Est-il un poète, un seul
Qui ne fût pas engagé,
Lorsque tout non-choix est un choix
Celui de laisser l'Autre agir
De laisser la vie décider
Et le plus âpre, le plus tenace
Imposer le joug de son clan ?
Ne pas dénoncer l'Ennemi
C'est lui accorder pleins pouvoirs !
Même celui qui, de ses poésies molles
Fait un bouquet de fleurs fanées avant que d'être
Quand ses frères sont entravés,
Lorsque la liberté titube
S'engage à laisser les tyrans
Manipuler les consciences
Emprisonner l'âme et le corps
Qui s'engage dans le vivant
Dans l'humanité tumultueuse
Est en combat, en vigilance
Mise sa peau sur la table de jeu
Tout poème dont la chair vibre
Engage celui qui l'écrit
Contient un morceau de son souffle
Et c'est ce souffle qui dérange
Tout vers qui ne s'engage pas
N'est que confiture de mots
Étalée sur des tranches de néant !
Oui, dans la vie, jusqu'au cou, jusqu'au cœur
Je m'engage, le sensible est une arme, une alarme
Un poète qui ne s'engagerait pas
Dans les courants périlleux les remous
Serait poète de salon
Et en ces temps liberticides un traître !
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Mardi 3 Avril 2007 à 17:17 GMT+2 dans POÈMES POLITIQUEMENT INCORRECTS (article, RSS)
Vos commentaires
Le Mardi 3 Avril 2007 à 22:37 GMT+2, par sergent Pouacre (punchline master)
"Tout vers qui ne s'engage pas
N'est que confiture de mots"
Lève ta main ton poing ton joint si tu aimes cette expression
Car la poèsie sans vague n'est que confiture aux couillons !
Le Mercredi 4 Avril 2007 à 21:14 GMT+2, par aloredelam
oui tout à fait d'accord , des mots pleins ça engage , ou s'emplir les mots ; c'est être vivant de façon toujours inattendu car être attendu c'est déja les prémice d'un fonctionariat m b d et ce n'est pas là qu'on attend le poète ,
c'est pour cela qu'il faut dire la poésie et pas seulement la réserver à quelque chose de poli ,
enfin tu m'as compri
Le Vendredi 6 Avril 2007 à 14:07 GMT+2, par Pascal Perrot
Quand on commence par le poli, on finit par en arriver au politiquement correct. Oui, oui, je vous comprends, cher aloredelam, je vous reçois même cinq sur cinq. Se méfier même de ses propres "trucs", de ses idiosyncraties, de ses tics. J'aime clamer un poème d'amour quand on attend de moi un hymne révolutionnaire, et inversement. Je n'ai jamais goûté de la "confiture aux couillons" ; cela ressemble probablement à la confiture d'andouilles …
Le Samedi 7 Avril 2007 à 10:52 GMT+2, par Viviane
Je crois qu'on peut être engagé au sens insurrectionnel selon les moments
et les yeux ouverts au monde à d'autres
sans forcément être en révolte mais au contraire
en accueil...
Le Samedi 7 Avril 2007 à 11:54 GMT+2, par Pascal Perrot
Etre "en accueil" c'est également s'engager, s'ouvrir, atteindre la nudité de l'âme, le dépouillement. Une écoute vigilante du monde exige de se placer en état d'hypersensibilité et, par voie de conséquence, de se risquer. L'engagement est ici, bien entendu, compris au sens le plus large du terme, politique, poétique et humain. J'exècre les poésies polissées où on ne sent pas "le bonhomme derrière". Le poète s'expose et s'engage, c'est aussi ce qui rend son texte vivant et en fait bien davantage qu'un alignement de jolies formules. La diversité des rubriques comme des liens devrait suffire à en convaincre …
Le Samedi 7 Avril 2007 à 13:31 GMT+2, par PPle Moqueur
Ah heureux poète !
Le musicien lui, ne peut pas être révolutionnaire par son oeuvre. Chaque fois qu'il a voulu l'être, ou pire, qu'il a cru l'être, il est devenu comme Boulez par exemple, tout le contraire : élitiste et mondain... La musique n'exprime que la musique ...
Pas de pot ! ALors, le musicien n'a plus qu'à "causer" à côté de son oeuvre !
Le Dimanche 8 Avril 2007 à 02:05 GMT+2, par Nina louVe
PP, pas d'accord. la musique, c'est la moins castrée de toutes les formes d'expression. La plus accessible. Celle dont le peuple et l'élite et le pauvre et le sans fric peuvent se délecter, celle que même un enfant et un vieillard sont capable d'offrir. Elle parle dans toute les langue la zik. Pas besoin d'être savant, érudit, avisé, elle parle en passant et fait... tous ces frissons.
Le musicien... causer à côté, euhh, il cause en plein dedans.
ne pourrais vivre sans zik.
Le Dimanche 8 Avril 2007 à 23:26 GMT+2, par Pascal Perrot
Plutôt d'accord avec Nina … Porteuse d'une émotion directe, la musique peut déranger, susciter des sentiments, des émotions peu usitées, restructurer, déstructurer les formes, créer un choc au travers de ses métissages, de ses rencontres, posséder une fonction d'éveil. Carl Orff fut interdit par le régime nazi, le rock et le jazz furent, dans certains endroits du monde, des musiques de résistance, des signes de reconnaissance entre gens de la même famille. C'est un vieux tic capitaliste que de récupérer toutes les révolutions. C'est pourquoi, à chaque instant, nous devons en inventer d'autres, déformater nos rebellions.