Leurs lèvres disent "immigré" ;
Dans les circuits de leurs synapses
Vous pouvez lire d'autres mots
Des synonymes interdits
"Inutile", "déchet", "parasite"
Orties d'insultes sur terres d'ordures …
J'entends, dans ce mot méprisé,
La sombre rumeur de l'amer
J'entends un peuple qui a faim
J'entends des terres dévastées
Hommes et femmes fuyant la guerre
Et les "ratures" de l'Occident
J'entends hommes et femmes épuisés
Des souffles noués à la cendre
Les terres arides des tyrans
J'entends des pas sanglés de larmes
Ce qu'ils désirent ? Un peu de pain
Un peu de dignité aussi …
L'illégal observe et se terre
Se tait, se terre, observe encore
Il cherche à comprendre et apprendre
Tout en imitant l'invisible
Ceux dont vous crachez à la face
Cherchant leur solution finale
Ce sont des spectres qui ont faim
Et non des monstres improbables
Les problèmes de l'immigration
Clandestine : ceux qui les exploitent
Grappes humaines à broyer
Dans les pressoirs de la machine
Pour des vendanges à bon marché
Vous demandez de s'intégrer
Aux enfants nés sur votre terre
Et grandis dans votre culture
Dont l'aïeul jadis immigra
Dont vous avez usé les mains
Pour élever vos bâtiments
Pour leur seule couleur de peau
Leur refusez d'être Français
Mon grand-père était allemand
Et ma grand-mère fut tondue
Celle qui engendra mon fils
Mère italienne, père espagnol
Je ne suis pas plus français qu'eux
Je le suis même peut-être moins
De partout et de nulle part
Sans racines identifiables
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Mardi 14 Novembre 2006 à 12:30 GMT+2 dans POÉSIES HARDCORE (article, RSS)
Vos commentaires
Le Mardi 14 Novembre 2006 à 22:10 GMT+2, par le souffleur de terre
cher Pascal Perrot ,
vous me citez à deux reprises, et d'une façon plus qu'élogieuse, remerciements pour cette reconnaissance.
Puis vous dire que vous contacter serait un plaisir.
Cordialement.
Marc-Henri Lamande
Le Mercredi 15 Novembre 2006 à 01:25 GMT+2, par Nina Louve
Alors. Vous voilà. Vous parler de clandestins aux mains abîmées. J,ai dans la bouche, l'âpreté de l'exilée.
depuis des lunes ... chercher la paix. Alors inventer des instants d'utopies.
J'ai besoin d'une loupe pour vous lire mais je suis prête à la ressortir.
Le Mercredi 15 Novembre 2006 à 01:44 GMT+2, par Amel zmerli
Cher P., je tiens d'abord à te remercier our ce que tu sais;
en lisant ton poème, "la sombre ruemeur de l'amer" contre laquelle on ne peut rien, etil faudra attendre longtemps avant qu'elle n'échoue sur le rivage, il est des mots qu'il faudrait bannir... le seul d'exister fait déjà mal...
Merci pour ce poème,
affectueusement
Amel
Le Mercredi 15 Novembre 2006 à 22:42 GMT+2, par PPle Moqueur
Décidément nous avons des préocupations communes. Ca date d'un mois en gros...
Destin Clandestin ( in memoriam Jean-Roger Caussimon )
Autrefois, naguère et jadis,
Quand on parlait de clandestin,
Ca évoquait des souvenirs,
De tripots, de lieux interdits
Et d’obscurs objets de plaisirs...
Le “clandé”, au petit matin,
Vidait ses clients en silence
Par la porte arrière, dans l’impasse.
Le soir revenu, quelle ambiance !
Il faut bien que jeunesse passe...
“Clandé”, “clandé”, on parlait bas,
En douce, on s’en donnait l’adresse.
Aujourd’hui le mot clandestin
Est un mot qui vous fout la trouille...
Car il n’y a pas de destin
Pour tous ceux que l’on nomme ainsi.
Au mot "clandé", c’était la chtouille
Qui terrorisait le client.
Aujourd’hui, c’est la rafle, et si
Dans la nuit, le flic impatient
Te menace, là, et t'emporte,
"Clandestin", pour toi, c’est la porte...
“Clandé”, “clandé”, tu partiras,
De force : Car la Loi est expresse...
A l’aéroport, sous escortes,
On te mettra dans un charter.
Ainsi tu t’enverras en l’air,
Loin du clandé des années mortes
Où les hôtesses avaient du cœur ...
Te voila partant pour l’Afrique.
Un policier, dans son ardeur,
T’as donné quelques coups de trique,
Pour que tu n’aies pas de regret,
Que tu partes... de ton plein gré !
“Clandé”, “clandé”, tu reviendras
Toucher le fond de la détresse...
Un jour, pourtant, tu en mourras...
“Clandé” pour toujours, sans adresse
Sans nom, sans rien, sans matricule...
En bas-de-casse, en minuscule.
Tu auras vécu pour un rêve,
Vivre, vivre ! tout simplement...
Mais jamais il n’y a de trêve
Pour les clandés, pas un moment
De repos et sans vigilance.
Vie de “clandé”, vie de violence.
“Clandé”, “clandé”, tu en mourras.
Pas une ligne dans la presse...
Pas de trace de ton trépas...
Voila...
Le Jeudi 16 Novembre 2006 à 21:58 GMT+2, par PPle Moqueur
Tiens, à propos de réglements de comptes de la Libération, Claire Deluca, comédienne admirable à réalisé un spectacle superbe d'après les "appendices" que Duras écrivit après "Hiroshima mon amour". Cela s'appelle " Nevers", c'est avec elle, Sophie Lahayville et Paul Wehage saxohoniste.Ca a a été joué aux à Trouville aux Roches Noires, à Limoges et bien sûr à Duras, à l'occasion de la remise du prix M.Duras cette année. on y parle de la "petite tondue de Nevers"... C'est tous simplement bouleversant.
Le Vendredi 17 Novembre 2006 à 02:15 GMT+2, par Nina Louve
Allez demoiseau, encore de la poésie. Vous m'avez invitée, nourrissez-moi maintenant !!
gentil pour le lien. merci à l'auteur du commentaire.
Nina Louve
Le Vendredi 17 Novembre 2006 à 20:21 GMT+2, par Delphinium
J'avais l'impression en vous lisant de voir leur visage, à tous ceux à qui on refuse un semblant de dignité. C'est comme un coup de poing que l'on se ramasse en pleine gueule en vous lisant. Sans racines identifiables...oui vous avez des racines, elles plongent profondément dans votre coeur. Et ce sont les plus importantes. Celles qui vous donnent la force de dénoncer des choses, d'écrire des mots sur des maux. Merci pour cela