insurrectionpoetique !

LA CONSCIENCE (CHAPITRE UN)

La route est intraçable, mais il faut la tracer
Avec ses dents de loup affamées de lumière
Avec ses mains saignant à chercher les trésors
Avec son cœur déjà rongé par la gangrène

Avec ses pieds usés -marches en terre aride-
Avec son sexe hanté d'animal déifié
Qui à travers la chair n'a cherché que le souffle
Avec le dos ployé par le poids de ses doutes

Il est âprement simple de se maintenir droit
De clamer la conscience dans les courants contraires
Mais jamais rien de grand ne se peut jamais faire
Si le petit déjà n'a été accompli

La route est intraçable mais il faut la tracer
Un chemin qui va droit vers le cœur essentiel
Dont le rayonnement soit acte et mouvement

Mais si l'Etre pour vous n'est pas vaine parole
Avec vos dents de loup et vos mains écorchées,
Avec vos cœurs rongés, avec vos pieds usés,
Avec vos sexes hantés, avec vos dos ployés

Alors venez, venez pour le grand bouche à bouche
Entre l'Esprit vivant et la Matière pure
Venez nus, dévêtus de vos matérialismes
Et de vos mysticismes achetés à crédit

Venez ensemencer dans le ventre des astres
L'Etre Humain Capital qui jusqu'alors ne fut
Que dans le déshonneur de son identité ;
Nous écrirons ensemble ce chapitre inédit

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SOLITUDE DES MUTANTS

La solitude extrême des mutants
Que les faims aigues de l'esprit ont poussé hors
Les limites des cages de silence,
Leur rêves déployés en bannières de cris,

Rend par son ampleur toute mesure caduque …
Qui osera donc sonder leur cœur nu ?
Détecter la vibration essentielle
Qui parcourt l'ossature de leurs aspirations ?

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LES ENFANTS DE JUDAS

Il faut haïr Judas, non pour les trois deniers
Mais parce que sans lui le dogme et la croyance
N'auraient pu prévaloir en un tel absolu
Sur la pensée, l'amour et la conscience humaine

Parce qu'il est le père de toute inquisition
De toute vérité "révélée", meurtrière ;
L'idée qui "justifie" le massacre de l'autre
Et la disparition de la disparité

Judas, le point focal qui donna son essor
À la religion sournoise de son frère …
Il fallait que quelqu'un trahit pour qu'elle vécût,
Il fallait que quelqu'un joue le rôle du monstre

Les mythes perpétuent leurs ors et leurs gangrènes …
On pleure à peine sur l'Afghanistan crucifié *
Pleins feux sur l'apôtre renégat du Capital
Qui a osé l'horreur, hydre de l'échiquier

Et l'ultra-libéral essorage des nations
Où la peau même n'est plus qu'une valeur marchande
Peut croître et prospérer … Mains libres pour polluer
Piller au nom de la nouvelle religion !

Mais là, pas de messies, rien que des anonymes
Ni idées, ni messages, sinon tout sacrifier
Aux dogmes de la Mondiale Économie
Quitte à mourir martyrs d'un grand néant sans gloire

* Ce texte fut écrit cinq moi après les Twin Towers et ce qui s'ensuivit, ce qui explique la référence explicite à l'Afghanistan

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CRACHANT CHAOS

Crachant chaos par tous les pores
Suppliciant l'ange malhabile
Enfants de l'ombre et de la bile
Cherchant l'effacement du corps

De dénis en immolations
L'homme écartèle les espaces
Laisse sur sa route des traces
Dénuées de signification

Il acquiesce à la barbarie
- La sienne essentiellement-
Rompt les muscles et les ligaments
Qui le rattachent à l'infini

Un arbre brusque le passage
Dans le désordre de sa tête
Il croît dans ses dédales, inquiète
Son cœur meurtri par ses feuillages

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MÉLODIE DU "TROP TARD"

Dévaler l'escalier des rythmes frénétiques
Nouer les mouchoirs du sang
Pour ancrer le souvenir
Courir dans la pluie rance des crimes quotidiens
Tenter de se saoûler d'enfances retenues

Harponner les taxis comme on pêche une truite
Ou la lourde baleine des rêves indéfendables

Rien n'y fait, le retard crucifie les horloges
"Trop tard"
La mélodie insidieuse noue aux algues nos élans

Trop tard aux rendez-vous que nous fixe la Vie
Ne demeurera d'eux que la rose acérée
D'une désinvolture écartelée

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DANS UNE FEINTE INDIFFÉRENCE

Sevré de ces amours pirates
Qui vous abordent, qui vous pillent
Identité et sentiment

Je ne suis plus certain d'avoir
Un visage, un nom, une adresse
Et ma mémoire est un chaos

De ronces et d'araignées sauvages
Sophistication d'un carnage
Au centre des villes intérieures

Puiser encore en ses celliers
Quelque utopie dissimulée
Quelque miracle de secours

Mais la tention de laisser
Parfois ce monde succomber
À ses encombrantes névroses

Délaisser la table de jeu
Où des mondes s'entredéchirent
Dans une feinte indifférence

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DIRE QUE L'HUMAIN EST À NAÎTRE

J'ai cheminé lentement
Le long de ma différence
J'ai rencontré les serpents
De vos obscures indécences

Je leur ai tordu le cou
Non sans que quelque venin
Sous ma peau ferme un verrou
À l'ange de mon destin

J'ai vaincu, quoiqu'écorché
Des écueils en perpétuelle
Métamorphose et créé
Plus d'une fois l'étincelle

Magique qui ramènerait
Au vide d'avant les mondes
Au grand silence secret
D'où les rêves se fécondent

Je vais d'image en image
Dire que l'humain est à naître,
Qu'il survivra au carnage
Des illusions du non-être

J'écoute son pas venir
Auparavant ne pourrai
Ni sommeiller ni mourir
Ni me taire tout à fait !

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LE RÉEL (VERSION INTÉGRALE)

Ce que vous appellez matière est un mouroir
Et l'Invisible un autre nom du Vide
Si avides d'un sens, d'un axe, d'une histoire
Nous cherchons au grand rien une assise solide

Déchiffrant un langage et l'érigeant en dogme
Quand de son alphabet nous n'avons que six lettres,
Que la langue en contient autant qu'en nous d'atomes
Et tous nos théorèmes sont négation de l'être

Nous complaisant dans une réalité concrète
Ou dans une abstraction dont s'exclut toute chair
Comme voulant conjurer de leurs maigres bluettes
L'instabilité, l'incertitude premières

Délires mystiques et fariboles
Matérialisme absurde et vain
Nous ne nous offrons que deux voies
À l'appréhension du destin

Face à l'infinité des choix
Ni l'âme ni le corps ne sont pestes
Qu'il faut éradiquer du monde
Mais mathématiques célestes
Objets qu'il nous faudra unir en paquets d'ondes
Pour s'assembler au cœur de la planète

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PAR DELÀ LES MIROIRS BISEAUTÉS

Explorer la somptueuse étendue des possibles,
Regarder par delà les miroirs biseautés
Comme des jeux de cartes où la vie est truquée
Entrer dans l'épaisseur du tissu du visible

Quelle est ma propre essence et le sens de ce cri
Arquebouté contre les fondations du silence
Qui n'ose pas jaillir et garde son torrent ?

Le chemin le plus pur où l'être s'accomplit
Où le feu brûle l'âme et ces tombeaux d'absence
Peuplant le cimetère de nos renoncements

Je vais sur les chemins qui sinuent dans ma tête
En quête d'un oiseau comme un double secret
Qui s'élève au dessus de tous vos théorèmes
J'ai envie de trancher les liens de la non-vie

Comme un coup de rasoir, de dents ou de poker
Trancher tout ce qui m'emprisonne à la surface
Trouver la densité fluide de la vie

La densité se danse au midi de la chair
Y-a-t-il en mon cœur suffisamment d'espace
Pour oublier la fleur et que naisse le fruit ?

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NE BRUSQUEZ PAS LE FUNAMBULE

Ne brusquez pas le funambule
Ne tentez pas d'avaler ses soleils ;
Purs, ils vous dissolveraient les entrailles
Arc-en-ciels de phosphore dans vos tripes en pagaille

Sa solitude n'est pas pour vous
Elle est criblée de relents d'arsenic
D'acides oracles magnétiques
Et d'un Absolu qui serait votre dédale

Leurs yeux sont mémoire des futurs
Et jonglent avec des rasoirs en miroir
Qui biseautent le réel profané
Et ouvrent dans l'étron des pistes prophétiques

Ne brusquez pas le funambule
C'est à vos cris que sa corde est fixée
La trancher c'est vous amputer du vide
Où autrefois vous aviez crucifié l'eden

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PARADIS MORCELÉS

Fermant les paupières m'apparut
Une constellation d'ardentes cathédrales
Et je devins oiseau dont les ailes emplissaient
Chacune des ramifications de l'espace

Puis j'ouvris lentement les yeux
Et ne vis plus que combats
Soumissions, dominations
Humiliations, impasses

Brumes, chaos, paradis morcelés
Réalités puzzléiformes et dissociées
Fragments solaires entre strates d'enfer
Et tièdes et contraignants atermoiements

Où les mouvements se diluaient
Dans une pénombre visqueuse
L'amour une plaie, une poubelle,un fourre-tout

Où nous entassons nos histoires anciennes
Nos déceptions, nos amertumes
Nos clichés et nos défaites

Alors plus rien, désert et vide
Aspiration au silence intérieur
À cette paix que le présent ne saurait nous procurer
Que par des artifices de mémoire

Et l'on s'attache, se détache, se fracasse
Sans y attacher plus d'importance que cela
Avec un soupçon de lassitude

Mais au delà de la conscience, de l'inconscience et de la mort
Des lambeaux de peur et de fièvre
Des lambeaux de rêves aussi
Accrochés au pli de nos lèvres

Comme des plaques de cuivre à l'arrière des genoux
Pour nous empêcher de plier, de supplier
De nous soumettre, de nous annihiler
Mais dieu qu'un peu de vie vraie, intense et paradisiaque
Reposerait notre conscience !

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ROUAGES DU RIRE DE MORT

J'entends tes cris déchirer
Le frêle tissu du couple
Rouages du rire de mort
Secouant l'échine du monde

Tais toi ! Simplement écoutes
La souple rumeur de la vie
Dissimulée par le fracas …
Elle fait un si joli bruit

Parfois, quand elle se déplace
Dans les ruisseaux du non-dit
Et du non-envisageable
-Miracles esquissés à peine-

Moins bruissante qu'une feuille
Posée sur l'aile d'un ange
Subtile et inébranlable
Articulation du souffle

Mais tu n'entends rien, noyée
Dans l'écume et le vacarme
Et l'essentiel nous déserte
En salves d'obscurité

Pourtant, je perçois encore
De très loin comme un murmure
Rien d'autre que le rejoindre,
Le saisir à bras le corps

Soif de la pâle rumeur
Faim du son que tu recouvres
Avant que ne s'en efface
En moi l'impalpable essence

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VORACITÉ DES DÉSENCHANTEMENTS

Voracité des désenchantements
Qui nous avalent et nous recrachent intacts,
Apparemment intacts et préservés
Mais englués d'une bave patiente

Qui enveloppe d'un filet transparent
Désormais nos gestuelles de pierre …
Rêves freinés par l'aimant de la mort,
Nous évoluons dans le contre-courant

Évidemment, on finit par atteindre
Le but, mais sans la liesse des victoires :
Trop de fatigue, trop de plaies, trop d'absences
Film censuré d'impossibles jouissances

À quel instant le doute de pouvoir être
Repu par l'accomplissement des faims,
Que nulle Joie n'en puisse résulter,
Sinua-t-il dans les plis de nos consciences ?

Rampants, saignants, nous avons continué.
Y avait-il une autre issue vraiment
Que d'explorer les terres d'au-delà
Le froid extrême et le renoncement ?

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DES NOUVELLES DE LA FÉE

Ceux et celles qui lisent régulièrement ce blog savent tout le bien que je pense de la Fée Cabossée, incarnation vivante de la poésie en action.
Son spectacle "Autour de la vie" est une pure merveille, récit poétique structuré autour de la vie tumultueuse d'un restaurant gastronomique.Images puissantes, épicées, souvent teintées d'un humour carnassier et d'une tendre ironie, "Autour de la vie" a tout pour vous plaire.
En plus, sur scène, ça déménage sévère. Et c'est encore meilleur la seconde fois.
Et ça tombe bien, parcequ'elle tourne la Fée.

Demain dimanche, à 19h30, dans le cadre des portes ouvertes d'ateliers d'artistes, organisées par l'association Artkanal. Un spectacle couplé avec l'expo des sérigraphies de la talentueuse Laure ( dixit la Fée, mais je lui fais confiance …). Où ça : À la Galerie Hubert Karaly, 21-23 rue Lucien Sampaix, dans le dixième arrondissement. Métro : Jacques Bonsergent. Et le 20, à 20h30 aux Cariatides, 3 rue Palestro, dans le deuxième. Métro : Étienne Marcel. Après, il y a une scène ouverte pour ceux et celles qui veulent s'y essayer. Dans les deux cas, l'entrée est libre.

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DES NOUVELLES DE L'OGRE

Ce ne fut certes pas la foule du Zénith que mes deux premières du Bec Fin. Néanmoins, l'essentiel est là : cent pour cent des personnes présentes se sont révélés être cent pour cent satisfaites.

Je continue donc très sérieusement à m'entraîner pour Bercy (avec trapèze volant, orchestre symphonique et poétesses en string ? - certaines risquant de hurler au sexisme, sachez qu'il m'est déjà arrivé de terminer des spectacles en boxer, voire totalement nu-).

Ca se passe toujours au Bec Fin, 6 rue Thérèse, 75001 Paris, au métro Pyramides. L'entrée est de quinze euros ( douze si vous mangez avant). C'est le 17 et 18 octobre à 22h. Qu'on se le dise !

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INCERTAIN, FÉBRILE, ILLICITE

On voudrait effacer nos traits
Dans l'enlisement quotidien
Nous priver de notre visage
Sans même nous laisser en échange

L'absolution des martyrs
Nous vider de notre substance
Apics, rides, aspérités
Durement, chèrement conquises

À l'image d'un monde où le Rien
Bruisse plus que mille crécelles
Vacarme assourdissant et vain
Pour couvrir les voix essentielles

Ce néant autosatisfait
Dont gavent nos âmes égarées
Ceux-là même qui définissent
Ce que doit ou ne doit pas être

L'omnipotente réalité
Au nom de laquelle on condamne
Nos élans, nos fièvres et nos chants
Par un implacable mépris

Comme si inexister était
Par décret inscrit dans nos gênes
J'affiche mon visage illicite
Et dans mes yeux brûle la foudre

Vivre est un péril que je prends
Je dénie tout droit d'existence
À vos forteresses malades
Dans leurs failles, dans leurs fissures

J'inscris la marque de mon cri
De manière indélébile
Quand vos slogans dont vous cherchez
À faire des règles de vie

Se seront érodés, usés
Mon cri à l'envers des miroirs
Dont vous cherchez à abolir
Tout reflet d'une vie multiple

Mon cri demeurera gravé
Incertain, fébrile, illicite
Mais tout aussi ineffaçable
Que la morsure de nos rêves

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SOLEIL DE CIGUE

Soleil de cigue, magnétique orange
Dont la sève douce en moi se décante
Soi-même, le sais-tu, est crique lointaine
Et nos cœurs fatiguent dans la nuit des mots

Je suis, le sais-tu, orage sucré
Semant dans tes lèvres illuminations
Et faisant gagner les dés de la chance
À deux, nous pourrons atteindre la crique

Notes dissociées d'une symphonie
Tels les hommes entre eux, et leurs sons s'avortent,
Faute de pouvoir s'unir en osmose
Cris ignorant la station verticale

Ma petite vague, neige solitaire,
Je suis le tumulte vivificateur
Bois les cataclysmes de ta renaissance
Ils affleurent en moi à même la peau

Humant l'absolu, je sens l'être en moi
Au fumet charnu et revigorant ;
Il cherche une issue vers la grande étoile …
Laisse-moi guider tes pas dans l'obscur !

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VIVANT NON IDENTIFIÉ

Tu voudrais que tes rêves s'accomplissent
Sans ossature, ils ne sont qu'ombres floues
Sans muscles, exsangues, sans lymphe et sans humeurs
Tu les prives d'existence organique

Construire un corps autour de leur lumière
Un corps souffrant, éveillé, combattant
Exige plus que le courage, le risque
Dislocation de ce qui fut ta vie

Guidé par un souffle à peine esquissé
Ruiner volontairement ses certitudes
Porté par ce seul corps improvisé
Improbable structure du réel

Tel est le prix que tu devras payer
Pour accéder à l'essence de l'être
Enfin pouvoir t'identifier vivant
Et rien en ce monde ne t'y prépare

Canaliser ton énergie vitale
Vers ce but t'amputera de la force
Nécessaire à revenir en arrière
Le choix est radical et sans issue

Autre qu'aller tout au bout du voyage
Tu saigneras et tu suppureras
Vivras le doute et l'instabilité
Mais au bout de ce chaos TU SERAS

Tant d'efforts pour un but aléatoire
Tant de silences, d'absences irrévocables
Et le Temps qui te dévore vivant
Tant d'alibis à ton immobilisme …

Mais n'ayant pas osé te confronter
À ces déchirements de ta conscience
Ne te plains pas de n'être que toi-même
Je ne suis rien, mais demain serai tout

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UNE VACUITÉ PARFAITE

Cultiver le vide en soi
Le vide n'est pas le Rien
Qui envahit et dévore
Le vide est pur et léger

Cultiver le vide en soi
Pour que dans la comédie
Du monde soudain surgisse
Une personne réelle

Cultiver le vide en soi
Pour libérer l'étendue
Du ressac des souvenirs
Et faire place à la Vie

Cultiver le vide en soi
Une vacuité parfaite
En laquelle prendra place
Le miracle inattendu

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FRAGMENTS D'UN PUZZLE ÉNIGMATIQUE

Toutes les pièces réunies
De ton puzzle énigmatique
Forment-elles un amour entier ?

L'androgyne reconstitué
Des vieux grimoires alchimiques
A-t-il un écho dans le fruit
De nos troubles entremêlés ?

Forer la nuit pour y trouver
Le butin, même embryonnaire
De la réponse à ces questions ;
Ta peau, issue et solution
Des dilemmes de la matière ;
Ton corps, brasier arquebouté,
Comme un antidote aux poisons

Ton visage, tes mains, ton sexe
Ton sourire érigé en moi
Et le fleuve de l'indicible

Qui emporte au lointain nos villes,
Vers des inconnus moins étroits
Où l'amour très lentement tresse
De merveilleux imprévisibles

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