Il faut haïr Judas, non pour les trois deniers
Mais parce que sans lui le dogme et la croyance
N'auraient pu prévaloir en un tel absolu
Sur la pensée, l'amour et la conscience humaine
Parce qu'il est le père de toute inquisition
De toute vérité "révélée", meurtrière ;
L'idée qui "justifie" le massacre de l'autre
Et la disparition de la disparité
Judas, le point focal qui donna son essor
À la religion sournoise de son frère …
Il fallait que quelqu'un trahit pour qu'elle vécût,
Il fallait que quelqu'un joue le rôle du monstre
Les mythes perpétuent leurs ors et leurs gangrènes …
On pleure à peine sur l'Afghanistan crucifié *
Pleins feux sur l'apôtre renégat du Capital
Qui a osé l'horreur, hydre de l'échiquier
Et l'ultra-libéral essorage des nations
Où la peau même n'est plus qu'une valeur marchande
Peut croître et prospérer … Mains libres pour polluer
Piller au nom de la nouvelle religion !
Mais là, pas de messies, rien que des anonymes
Ni idées, ni messages, sinon tout sacrifier
Aux dogmes de la Mondiale Économie
Quitte à mourir martyrs d'un grand néant sans gloire
* Ce texte fut écrit cinq moi après les Twin Towers et ce qui s'ensuivit, ce qui explique la référence explicite à l'Afghanistan
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Lundi 30 Octobre 2006 à 06:22 GMT+2 dans POÈMES POLITIQUEMENT INCORRECTS (article, RSS)
Vos commentaires
Le Vendredi 3 Novembre 2006 à 23:58 GMT+2, par PPle Moqueur
Il faut aimer Judas, lui qu’on dit détestable
Pour la mauvaise cause et la juste raison.
Judas est notre frère, et dans notre maison
Il a sa place aussi et n’est point haïssable
Judas est différent des onze autres apôtres,
Il pense à sa manière, ainsi Dieu l’a voulu.
Il croit ce qu’il doit être au beau milieu des autres,
Mais il ignore qu’au pire, il est, tôt, dévolu...
Judas manipulé, ne peut pas s’en remettre...
La trahison fictive lui est, lors, imputée,
Judas, trente deniers, pour trahir son bon maître,
C’est grotesque, et partant, que la chose est comptée...
Judas , point n’est besoin d’un nouvel évangile...
Tu es le plus humain , et le meilleur apôtre...
Pourquoi t’être pendu ? Étais-tu si fragile ?
Celui qui t’as trahi c’est le Christ et nul autre
Le Samedi 4 Novembre 2006 à 03:16 GMT+2, par Pascal Perrot aka Poetic Gladiator
C'est une façon de voir Judas. J'aime varier les angles de vision. Votre version est tout aussi juste.
J'ai écrit deux textes sur le dit, et le second - que je cherche dans mes multiples papiers, parceque je n'arrive pas à retrouver la version tapée sur mon ancien ordi- épouse davantage votre façon de voir. Emploi du
temps réellement survolté, mais sous peu je me remets à visiter et commenter les blogs qui me sont chers, dont le vôtre. Amicalement