insurrectionpoetique !

ANTIFASCISTES D'OPÉRETTE

Il est possible -confortable imposture !-
De s'autoproclamer anti-fasciste
Stigmatiser d'un infâmant "nazi !"
Le moindre petit pantin d'opérette

On peut aller beaucoup plus loin encore :
Vociférer contre l'Inquisition
S'opposer farouchement aux Croisades
Actes aussi vains et non moins ridicules

Les derniers anti-fascistes authentiques
Sont pour une bonne part grabataires
Les ultimes nazis vivants incontinents
Hantent nos cauchemars en temps de paix

Affirmons-le nettement : aucun des
Démocrates aux pulsions liberticides
Qui sollicitent nos cœurs et nos voix
Ne possède cette rigueur dans l'immonde

Et l'excès dans l'injure répercutée
Par l'écho médiatique les justifie
Nos fantasmes projetés font accroire
Que leur péril est, comme eux, obsolète

Et pourtant tous les indices nous disent
Que les nazis ont remporté la guerre
En imposant l'idée abominable
Que l'homme était une valeur marchande

Professée à un stade artisanal
L'idée semblait à la plupart odieuse
Elle nous est devenue pain quotidien
Intégrée à nos rouages mentaux

Nul n'ose encore la porter au degré
D'absolu dans l'horreur de l'hitlérisme
Mais tout cela n'est qu'une question de temps
Des chercheurs œuvrent sur les mots, les concepts

Grâce auxquels nous les tolérerions sans
Démangeaisons de conscience excessives
Mais êtes-vous naïfs au point de croire
Que l'ogre pédophile et les réseaux

Du même nom soient de souche identique ?
Entre le fou solitaire dévasté
Par une vaine et incessante lutte
Contre l'incube qui pourrit ses entrailles

Et celui-là qui froidement marchande
La vie et l'équilibre d'un enfant
N'y voit qu'objet d'échanges monétaires
Vous ne concevez pas la différence ?

Entre le monstre isolé et traqué
Et des notables terrassés par l'ennui
Pour qui n'a que la valeur de son prix
L'être qu'il prend et souille et avilit

En seule quête d'émotions interdites
Vous ne percevez pas la différence ?
Ce n'est qu'un premier signe -il en est d'autres-
L'idée dans le capital est en germe

Fascistes et nazis sont grabataires
Mais le poison de leurs idées demeure
Je suis anti-fasciste secondaire
Anti-nazi, anti inqusition

Anti-colonialiste, pourtant je ne
Répéterai pas ces mots à l'envi
Une seule et unique fois me suffit
Sur ces terreaux d'idéaux purulents

D'autres arborescences résolument
Nouvelles et inédites se sont
Greffées et les sociétés ont changé
Se refuser de les dire non se taire

Combattre les processus infernaux
En usant de mots surgis du passé
C'est garantir à jamais leur croissance
Se vautrant dans de poisseuses amnésies

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ABSTENTION, NON MERCI !

Les tyrans travestis refont un tour de piste
Jonglant avec les chiffres et transmutant les mots
Ceux qui nous ont menti prônent la transparence
Reliftent leurs idées débordantes de plis

Leur dieu : la Très Sainte Économie de Marché
Sur l'autel de laquelle ils nous sacrifieront
Rampant pour une miette de pouvoir illusoire

L'esclave en quête du plus odieux tyran
Celui qui clôra toute issue à l'homme libre
Est le plus acharné à réclamer le joug
Qui s'abstient héritera de leur bourreau

Que l'irrespect se hisse au sommet de l'État
Que le mépris devienne programme politique
Et nos acquis seront des reliques obsolètes
Le droit de vivre sera appellé privilège

12 avril 2007

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LES DENTS DE LA FOURCHETTE

Il m'arrive, dans l'attente d'improbables surprises, de m'en aller errer dans quelque scène slam.
Ainsi, celle du Bobar, près de Bastille. Pour le samedi suivant, un thème fut proposé, et c'était la fourchette, dans toutes ses déclinaisons possibles.
Aimant les défis, j'écrivis donc ce texte. Mais ne pus venir l'incanter. Le voici donc, pour les lecteurs et lectrices de ce blog.

D'un niveau de vie l'autre, une immense fourchette
Dont les dents acérées mordent et déchiquètent
Fourchette enfoncée dans le cœur des miséreux

- Vingt mille lieues en dessous de l'envisageable
Vingt-mille lieues au dessous de l'irrespirable
Et qui pourtant persistent et survivent aux ratures-

Fourchette, fourche-dette que les langues fourchues
Relèguent au second plan ou posément évoquent
Entre l'entrée du jour et le pousse-café
La fourchette des prix, des privés de ressources

Celui qui passe d'un bout de la fourchette à l'autre
Sur la tête du frère, dans la fosse à purin
Il appuiera le pied. Peur qu'il ne le rejoigne,
Peur qu'il ne le dépasse ou ne prenne sa place

La cervelle des pauvres, à la petite cuiller
On la mange - c'est semblable à un œuf à la coque,
Plus savoureux parfois- un vécu passionnant
Des idées tumultueuses, certes, mais formidables

Et pendant que certains se gavent de néant
D'autres remâchent leur rage face à l'assiette vide
On cherche à recycler en larves acceptables
Ceux dont la main tendue s'achèvera en poing

Ceux qui patientent à l'autre bout de la fourchette
Dont votre mépris cherche à cuisiner les restes
Sans doute serez-vous indigné et surpris
Le jour où, las d'attendre, ils prendront les couteaux !

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DÉSIRS CONTRE DÉSERTS

Désirs contre déserts, naïfs que nous étions
De croire que le néant n'avait nulle consistance
Et notre densité car c'est en ses prisons
Qu'aujourd'hui nous marchons malgré notre innocence

Le Rien fait mijoter nos âmes en ses chaudrons
Avec une méphitique et sereine patiente
Et lorsqu'ivres de vie pas pas à pas nous luttons
Le dernier mot toujours est celui du silence

Nos cœurs furent taillés dans le roc de l'absolu
Mais le vide et l'absence peu à peu nous érodent
Et brisent nos élans sur le non-advenu
Sur l'ensemble confus de signes et de codes

Dans le non-être et le non-existant
Pour nous faire chuter dans leur sombre transparence
Naïfs que nous étions de croire que du néant
Nous triompherions par notre droite innocence !!!

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LE DÉFI D'UN RIRE EN VOLUTES

Pythie aux improbables looks
Dans tes oracles prophétiques
La dissolution du non-être
En feux d'artifices inédits

Tes chaussures lourdes et baroques
Relient tout ton corps à la terre
Mais fontaine de mots, de magies,
D'invraisemblances vérifiées

La liane souple de ta chair
Lance, vers des lumières interdites,
Le lierre blanc de son mystère
Le défi d'un rire en volutes

Ta peau qui danse dans mes rêves
Pâle comme page avant la plume
Aspire dans son entonnoir
La cavale de mes désirs

Au bout des terres inexplorées
Qui rendent la vie plus vivante
Étincellement de corolles
Parfum des sacres en mouvance

Loin, l'assurance du Connu …
Une heure vécue dans les pays
Que nous inventons pas à pas
Vaut des milliers d'années terrestres

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L'ATLAS DES GÉOGRAPHIES IMPATIENTES

L'espace entre les nervures des feuilles
Ou entre les atomes qui se cherchent
Dans le souterrain labyrinthe
D'un corps en éveil en attente ?

L'espace entre les dents des galaxies
Elles dont un claquement de mâchoires
Engendre le déchirement des novas
Sous la pression vorace des trous noirs ?

Quelle distance me sépare encore de ton amour ?
De la douceur invertébrée
De tes embrasements fertiles
Des déliés animaux de ta peau révélée ?

L'ultime carte, l'atlas
Des géographies impatientes
Je l'ai jetée dans le puits de ta chair

Et mon regard dévale ses parois
Toujours plus profond, tentant
D'en apercevoir le reflet

Mais chaque mot de toi abolit les repères
Que chaque baiser ressoude en un ordre complexe
Chaque fois différent
Incessantes métamorphoses

Quelle distance me sépare encore de ton amour ?
Un souffle ou une cosmogonie ?
Et auras-tu la patience d'attendre

Que ton amour et le mien se rejoignent
En ce point incertain de l'espace et du temps
Vers où lents et sûrs s'avancent mes pas ?

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MOUVEMENTS ET TURBULENCES

Une révolution artistique se prépare dans l'ombre … Si le substitut au terme "Uppercut", nom précédent d'un mouvement unissant des créateurs dans toutes les disciplines, n'est pas encore trouvé, cette armée de combattants s'élargit, puisqu'elle comprend actuellement :

Laurence Fouque, peintre
Paul Cash, compositeur post-classique
Catherine Amatheu, plasticienne
Orlando De Rudder, écrivain
Otto Ganz, écrivain
Sylvain Gougeon, plasticien

Quant à son sous-ensemble, Insurrection Poétique ! plus spécifiquement axé sur la poésie, il rassemble :

Jorge-Torres Medina
Philippe Léger
Tristan Cabral
Lola Sponge
La Fée Cabossée
Nina Louve

Et bien entendu votre serviteur, qui en est l'initiateur.
Une puissante machine de guerre qui va bientôt se mettre en route …

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ARCHANGES ÉGARÉS

Losers, archanges égarés
Qui se cognent dans le noir
À d'immenses solitudes

Qui se cognent les uns aux autres
Ne se reconnaissent pas
S'aveuglent d'indifférence

Et ces bourreaux maladroits
Qui cisaillent sans jamais
Se décider à trancher

Les remugles de l'absence
Laissent en nous des purulences
Irréversibles et nous damnent

Et tout au bout se balancent
À la corde des pendus
Nos espérances défaites

Mais au delà de l'échec
Existe encore peut-être
Une paix à rechercher

Une harmonie sans partage
Qui rassemble les morceaux
Du visage de nos joies

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LE CHANT DES BARBARES

Moi, je suis de même nature
Que les tempêtes, les océans
Et que les grands drakkars cinglant
Ivres de sang et de conquêtes

Je suis l'incendie, la blessure,
Une bouche sans dents, vermeille
Qui immisce dans le sommeil
Son pourpre purulent, impur

Moi, je suis le chant des barbares,
L'incantation face à la nuit
Je suis la fureur et le cri
Et la douceur pour qui sait voir

Moi, je suis le briseur de murs
Qui métamorphose d'un mot
Vos rêves et vos idéaux

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CONFÉRENCE DES DERNIERS GARDIENS DU BON GOÛT

La poésie doit être raffinée, délicate
Ne doit s'attarder que sur les choses jolies
Les processus honteux de nos chairs misérables
Glaire, sang, excréments, doivent en être exclus

La poésie ne doit pas parler d'aujourd'hui
Ni luttes, ni massacres, ni propos dérangeants
Par essence, elle vise à l'intemporalité
Les vociférations, les revendications

Seraient d'inconséquentes provocations verbales
Inouies incontinences agressives et caduques
Doit-elle néanmoins respecter la métrique ?
C'est la grande question. Il nous faut en débattre

La colère, la tristesse, nous les censurerons
La politique ? Allons, quel poète oserait
` Troubler la digestion de ses contemporains
Par des propos oiseux sur le chaos du monde ?

Bien sûr, nous demeurons sincèrement surpris
Que nous, derniers apôtres de la vraie poésie
Nos livres s'empoussièrent dans les bibliothèques
Certains affirment même qu'ils sentent le formol

Que seules des momies dopées à la naphtaline
Peuvent en apprécier toutes les subtilités
Que la beauté du monde se partage dans l'acte
Non à travers des mots mielleux et surannés

Mais les gens sont méchants, vous savez ce que c'est
La télé développe un goût pour la violence
Et le succès n'est pas gage de qualité …
Si on allait tous trois se vider un godet ?

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DANS LE LACIS DES RUES DE TON VISAGE

Dans le lacis des rues de ton visage
Parfois je lis une trace de moi
Le feu d'un mot, la poussière d'un rire
Virevoltant dans le feu de ton regard

Atome qui contient tout l'Univers
Les impasses y sont toujours éphémères
Les voies n'y sont étroites que pour ceux
Qui n'ont su apprivoiser leurs pavés

Voici l'allée du désir de tes mains
Ramifiée en arc-en-ciels improbables
Volonté, faim insatiable de vie
Ne forment qu'un - imposant édifice

Où quelquefois mon esprit se recueille
Pour être prêt à de nouveaux combats
Et le jardin suspendu des tendresses
Où ne s'élève qu'un cœur incorrompu

Les cendres des tristesses et des regrets
Chaque jour rigoureusement balayées
Tes lèvres, qui sait qu'un passage secret
Les unit à l'ensemble du vivant ?

Je les parcours autant qu'elles me parcourent
Le moindre de mes silences résonne
Des pleins et des déliés de ton pas
Tu réécris chaque page de moi


29 janvier 2007

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FAIRE CORPS AVEC LE MYSTÈRE

Il n'est pas besoin d'un dieu
Spécifiquement nommé
Pour se laisser emporter
Par les courants ascendants

L'extase est un phénomène
À la portée du premier
Mystique expérimenté
Venu et non transcendance

L'extase religieusement
Circonscrite et définie
Toujours hors et toujours contre …
Combien plus riche et complexe

Est la quête de l'extase EN
Non en dépit, au delà
D'une matière méprisée
Mais par elle, à travers elle

Faire corps avec le Mystère
Le transcrire en mots vivants
Et fertiliser le corps
Et l'acte par sa substance

Le dépassement de soi
L'accès à l'Axe des Mondes
Incertains, inquantifiables
Et non glaciation des dogmes

Le Verbe en nous descendu
N'éloigne pas de la chair
Mais paradoxalement
Ancre sa proximité

Corps à corps irrépressible
Avec chaque tourbillon
Vibrant d'électrons fugaces
Amour de la densité

Lorsque le miraculeux
N'est plus parole de prêtre
Mais instant de plénitude
Propice à tous les élans

Corps et corps, matière encore
À son degré supérieur
Fulgurante apothéose
De l'œuvre vivante et constante

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DE GRANDS SUJETS NÉGLIGÉS

La ménopause chez les oiseaux des grands lacs
Et la prophylaxie des araignées mutantes
L'usage - imparfait certes, mais toujours en progrès-
Du nombre d'or dans la construction des miroirs

L'effet de la magie noire sur les sondages
Les hobbies de nos joyeux lurons rmistes
L'art de dompter un percepteur ou un huissier
- L'exercice demeure, il est vrai, périlleux-

L'obtention de visions d'anges ou de démons
- Au bout de six vodkas, vous n'en êtes pas loin-
Les mœurs inouvouées (inavouables ?) des logiciels
La création d'un permis de chasse aux poètes

Tout cela - et tant d'autres sujets essentiels-
Nos politiques osent à peine l'évoquer
Tout juste s'ils ne les traitent pas avec dédain
Comment dès lors pourrait-on les prendre au sérieux ?

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DENSE, IRRIGUÉE, VITALE

Écrire sur la beauté des chaluts nonchalants
Embrassant tendrement les lèvres de la Seine
Les méandres du vent sur le souffle du fleuve
Ou ces architectures qui sculptent la lumière

Je le puis, vous n'en doutez pas

Déployer cette paix qui succède à la chair
Enspiralée, lovée aux atomes de l'Autre
L'amour affranchi de la Parole et du Dire
Se décantant au cœur de silences complices

Est de l'ordre des possibles

Magnifier le regard - lorsque l'enfant s'y rêve,
Y croît et s'accomplit- d'un père ou d'une mère
Et ces morceaux de ciel qu'on déguste entre amis
Ces familles de cœur qui naissent en un instant

Une option envisageable

La tache certes est plus complexe en vérité
Que l'apparence ne le laisse deviner
La douceur s'accommode mal de la miévrerie
Et la mince frontière peut vite être franchie

Mais ce n'est pas pour cela

Que ma poésie fraie dans des contrées barbares
Qu'elle exhibe ce que l'on voudrait ignorer
Qu'elle creuse la douleur, la rebellion de l'être
Les noires suppurations de l'esprit et du corps

Qu'elle repense la rudesse

Sans jamais renier le frêle ou le fragile …
Le Moi s'enfuyant par des portes dérobées
Maquillé, exhibant ses travestissements
Il est facile d'ainsi échapper au péril

Se taire en s'ornant de mots

C'est ma peau que je dis, ma vie ne s'envisage
Pas hors-texte, le vers hors du vibrant, du sensible
Étroitement soudés, quasi indissociables
` Qui parle de la fleur ne se révèle pas

Baillonne ses écorchures

La chair colle à mes mots qui d'elle se nourrissent
Je dirai la beauté plus tard et autrement
Sans tricher, sans trahir, sans truquer l'émotion
Sans l'épandre non plus, obscène et sirupeuse

Dense, irriguée et vitale

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ENGAGÉ !!!

Est-il un poète, un seul
Qui ne fût pas engagé,
Lorsque tout non-choix est un choix
Celui de laisser l'Autre agir

De laisser la vie décider
Et le plus âpre, le plus tenace
Imposer le joug de son clan ?
Ne pas dénoncer l'Ennemi

C'est lui accorder pleins pouvoirs !
Même celui qui, de ses poésies molles
Fait un bouquet de fleurs fanées avant que d'être
Quand ses frères sont entravés,

Lorsque la liberté titube
S'engage à laisser les tyrans
Manipuler les consciences
Emprisonner l'âme et le corps

Qui s'engage dans le vivant
Dans l'humanité tumultueuse
Est en combat, en vigilance
Mise sa peau sur la table de jeu

Tout poème dont la chair vibre
Engage celui qui l'écrit
Contient un morceau de son souffle
Et c'est ce souffle qui dérange

Tout vers qui ne s'engage pas
N'est que confiture de mots
Étalée sur des tranches de néant !
Oui, dans la vie, jusqu'au cou, jusqu'au cœur

Je m'engage, le sensible est une arme, une alarme
Un poète qui ne s'engagerait pas
Dans les courants périlleux les remous
Serait poète de salon

Et en ces temps liberticides un traître !

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DANS LA CRIQUE DE MES SONGES

Mélodie m'enveloppant
D'un écho mélancolique
Corps de sirène échoué
Dans la crique de mes songes

Ton regard est le silex
Qui allume à l'intérieur
De ma chair des galaxies
La légende d'un désir

Je suis comme un torero
Esquivant la tentation
De te cribler de caresses
En salves suaves, extatiques

Toujours, il s'en faut de peu
Que le vernis se craquèle
Et que n'apparaisse en moi
Un dévôt qui ne s'immole

Brasier de peau qui crépite
Ma bouche cerclant tes seins
Descendant jusqu'à l'obscur
Où s'enclave la merveille

Quel génie exaucera
Ce simple désir de toi
Et unira nos tendresses
En marées épidermiques ?

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LA CHAIR FIÉVREUSE DU POÈME

Nouer à des verbes rugueux
Des métaphores en apic
Vers d'inavouables émotions

Descendre vers des fleuves de boue
Laissant leurs empreintes visqueuses
Sur l'âme la plus imperméable

Installer dans des mots instables
Dans des phrases inconfortables
Notre fièvre d'être vivants

Et de cette chute en apnée
Dans des ténèbres infréquentables
Faire surgir l'or et le diamant

Maculés de terre et de sang
De chair et de mucosités
Glaire de souffrances inconvenantes

Naître, et de nos sales douleurs
Dans l'alambic de l'écriture
Extraire le visage de l'ange

Ce n'est qu'après avoir baisé
La bouche putride des enfers
Que la poésie peut prétendre

Etre, quand chaque lettre posée
Sur le papier porte le sceau
De nos voyages outre-silence

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