Il devenait de toute urgence
De raviver nos soumissions
Dont les couleurs avient pâli
- Assaut d'utopies corrosives-
Il devenait prioritaire
De relooker nos démissions
De leur donner un air de fête
Que l'apocalypse nous fût joie
Les muselières désormais
Sont serties d'or et de diamants
Supposant des humiliations
Dont nous puissions nous montrer fiers
Et les mots "Soyez productifs !"
Et les mots "Suivez la cadence !"
Ne furent plus les pires bassesses
Qu'on puisse cracher sur l'humain
Ils devinrent sources de gloire
Et l'économiquement viable
Et le constant harassement
Et la dépossession de soi
Plus que jamais idolâtrés …
Qu'importait notre reptation
Si une médaille, un salaire
La sanctifiaient, la déifiaient
Jamais la besogne ou l'effort
Le métier où les doigts tissaient
Lentement la recréation
Permanente de notre visage
Jamais la profession de foi
La fatigue quasi-mystique
Jamais œuvrer ne nous fît peur
Mais le travail ! Ah, le travail …
Promotions de mâts de cocagne
Produire de la consommation
Et consommer du surproduit
Ce monde où l'inventivité
La beauté de l'acte accompli
La valeur de l'homme en tant qu'homme
Non en tant qu'unique rouage
Méprisée, avilie, souillée
Ne pourrait relever la tête
Que furtivement, par mégarde
Je ne m'en sens pas solidaire
Je ne méprise pas l'esclave
L'esclave est et fait ce qu'il peut
J'ai comme lui courbé l'échine
Mais je réfute le bien-fondé
De l'omniprésent esclavage
Ne vous y trompez pas, je ne
Valorise pas la paresse
Cette autre extinction de soi
Mais l'oprressante dépossession
De ce qui fait notre grandeur
-Ce qui fertilise et bâtit
Et fait corps avec l'univers-
Cette honteuse reddition
Aliénant l'aptitude à être
Le Travail fut, est et sera
Plaie suppurante du déni
On nous emploie, autrement dit
Nous utilise jusqu'à ce que
Notre cœur et notre sang même
Fussent jugés improductifs
Se déployer, se déplisser
Et ne pas ployer sous le joug
Inutile, inutilisable
Déchets fastfoodisés du monde
Reprendre sa place d'humain
Tension monstrueuse de l'être
Tendu vers l'accomplissement
Etre outil et matériau
L'œuvre est négation du travail
Mais l'œuvre est sacre de l'effort
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Vendredi 19 Janvier 2007 à 16:56 GMT+2 dans POÉSIES HARDCORE (article, RSS)
Vos commentaires
Le Samedi 20 Janvier 2007 à 01:00 GMT+2, par PPle Moqueur
"Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front..."
lui dit Dieu,
sitôt qu'il eût goûté le fruit de l'arbre... après qu'ils vissent qu'ils étaiet nus.
Mais c'est Dieu qui avait fait et l'arbre et le beau serpent tentateur.
Dès le départ, il y avait maldonne...
Comment s'étonner que ça dure ?
Le Dimanche 21 Janvier 2007 à 09:17 GMT+2, par marie
bon, c'est pas tout hein, faut p't'être aller bosser à c't'heure.
Le Lundi 22 Janvier 2007 à 17:08 GMT+2, par PPle Moqueur
Au fait , quid du Festival de Romans, où nous avons voté por vous ?
Le Mardi 23 Janvier 2007 à 16:49 GMT+2, par piola
Tout peut s'arranger si on croit à la réincarnation.
Il y a peut être un répit entre chaque vie.
je suis ravie de vous rencontrer...
Le Mercredi 24 Janvier 2007 à 07:05 GMT+2, par Chris
"Les muselières désormais
Sont serties d'or et de diamants
Supposant des humiliations
Dont nous puissions nous montrer fiers"
J'aime tout le texte mais cette strophe est particulièrement "visuelle".
Le Mercredi 24 Janvier 2007 à 09:02 GMT+2, par Nina Louve
Le travail... sacré belle job que vous avez fait ici. Les image avec les liens et tout et tout. WoW!
Bravo Poetic Gladiator.
Le Mercredi 24 Janvier 2007 à 15:20 GMT+2, par Pascal Perrot
Oui mais, PP, il y a heureusement des brèches dans le mur et des trous dans le filet aux mailles serrées, et c'est dans cette espèce de liberté subreptice, qui n'est là que par erreur ou par omission que peuvent se faufiler nos délicieuses subversions. Des subversions qui se nomment VIVRE et ETRE, concepts extrêmement dérangeants dans une société sur-mécanisée. Marie, votre travail est louable (au mois ou à la semaine ?) puisqu'il vous permet de libérer un espace pour l'écriture. Piola, extrêmement heureux lorsque surgissent de nouveaux commentateurs ou commentatrices. Bienvenue sur ce blog donc. La réincarnation, je suis en porte-à-faux tant avec ceux qui y croient dur comme fer qu'avec ceux qui la rejettent d'un simple haussement d'épaules. Mais je ne compte pas là dessus pour vivre pleinement ma vie d'homme et, libéré du travail - ce qui demande une somme d'énergie considérable- pouvoir me consacrer à l'œuvre, jusqu'à total épuisement. Je ne cherche nullement le repos, juste de pouvoir ETRE à temps complet. Chris, j'aime votre regard affûté et vos remarques pertinentes. Votre blog croît et s'épanouit de jour en jour. Aussi accro de votre blog, Nina Louve, que vous semblez l'être du mien. L'estime de ceux et celles qu'instinctivement l'on ressent être "de sa tribu" est déjà une belle récompense en soi. Au fait Pp, pour le festival de Romans, pas grand chose en vérité. L'essentiel est d'y participer, pas de gagner, et le débat était faussé d'avance : un blog jouissant d'une certaine ancienneté et qui plus est dirigé par un accro d'Internet a d'emblée davantage de chances que le blog relativement récent d'une personne possédant une vie hors de la blogosphère. La qualité n'entrait donc que fort peu en ligne de compte. Merci de tout cœur à ceux et celles qui ont voté pour moi.