Après que l'on eût démonté
Pour qu'elles tiennent moins de place
Dans une valise anonyme
Les émotions glanées en route
On veut préserver des regards
La précieuse cargaison
Lestant nos bras et nos mémoires
Mais lorsqu'on les veut remonter
Il manque toujours une pièce
Les éléments jetés en vrac
Se refusent à coincider
S'unir en un tout acceptable
Un peu hybrides, un peu bancals
Mais ce qui surprend davantage
C'est que lorsque nous exposons
Ces fragments disparates comme
S'ils étaient uniques pulsions
Nul ne perçoit la différence
Et une question nous lancine :
Et si c'était finalement
Cette vaste supercherie
Cette union disharmonieuse
Cette désarticulation
Permanente et privée de sens
Que les autres appelaient la Vie ?
Et si c'était notre désir
De cohésion, de cohérence
Notre désespéré désir
D'unir logiquement les pièces
Entre elles qui signait notre exil ?
Si le monde n'espérait rien d'autre
Qu'un chaos approximatif
Et que la vie le faisait fuir ?
Alors serions-nous dans l'erreur
En recherchant cet équilibre
Cette paix intense et vivace
Ou serions-nous uniques à ne
Pas vouloir trahir l'univers
Martyrs d'une fidélité
Mutants précurseurs écorchés ?
Question dont nous n'aurons sans doute
Dans cette enveloppe de chair
Que l'esquisse d'une réponse
Mais nous n'avons pas d'autre choix
Que devenir ce que nous sommes
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Vendredi 24 Novembre 2006 à 03:26 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR (article, RSS)
Vos commentaires
Le Vendredi 24 Novembre 2006 à 11:28 GMT+2, par Chris
Et si c'était notre désir
De cohésion, de cohérence
Notre désespéré désir
D'unir logiquement les pièces
Entre elles qui signait notre exil ?
Si le monde n'espérait rien d'autre
Qu'un chaos approximatif
Et que la vie le faisait fuir ?
Tout votre texte est vraiment intéressant, interpellant, mais ces deux passages posent une vraie question. Faut-il se laisser emporter?
Bien à vous
Le Vendredi 24 Novembre 2006 à 17:04 GMT+2, par yann
"Faut-il se laisser emporter?"
Pour sur,
il faut se laisser emporter
avec jubilation et désespérance
entrer en grande décohérence
Et jouir du chaos de nos désirs
Car c’est justement parce que
"nous n'avons pas d'autre choix
Que devenir ce que nous sommes "
Qu’il y a urgence de vie
Le Samedi 25 Novembre 2006 à 21:27 GMT+2, par Marie Lanson
Accoucher de soi-même est la chose la plus difficile qui soit,
Mais il ne faut pas perdre la foi,
Etre ce que nous sommes et tant d'autres choses tout à la fois...
Cordialement.
Marie
Le Mercredi 29 Novembre 2006 à 11:42 GMT+2, par orchis-mauve
il y a peut-être plusieurs façons de lire nos émotions, on ne peut jamais les retrouver identiques, parce que c'est nous qui avons changé.
"ce n'est jamais la même eau qui coule dans la rivière"
et cette rivière, chacun la voit avec d'autres reflets. suivant l'angle de vision et l'heure du jour
Amitiés
Beau et un peu trop amer poème
Le Mercredi 29 Novembre 2006 à 18:01 GMT+2, par Poetic Gladiator
Si ce poème était amer, je l'eûs probablement classé dans la rubrique "Ca va mieux merci". Je ne jette pas au petit bonheur la chance mes textes dans telle ou telle rubrique. Il m'arrive parfois d'hésiter, un texte se situant entre deux. Ce n'est pas le cas de celui-ci. Merci à Yann d'en avoir si bien perçu l'intention. Ce poème effectivement incite à aller de l'avant. Puisque nous n'avons pas d'autre choix que devenir ce que nous sommes, allons-y sans hésiter. Qu'importe que la voie empruntée ne puisse l'être par tous …