Ils croient vivre quand ils ne font
Qu'étaler leur médiocrité
Car vivre est un élan sacré
Vers la lumière qui ne se crée
Que de constantes vigilances ;
C'est le souffle de l'innocence
Sur l'âpre royauté du don
Vivre est quête dont l'exigence
Tranchante et droite comme l'épée
Des anges enfin dépouillés
Des puériles images fanées
Où leurs ailes ne peuvent s'ouvrir
Arme au combat du Devenir
Perpétuelle incandescence
Fûmes nous vivants aujourd'hui,
Pleinement déployés dans l'instant,
Faisant corps avec le vivant ?
Ou n'avons nous été qu'errants
Parmi les choses ballotés
Comme des instants déternité
Porteurs de fades et tièdes nuits ?
Gagner la flamme sèche et douce
Ou grondante comme un volcan
À nul moment n'être l'absent
Trouver l'essence, le sacrement
Etre en route vers l'absolu
Dans cette chambre, dans cette rue :
Partout, vivre est un sacerdoce
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Jeudi 14 Juin 2007 à 10:34 GMT+2 dans ETRE ET DEVENIR (article, RSS)
Vos commentaires
Le Mardi 19 Juin 2007 à 10:34 GMT+2, par souvienstoi
Magnifique poème...Rechercher l'absolu, une quête impossible pour l'homme car son destin est habillé de fragilité et de force.....Mais sa détermination permet de franchir des montagnes..... bien à vous
Le Mardi 19 Juin 2007 à 11:49 GMT+2, par too banal
Il ne faut pas que la vie soit un perpétuel sacrifice ni un sacerdoce...sinon ça sert à rien de venir au monde!
Je ne donne à ma vie aucun sens religieux, sacré, mystique...etc. Mais, j'ai une seule certitude: la vie est bien trop courte, d'où ma disponibilité à vivre intensément chaque fraction de seconde...
Il faut résister aux plis que nous prenons à force de prendre toujours le même train train quotidien...Il faut quitter le troupeau et résister à toute idéologie qui nie la liberté de l'être...
Le Mardi 19 Juin 2007 à 18:30 GMT+2, par orchis-mauve
Ce poème c'est TOI, totalement, avec ton absolu, ta rigueur, ta "pureté" d'être
Mais est-ce facile à vivre ?
Bises amicales
Le Jeudi 21 Juin 2007 à 12:47 GMT+2, par Pascal Perrot
Il n'est point ici question d'absolu, dans sa dimension transcendante, mais bien d'une construction de l'être, d'une résistance à tout ce qui tendrait à nous anesthésier ; dans le premier cas, ce texte aurait figuré dans la rubrique "pour une transcendance athée et laïque, et non dans "être et devenir". C'est ce qu'a fort bien saisi Too Banal. Il s'agit d'une voie, d'un chemin emprunté, bien davantage que d'une quête. Cela n'est pas toujours facile à vivre, mais intense, fertile, passionnant, ça oui. La liberté n'est pas nécessairelment un confort … Merci, Souviens Toi, de m'avoir visité. Ton passage me fait chaud au cœur.
Le Dimanche 24 Juin 2007 à 07:49 GMT+2, par Chris
Que pèse le poète une fois ses mots donnés? C'est en lisant vos commentaires que je saisis véritablement qu'une fois posés/donnés nous sommes dépossédés du sens de nos textes. "Il a voulu dire ceci, il a voulu dire cela". Certes. Le fait est que chacun entends avec ses propres oreilles. J'avais entendu dans ce texte la force du vivant. Et plus encore la nécessité d'être au monde. Avalés par la course nous le sommes tous, parfois il faut prendre conscience et freiner des quatre fers. Après cela, on peut rajouter, comme je le fais souvent, une louche de mysticisme, mais ce n'est pas obligatoire. *sourire*