DENSE, IRRIGUÉE, VITALE
Embrassant tendrement les lèvres de la Seine
Les méandres du vent sur le souffle du fleuve
Ou ces architectures qui sculptent la lumière
Je le puis, vous n'en doutez pas
Déployer cette paix qui succède à la chair
Enspiralée, lovée aux atomes de l'Autre
L'amour affranchi de la Parole et du Dire
Se décantant au cœur de silences complices
Est de l'ordre des possibles
Magnifier le regard - lorsque l'enfant s'y rêve,
Y croît et s'accomplit- d'un père ou d'une mère
Et ces morceaux de ciel qu'on déguste entre amis
Ces familles de cœur qui naissent en un instant
Une option envisageable
La tache certes est plus complexe en vérité
Que l'apparence ne le laisse deviner
La douceur s'accommode mal de la miévrerie
Et la mince frontière peut vite être franchie
Mais ce n'est pas pour cela
Que ma poésie fraie dans des contrées barbares
Qu'elle exhibe ce que l'on voudrait ignorer
Qu'elle creuse la douleur, la rebellion de l'être
Les noires suppurations de l'esprit et du corps
Qu'elle repense la rudesse
Sans jamais renier le frêle ou le fragile …
Le Moi s'enfuyant par des portes dérobées
Maquillé, exhibant ses travestissements
Il est facile d'ainsi échapper au péril
Se taire en s'ornant de mots
C'est ma peau que je dis, ma vie ne s'envisage
Pas hors-texte, le vers hors du vibrant, du sensible
Étroitement soudés, quasi indissociables
` Qui parle de la fleur ne se révèle pas
Baillonne ses écorchures
La chair colle à mes mots qui d'elle se nourrissent
Je dirai la beauté plus tard et autrement
Sans tricher, sans trahir, sans truquer l'émotion
Sans l'épandre non plus, obscène et sirupeuse
Dense, irriguée et vitale
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Dimanche 8 Avril 2007 à 23:56 GMT+2 dans ÉCRIRE, DIT-IL … (article, RSS)





