INCERTAIN, FÉBRILE, ILLICITE
Dans l'enlisement quotidien
Nous priver de notre visage
Sans même nous laisser en échange
L'absolution des martyrs
Nous vider de notre substance
Apics, rides, aspérités
Durement, chèrement conquises
À l'image d'un monde où le Rien
Bruisse plus que mille crécelles
Vacarme assourdissant et vain
Pour couvrir les voix essentielles
Ce néant autosatisfait
Dont gavent nos âmes égarées
Ceux-là même qui définissent
Ce que doit ou ne doit pas être
L'omnipotente réalité
Au nom de laquelle on condamne
Nos élans, nos fièvres et nos chants
Par un implacable mépris
Comme si inexister était
Par décret inscrit dans nos gênes
J'affiche mon visage illicite
Et dans mes yeux brûle la foudre
Vivre est un péril que je prends
Je dénie tout droit d'existence
À vos forteresses malades
Dans leurs failles, dans leurs fissures
J'inscris la marque de mon cri
De manière indélébile
Quand vos slogans dont vous cherchez
À faire des règles de vie
Se seront érodés, usés
Mon cri à l'envers des miroirs
Dont vous cherchez à abolir
Tout reflet d'une vie multiple
Mon cri demeurera gravé
Incertain, fébrile, illicite
Mais tout aussi ineffaçable
Que la morsure de nos rêves
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Samedi 14 Octobre 2006 à 12:28 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR (article, RSS)






