Vendredi 29 Déc 2006
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Vendredi 29 Déc 2006 à 22:07 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR
À force de les contraindre à regarder l'horreur
Pour ne pas en oublier le visage
Mes yeux sont devenus porcelaines vivantes
Brisées, recousues, recollées
Mais la Beauté à en réunir les fragments
Ne put suffire, imparfaits, décalés
Scrutant plus loin, plus vrai, sous des angles inédits
Trop plein de ce que l'on taisait
Je percevais une part de la vérité
Que nul ne voulait comprendre et aimer
Dissimuler ce que mon cœur sentait
Épreuve dont je ne ne sortais pas
Toujours vainqueur et qui me séparait du monde
Regards décomposés, recomposés
Je vous cherchais sans cesse dans le monde des hommes
Quelle fête lorsque je vous trouvais
Vous constituiez ma tribu secrète
Et j'y appartenais quoiqu'il advienne
Mais si disséminée pourtant que je tremblais
De ne plus jamais pouvoir dire
Avec vous seuls le dialogue était possible
De cœur à cœur ; lorsque je vous perdais
Je perdais un peu de la vigueur douloureuse
Qui me tenait, me tient vivant et pur
5 commentaires - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Vendredi 29 Déc 2006 à 22:00 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR
Étonné d'être debout
Malgré massacres, naufrages
La cendre des espérances
Teintant nos lèvres d'absence
Marchant constellé de plaies
Mais absorbant les miracles
Par les pores de ma peau
J'oscille mais je tiens bon
Si las mais capable encore
D'éprouver plus que tout autre
L'ivresse de vivre en entier
Déployé pour peu de temps
Étendre vers le haut mes rêves
Comme les arbres leurs branches
Simplement mais pleinement
Incarné dans la matière
3 commentaires - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Vendredi 29 Déc 2006 à 21:42 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR
Il y eut des pas et des paroles
Des actes et des trahisons
Et des ondulations charnelles
Rien de tout cela n'a de sens
Un jeu - règles changeant sans cesse,
Modification des miroirs-
Dont le refus de le jouer
N'est qu'une autre forme perverse
Sporadiquement des issues
Des sas s'ouvrent pour laisser passage
Vers un espace situé hors
Du Jeu, la grâce inouie de l'instant
Mais la crainte nous envahit
Et nous retournons vers nos chaînes
L'enchaînement des mécanismes
Où la conscience nous déserte
Et nous nous prenons à penser
Au sérieux indéracinable
De ce Jeu auquel nous jouons
Sans jamais nous avouer Joueurs
2 commentaires - aucun rétrolien
Jeudi 21 Déc 2006
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 21 Déc 2006 à 20:04 GMT+2 dans ÉCRIRE, DIT-IL …
Comme une île au milieu des grands flux monétaires
Qui vient nous rappeller que la valeur d'un homme
Ne réside pas dans son bulletin de salaire
Qu'un cri peut quelquefois abolir le poison
D'un monde à son déclin sans identité fixe
Qu'il est d'autres façons de s'incarner au monde
Comme une boussole aimantée vers l'infini
Vers ce qu'il est de nous qui transcende nos chairs
Et qui se peut transmuter en actes concrets
Comme une épée tranchant la densité des dogmes
Et qui nous relie à l'essence de l'humain
Filtre puissant contre l'agonie de nos rêves
La poésie n'est pas cette fade tisane
Que l'on présente dans les salons du "bien pensant"
Mais crachat de lumière à la face du rien
Déprogrammer la nuit qu'on inscrit dans nos veines
Le refus de réduire notre âme à un jingle
Une publicité pour cœurs aseptisés
Une respiration, un feu et un combat
Dans l'arène du tout-à-l'égoût mondialisé
Où nos douleurs et nos joies sont numérisées
Ces sans-abris des mots et de l'imaginaire
Sont voués au langage et aux rêves bancaires
Qui sculptent nos visages en utopies cruelles
La poésie : juste se réapproprier
L'être, réinventer notre réalité
En cinglant démenti des cœurs édulcorés
6 commentaires - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 21 Déc 2006 à 19:54 GMT+2 dans POÈMES POLITIQUEMENT INCORRECTS
Individualisme forcené
Chasse à la couleur du faciès
Réduction du temps de travail
Ils ont lancé sur le marché
Le nouveau remède miracle
Pour réduire la pauvreté
Le chômage et l'exclusion
Un jouet qui fait autant de bruit
Qu'une voiture de pompier
Et qui finira à la casse
Quand nous serons las d'en jouer
Nous n'avons toujours pas compris
Que l'unique et vraie solution
Ne peut venir que de l'humain …
Il nous faut redéfinir l'homme
Nous n'avons toujours pas compris
Que la clé de notre prison
N'est pas la vieille politique
Reliftée faute de musées
Pour ses conceptions momifiées ;
Elle est dans des mots oubliés
Dans l'hors-sujet des rédactions
Qu'il faut nous réapproprier
Rien ne peut nous rendre à la vie
S'il n'a d'abord été filtré
Par l'amour et par la conscience
Sources de notre délivrance
Le "chômage" ? Au mieux une cause
Et au pire un état de fait
Contre lequel on ne peut rien …
Comme s'il n'était la conséquence
Ultime de notre désespoir
À ne pas trouver notre place
Ne savoir rester digne et droit
Dans la grande machine à broyer
L'amour et la conscience, vous dis-je
Qui ont déserté notre vie
Par manque de place pour être
La révolution passera
En premier lieu par nos cerveaux
Degré par degré franchira
Cette pyramide sociale
Qui joue son rôle d'épouvantail
Décliné au plus que parfait
Car lorsque le Jeu se fait Vie
Non occupation d'un instant
Tout danse et rit dans le miroir
Qu'il tend à l'Humain retrouvé
aucun commentaire - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 21 Déc 2006 à 19:46 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR
La rage, l'acharnement de demeurer vivant ;
Vivre pour vous n'est que fonctions anatomiques
Soigneusement agencées en savantes mécaniques,
Sentir circuler l'air et respirer le sang …
Mais on peut être mort et marcher dans la ville,
Quand la viande continue à gérer la mouvance …
Vous ne la sentez pas en vos âmes cette absence ?
Elle crie, elle hurle sa souffrance d'exil !
Etre vivant, s'étendre dans toutes les dimensions,
Que l'on sent volcaniques en nous, prêtes à surgir …
Ce n'est pas une langue morte que le désir …
Et nous le prouverons, oui nous le prouverons !
Où donc avez-vous mis votre capacité
D'amour, d'étonnement et d'émerveillement,
Et pourquoi différer l'expression de son chant ?
Pourquoi tasser en soi l'élan de vérité ?
Notre vérité propre demeurant par essence
Intransmissible, sinon par le don de soi même,
Quittez à présent vos poussiéreux théorèmes,
Osez le paradis d'une nouvelle naissance !
aucun commentaire - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 21 Déc 2006 à 19:41 GMT+2 dans ANTIQUITÉS
Belle évadée des chants de prisonniers
Quand dans la nuit on les a fusillés ;
Toi qui buvais nos âmes à pleine étoile,
Toi qui riais dans la lumière des choses,
Toi qui criais dans la noirceur des choses,
Toi qui pleurais de peur qu'on te dévoile !
As tu dormi parmi les souterrains ?
As tu livré tes aveux au bourreau
Depuis ce jour où, entrant dans mon rêve,
Tu fis renaître l'arbre de ses copeaux ?
Tu m'as tendu et le cœur et la main
Pour aller voir si le soleil se lève
Dans d'autres âmes et dans d'autres destins ;
Moi, j'avais peur de trop te reconnaître,
Tu criais si profond cette révolte
Et mon cœur nu, blessé et fatigué …
Je n'avais plus confiance en la récolte
Du beau semé, et j'hésitais à naître
En la si vaste et prompte liberté !
Alors tu es partie dans les visages,
Tu as rejoint les chants des prisonniers
Que dans la nuit on avait fusillés,
Et moi, depuis, je porte plus que mon âge !
28 septembre 1987 (24 ans)
1 commentaire - aucun rétrolien
Jeudi 14 Déc 2006
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 14 Déc 2006 à 21:40 GMT+2 dans POUR UNE TRANSCENDANCE ATHÉE ET LAÏQUE
J'en ai la conviction : l'eden
Fut pièce à pièce démonté
Pour être reconstruit ailleurs
Mais quelqu'un, pendant le voyage
Qui convoyait l'immensité,
A perdu le mode d'emploi
Puis les fragments désormais vains
Furent mélangés aux rouages
D'autres structures dont l'usage
S'est également égaré
Et depuis toute vie consiste
À en rassembler les morceaux
Sans savoir lorsque nous croyons
Avoir isolé un atome
S'il s'interpénètre et s'assemble
Avec d'autres pièces éparses
Merveilleuse et terrible tâche
Reconstituer l'eden en nous
Dignité sublime de l'Etre
10 commentaires - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 14 Déc 2006 à 21:35 GMT+2 dans HOMMAGE AUX VIVANTS !
Orlando de Rudder est un type épatant et un écrivain formidable. Un appétit d'écriture et de vie qui me stupéfient depuis déjà deux décennies.
Comment peut-on être aussi prolifique sans jamais cependant sombrer dans la redite, et enchaîner les chef d'œuvres plus vite qu'un homme politique les bourdes - c'est à dire d'une manière vraiment phénoménale- ? Orlando est l'un des premiers à avoir rejoint le mouvement Uppercut. Pour ceux qui ignorent encore son flamboyant génie baroque, voici un "petit" poème en prose du sieur qui m'a bouleversé. N'hésitez pas à aller en voir plus sur son blog (liens).
IL Y A QUAND MÊME DU CHIEN DANS LES AMOURS ANCIENNES !!
Il y a quand même du chien dans les amours anciennes, les tenaces assidues qu’on ne peut oublier, celles qui poissent un peu mais qu’une douceur lourde fait qu’on devine bien que ça dure toujours.
Comme dans les chansonnettes, l’amour dure toujours, comme dans les chansonnettes bavées par des chanteuses blondes ou bien décolorées au nichon avenant et qui sourient, béates, avec bien trop de dents ! Comme dans les chansonnettes et puis zut à la fin !
Avec bien trop de dents les amours passées veillent comme des chiens féroce prêts à mordre l’oubli, parce qu’on aurait moins mal en oubliant un peu, mais ça ne se fait pas, on aime toujours, toujours ! Comme une première fois. ? Non parce que c’est bien pire : y a eu du presque-ça ! Pas tous les jours, d’accord… En veux-tu ? En voilà !
En veux-tu, en voilà ! De quoi ? De la grande tristesse, pour ce qui a été, pour ce qui ne fut pas ! Chaque amour du passé reste définitivement là, on s’aima tous et toutes, on s’aime encore un peu, mais c’est du vachement qui fait mal et consume !
Hé oui, ça se consume : on n’a pas oublié, voilà que ça revient comme une danse maussade. Et ces flammes uniques font un feu bleu d’acier, couronne de gazinière que l’on a bien réglée. L’amour dure toujours et c’est moche à crever.
Le jour de crevaison quand on va s’en aller la souvenance encore nous tarabustera ! Je l’imagine déjà le râle agonisé qui confondra les noms et brouillera les pistes. Et l’on calenchera en aimant l’être aimé, mais sans savoir toujours lequel ce fut ou c’est ! .Au jour sans revoyure, on n’en saura pas plus. L’amour dure toujours, va te faire foutre, la vie !
1 commentaire - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 14 Déc 2006 à 21:14 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR
On a envie de hurler que cette vie n'est pas la sienne
Qu'on l'a trouvée par hasard et qu'on s'en est revêtu
Comme d'une panoplie mais inexplicablement
Nous restons dans le silence. Pas déranger les voisins
On a envie de hurler "moi pauvre grain de poussière
Quelle est la façon concrète, quel est l'acte si petit
Si microscopique fût-il
Qui puisse être élaboré
Entrepris face aux massacres,
L'oxygène qu'on nous spollie
En dépeuplant les forêts ? "
Mais nous demeurons muets
Expatriés de la chance
Exilés dans le néant
Nos poings restent dans nos poches
Et nos rêves au bord du vide
Qui saura quelles choses immenses
Nous pourrions si ce cri-là
Ne demeurait stérile en nous
Si nous rendions fertiles
Les terres de ces aspirations
Auxquelles nous avons renoncé
Par manque de temps et de force ?
Personne ! Notre miroir peut-être …
1 commentaire - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 14 Déc 2006 à 21:06 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR
Nos rêves ne laissent pas de traces dans les miroirs
Ils modèlent l'idée que l'on se fait de soi
Et dédient notre image à sa hauteur première
Ce n'est qu'en se mêlant au monde qu'ils peuvent naître
Pourtant cette émergence les corrompt dès le seuil
Quel combat pour en sauvegarder un reflet !
Les obstacles multipliés à leur croissance
N'imposent que dédain aux zélateurs du vide
Heureux de ne point être avec quelque talent
Tenir debout ses rêves malgré les cicatrices
Qu'on laissé sur la peau tant de mutilations
Refusant le bonheur simple de l'amnésie
Savoir qu'être équarri serait plus confortable
-N'être qu'enveloppe de peau interchangeable-
Mais pourtant ne pouvoir déserter l'exigence
aucun commentaire - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 14 Déc 2006 à 20:52 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR
Les ombres sont mises à sécher
Elles resserviront ; l'obscur
Finit toujours par resservir
La lumière ? Ah, la lumière !
Chaque jour à inventer
Et chaque jour s'effaçant
La ressusciter, partant
D'un simple grain, souffle à peine
Que l'orage désagrège
L'effort si peu gratifiant
- Pour un rayon, que de plaies ! -
Et pourtant si nécessaire
Vif le désir de laisser
Ses bagages à la consigne
De prendre le premier miroir
Traverser le feu des songes
Et devenir translucide …
Mais un rire, une tendresse
Il n'en faut pas davantage
Pour nous ancrer dans la chair
Et désirer plus que tout
Le perpétuel arrachement de vivre
1 commentaire - aucun rétrolien
Vendredi 8 Déc 2006
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Vendredi 8 Déc 2006 à 05:43 GMT+2 dans ÉVÉNEMENTS
Le spectacle du Soluna, précédemment annoncé est malheureusement annulé. La censure en est la cause …
LES FAITS
Mon père s'en alla démarcher, sans faire l'impasse sur la nature de nos textes respectifs, le dit Soluna.
Accord de la patronne, qui pense initialement à nous programmer un jeudi soir, puis repousse à un samedi après midi. Retour du patron jusqu'alors en vacances, qui s'inquiète au vu de l'affiche, parceque le samedi, c'est public familial, avec enfants et tout … Il croit d'abord que je lis du Artaud - manque d'humour au second degré- et me conseille plutôt Baudelaire et Rimbaud ( comme si le premier particulièrement n'était pas éminemment subversif … Seulement, il l'a appris à l'école, donc ça ne doit pas être bien dangereux !).
Quand je lui dis qu'il s'agit de nos textes respectifs, il n'en est pas plus rassuré, me dit
qu'ils ne doivent être a) ni polémiques b) ni pamphlétaires c) ni susciter des réactions chez les clients. Autrement dit une tâche impossible, car tel n'est pas le genre de la maison. Par conséquent annulation.
Mais en solo ou en duo (voire en trio ou en quatuor) nous aurons d'autres aventures. Bonnes fêtes à tous et à toutes !
4 commentaires - aucun rétrolien
Jeudi 7 Déc 2006
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 7 Déc 2006 à 01:47 GMT+2 dans ÉCRIRE, DIT-IL …
Etre réceptacle des histoires et des signes
Et transformer ses carnages en légendes
Ses défaites en mots et en mystères
Le sang, les os, les émotions, la chair
Tout transformer en phrases, en métaphores
Et se sentir si vide cependant
Le poème est impuissance à donner
Par le seul fait d'exister pleinement
Et n'avoir plus que ses rêves à offrir
Je ne suis plus attendu nulle part
Mes doubles ont fui dans la mélancolie
Écrire jusqu'à me vider de moi même
Jusqu'à n'être plus qu'une seule lettre
Qui flotte en un espace indéfini
Cacheter puis expédier l'enveloppe
15 commentaires - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 7 Déc 2006 à 01:38 GMT+2 dans HOMMAGE AUX VIVANTS !
Ceux et celles qui lisent ce blog de manière régulière connaissent tout le bien que son auteur pense de la Fée Cabossée. Avec son autorisation, voici deux textes qui je l'espère vous séduiront, et vous donneront envie d'aller visiter son blog (voir dans les liens), voire d'aller la voir en spectacle, le 16 décembre à 22h au Sun Ra, 8 boulevard de Denain, dans le dixième arrondissement (entrée libre).
Les deux textes ci-dessous sont extraits de "La Vie musclée", ensemble de textes qui sera repris sur scène en janvier. Je vous en recauserai en temps et en heure …
AU BOUT DE SOI MÊME
Etes vous déjà allé au bout de vous même ?
sans carte géographique ni psy sans madame Irma ?
avez-vous fait le tour de vos boyaux ?
sans la peur du mal au ventre ?
Avez-vous déjà passé une journée à la machine ?
sans lessive ni assouplissant ni détergent ?
avez-vous trempé votre doigt dans l'eau de rinçage?
sans peur d'y perdre votre main ?
Etes-vous déjà allé au bout de vous-même ?
sans vélo ni portable sans avion ?
avez-vous planté les heures de bureau ?
sans la peur de votre vie retournée ?
Avez-vous défroqué vos jours ?
sans ciseau ni accroc sans déchirure ?
avez-vous vu le panneau "au bout de vous-même, encore 2km,
attention ! virage !
Arriver au bout de soi-même
c'est digérer tous les bigs macs du passé
débarquer dans le sanglant avec l'éponge
tout nettoyer- sourire et se dire
c'est fini maintenant- tout est blanc
L'ORDONNANCE
accepter la vie
c'est perdre
ses dents
le lien ombilical
sa montre
gagner :
des muscles
des sourires
des mains serrées
perdre :
sa carte orange
des êtres chers
son fric
gagner :
le silence
l'écriture
le partage
perdre :
ses clés
sa maison
ses cigarettes
gagner :
le rire
le courage
l'émotion
gagner perdre gagner perdre
apprends la chorégraphie
gagner perdre gagner perdre
signature, mouvement de vie
1 commentaire - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 7 Déc 2006 à 01:16 GMT+2 dans CA VA MIEUX, MERCI …
Entre nos mains au bout du compte
Plus rien de dense ne subsiste
Seules quelques images s'incrustent
Au fond de nous comme un limon
Reste le plaisir de la danse
Sur la piste des souvenirs
Et parfois, sur le côté droit,
La douleur des trébuchements
Et si l'écume imprévisible
Ramène vers nous des cadavres
Que nous avions cru mieux lester
C'est que, naviguant dans l'instable,
Nous ne pouvions l'envisager
Croyant poser les fondations
Architecturales du sang
Sur une terre ferme au pas …
La sensation d'avoir vécu
Intensément, sans concessions,
Pour quelques éblouissements
Pour quelques moments de vie vraie
Mais n'avoir pas compris pourquoi
Il ne nous reste entre les mains
Que la cendre bleue d'un sourire
Un signe dont le sens échappe
4 commentaires - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 7 Déc 2006 à 01:04 GMT+2 dans POUR UNE TRANSCENDANCE ATHÉE ET LAÏQUE
Des anges en redingote et en simple visite
Dont les pas laissaient traces dorées dans la neige
Évoquaient la vanité d'une apocalypse
Face à la mièvrerie profonde de nos vices
Les arbres devisaient sur la nature du monde
Et si l'homme était un animal domestique
Et sinon quelle utilité lui conférer ?
Assaut d'incertitudes et de compromissions
Nous qui avant chassé le Verbe de nos rêves
Et qui nous acharnons à tenter de nommer
Ou condamner aux gouffres toute révélation
Nous ignorons du cœur de l'ombre le tempo
Sa pulsation pourtant quelquefois nous élance
Et nous la diluons dans de sombres poisons
Pour ne pas transformer en feu notre regard
2 commentaires - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 7 Déc 2006 à 00:56 GMT+2 dans JOUONS ENSEMBLE
a) Auteur de fabliaux animaliers pour les enfants qui le rendirent mondialement célèbre, ce poète moderne appartint également au mouvement surréaliste. Qui est-ce ?
b) Quel poète du XIXème siècle, à forte tendance mystique, promenait un homard en laisse dans les jardins du Palais Royal et se suicida en se pendant à un réverbère ?
c) L'expression "métro, boulot, dodo" est issue des premières strophes d'un poème d'un auteur contemporain. Vrai ou faux ?
d) Ce poète arabe du Moyen Age, qui chantait les femmes et le vin, est toujours interdit dans les pays intégristes. De qui s'agit-il ?
e) Ce poète russe, qui fut l'époux de Marina Vlady, vit ses recueils interdits dans l'ex URSS. Ils étaient néanmoins diffusés sous formes de "samizdats", fascicules clandestins. Quel est ce poète ?
f) Dans "Hannah et ses sœurs" de Woody Allen, un poème joue un rôle crucial dans le jeu de séduction exercé par Michael Caine sur Barbara Hershey. De quel poète afro-américain contemporain est-il ?
g) Auteur de nombreux poèmes, il le fut également de chansons, chantées notamment par Henri Salvador et Serge Reggianni. Quel est son nom ?
h) Chacun de ses livres sème le scandale. Il fut adapté à l'écran par Philippe Harel. Ses poésies évoquent notre vie moderne en alexandrins. Cet écrivain d'aujourd'hui taquine parfois également la chanson, en tant qu'auteur-interprète. Qui est-ce ?
i) Le nom de Rambo résulte d'une admiration de son scénariste pour Arthur Rimbaud. Vrai ou faux ?
j) Ce poète et dramaturge du XXème siècle, qui habitait dans le vieil Antibes, fut notamment évoqué par Claude Nougaro dans "Chanson pour le maçon". De quel poète s'agit-il ?
k) La mère de Louis Chedid et grand-mère de M. est également une poétesse de renom, vrai ou faux ?
l) Réalisateur et écrivain de génie, dessinateur, homme de théâtre, mentor de Jean Marais, c'est également un très grand poète, de qui s'agit-il ?
m) Certains de ses poèmes furent adaptés en chansons par, notamment, Mylène Farmer, Serge Gainsbourg et Léo Ferré. Qui est-ce ?
n) François Truffaut s'intéressa au destin d'une de ses filles, qu'incarna à l'écran Isabelle Adjani. De quel poète du XIXème siècle s'agit-il ?
aucun commentaire - aucun rétrolien
Vendredi 1 Déc 2006
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Vendredi 1 Déc 2006 à 18:41 GMT+2 dans ÉVÉNEMENTS
Retour sur scène au café parisien Soluna, le 9 décembre à 17h30, en duo, avec mon père Guy Perrot, adepte de l'humour pitbull.
À 86 ans, l'Octogêneur doyen des slameurs n'a rien perdu de sa rage ni de sa causticité et si c'est un dinosaure, c'est tendance tyrannosaure. Ayant tourné avec Guitry, fait le "Grand Mezz" avec Baer, passé des nuits alcoolisées avec Topor et André Laude, il a plus que jamais les crocs.
Quant à moi, les lecteurs et lectrices ayant erré au gré de mes rubriques savent que je ne mâche ni mes mots ni mes métaphores. Je reprécise cependant qu'il ne s'agit nullement dans mon cas d'une lecture, mais bel et bien d'une interprétation. Autrement dit, ça déménage !
Samedi 9 décembre 17h30 au Soluna, 52 rue de l'Hôtel de Ville, 75004 Paris. Libre participation.
LES ENCHANTEMENTS DE LA FÉE CABOSSÉE
Rappel des épisodes précédents : À coups d'images fortes et d'interprétations volcaniques, la Fée Cabossée creuse son sillon dans le monde figé de la poésie.
Un talent incandescent, une exigence constante, tels sont ses atouts majeurs. Et en plus, elle est jeune et belle, rien que pour vous embêter … Et en plus bis, elle a rejoint les vaillantes troupes d'Insurrection poétique ! Donc, pour tous ceux et toutes celles qui veulent prendre une claque salutaire, rendez-vous le 16 décembre à 22h au Sun Râ, 8 boulevard de Denain, 75010 Paris. Elle y interprétera son récit poétique "Autour de la Vie", inclassable et fabuleux. Il y aura aussi un spectacle de la comédienne Anne Cantineau.
Je publierai prochainement sur ce blog un texte de la Fée. En attendant, vous trouverez sur le sien des poèmes incandescents. Pour cela, vous pouvez cliquer sur "Des nouvelles de la Fée" ou aller voir sa toute nouvelle rubrique "Le mouroir aux alouettes". Attention, c'est fort en bouche ! Allez donc voir dans mes liens
et laissez-y un commentaire
INCENDIES POÉTIQUES D'UNE VOLEUSE DE FEU
Sillonnant sans répit les blogs dits poétiques, il m'arrive rarement d'y trouver des merveilles. D'être secoué, remué, bouleversé par une présence poétique forte et vraie, dont les métaphores vous frappent directement au plexus. Le blog de Nina Louve appartient à ceux-là. Il est, de plus, superbement illustré. Nina Louve a récemment rejoint l'aventure Insurrection Poétique ! (lancement sur orbite en 2007), ce qui fait, avant même sa naissance "officielle" de celui-ci un mouvement internationale, la belle demoiselle habitant au Québec. Dans mes liens, c'est louvainlaneuve.
2 commentaires - aucun rétrolien
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Vendredi 1 Déc 2006 à 17:36 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR
En creux de ce dédale en kaléidoscope
Où nous tournons autour de l'axe des défaites
Sans percevoir le sens ni la saveur du monde
S'étoile cette vie ardente, indéchiffrable
Qui se déploie par de secrètes connexions
Dans notre identité, qui densifie son chant
Lorsque le feu nous ouvre aux possibles vertiges
Hors du vide compact où croupissent nos âmes
Quand nous prenons conscience de ces instants où vivre
Nous ramène aux extases archaïques, oubliées
Où fusionnant avec le noyau du cosmos
Nous découvrons le cœur battant de l'univers
La lumière d'avant les mondes devient nôtre
Nous participons de son essence dans l'acte
Puis nous retournons dans la densité factice
Craignant que la grâce jamais plus ne nous empoigne
Pour nous élever vers le centre du réel
La soif de ces moments-là épuise nos rêves
Mais chaque fois la vague finit par revenir,
Nous porte vers ses déchirants enchantements
Nous ne pouvons plus nommer "vivre" ce silence
Ni renoncer au divin écartèlement
Mais avides guettons le prochain train vers l'Etre
1 commentaire - aucun rétrolien
1 2 | Page suivante