LES DENTS DE LA FOURCHETTE
Il m'arrive, dans l'attente d'improbables surprises, de m'en aller errer dans quelque scène slam.
Ainsi, celle du Bobar, près de Bastille. Pour le samedi suivant, un thème fut proposé, et c'était la fourchette, dans toutes ses déclinaisons possibles.
Aimant les défis, j'écrivis donc ce texte. Mais ne pus venir l'incanter. Le voici donc, pour les lecteurs et lectrices de ce blog.
D'un niveau de vie l'autre, une immense fourchette
Dont les dents acérées mordent et déchiquètent
Fourchette enfoncée dans le cœur des miséreux
- Vingt mille lieues en dessous de l'envisageable
Vingt-mille lieues au dessous de l'irrespirable
Et qui pourtant persistent et survivent aux ratures-
Fourchette, fourche-dette que les langues fourchues
Relèguent au second plan ou posément évoquent
Entre l'entrée du jour et le pousse-café
La fourchette des prix, des privés de ressources
Celui qui passe d'un bout de la fourchette à l'autre
Sur la tête du frère, dans la fosse à purin
Il appuiera le pied. Peur qu'il ne le rejoigne,
Peur qu'il ne le dépasse ou ne prenne sa place
La cervelle des pauvres, à la petite cuiller
On la mange - c'est semblable à un œuf à la coque,
Plus savoureux parfois- un vécu passionnant
Des idées tumultueuses, certes, mais formidables
Et pendant que certains se gavent de néant
D'autres remâchent leur rage face à l'assiette vide
On cherche à recycler en larves acceptables
Ceux dont la main tendue s'achèvera en poing
Ceux qui patientent à l'autre bout de la fourchette
Dont votre mépris cherche à cuisiner les restes
Sans doute serez-vous indigné et surpris
Le jour où, las d'attendre, ils prendront les couteaux !
Ainsi, celle du Bobar, près de Bastille. Pour le samedi suivant, un thème fut proposé, et c'était la fourchette, dans toutes ses déclinaisons possibles.
Aimant les défis, j'écrivis donc ce texte. Mais ne pus venir l'incanter. Le voici donc, pour les lecteurs et lectrices de ce blog.
D'un niveau de vie l'autre, une immense fourchette
Dont les dents acérées mordent et déchiquètent
Fourchette enfoncée dans le cœur des miséreux
- Vingt mille lieues en dessous de l'envisageable
Vingt-mille lieues au dessous de l'irrespirable
Et qui pourtant persistent et survivent aux ratures-
Fourchette, fourche-dette que les langues fourchues
Relèguent au second plan ou posément évoquent
Entre l'entrée du jour et le pousse-café
La fourchette des prix, des privés de ressources
Celui qui passe d'un bout de la fourchette à l'autre
Sur la tête du frère, dans la fosse à purin
Il appuiera le pied. Peur qu'il ne le rejoigne,
Peur qu'il ne le dépasse ou ne prenne sa place
La cervelle des pauvres, à la petite cuiller
On la mange - c'est semblable à un œuf à la coque,
Plus savoureux parfois- un vécu passionnant
Des idées tumultueuses, certes, mais formidables
Et pendant que certains se gavent de néant
D'autres remâchent leur rage face à l'assiette vide
On cherche à recycler en larves acceptables
Ceux dont la main tendue s'achèvera en poing
Ceux qui patientent à l'autre bout de la fourchette
Dont votre mépris cherche à cuisiner les restes
Sans doute serez-vous indigné et surpris
Le jour où, las d'attendre, ils prendront les couteaux !
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Mardi 17 Avril 2007 à 21:29 GMT+2 dans POÉSIES HARDCORE (article, RSS)





