentaires
Le Mardi 9 Janvier 2007 à 15:31 GMT+2, par florenska
ce si beau poéme écrit pour moi ,enfin une trace de moi ,une petite trace pour que notre réve ne soit pas déchu,pourquoi... pourquoi....
Le Mardi 9 Janvier 2007 à 22:57 GMT+2, par Nina Louve
Ce poème ... sciée. Attendez, je me relève. Fougue. Ça me rappelle avoir aimé, avoir rêvé.
Est-ce normal si je tremble ?
À quand le papier, la parole d'encre ?
Le Mardi 9 Janvier 2007 à 23:13 GMT+2, par Nina Louve
Quel poème... je, suis , sciée. Attendez, je me relève. J'essuie de folles souvenances de la paume, de l'index.
Ça me rappelle que j'ai aimé. Pas d'amer dans l'air. Juste un impact. OufF.
À quand le papier, la parole d'encre. Que j'aiile dans la grande pinède vous lire et hurler le tendre que ça ramène ?
Il faut absolument que vous fassiez parti de la prochaine édition du Festival Internationnal de Poésie de Trois-Rivières. Vous serez logés nourris, vous et votre douce.
Je vous conjure avec un sourire d'amie.
Foncez Gladiat' OR !!!
Voici les liens: Le président : Gaston Bellemare Écrits des Forges / Festival International de la Poésie C.P. 335 Trois-Rivières G9A 5G4 1 819 379 9813 et télécopie 1 819 376 0774 courriel [ANTISPAM: cliquez ici pour en savoir plus]
Site WEB : www.fiptr.com/FIPTR-fr/qu...
Le Jeudi 11 Janvier 2007 à 01:59 GMT+2, par amel
Mais l'écume arbitraire de nos déchirements
Était sous-tendue d'un souffle d'amour !
c'est dit avec la force de l'amour!!!!! Magnifique de bout en bout!
Affectueusement,
Amel
On t'attend pour les "5 choses", Orlando t'y as invité...
Le Jeudi 11 Janvier 2007 à 03:40 GMT+2, par Pascal Perrot
Il fut un temps où je croyais encore pouvoir modifier l'inchangeable, que l'amour inverserait les forces de la destruction et de l'auto-destruction. Il n'en fut rien. De cette illusion demeure ce poème. Je n'ai pas cru devoir (pas encore) censurer le commentaire de florenska. Ce post répond à la quesion. Autre élement de réponse dans "Rouages du rire de mort" (rubrique de "L'Eden à l'Enfer"), écrit pour la même, auquel mes lecteurs et lectrices se reporteront utilement. Nina, votre ferveur me touche et, s'il n'est pas trop tard pour cela, je poserai ma candidature. Amel, ton enthousiasme fait chaud au cœur, surtout de la part d'une lectrice aussi exigente que toi. Pour le reste, réponse par mail.