insurrectionpoetique !

LE RIRE DU VOLEUR DE FOUDRE

Si longtemps j'ai craint que mon rire

N'entre en un coma prolongé

Dont plus rien ne saurait l'extraire

 

Le règne de la cruauté

Et de ses anguleux mystères

Nourrit nos stratégies du pire

 

Et lorsqu'aveuglé titubant

Muré à la beauté du monde

J'asphyxiais mes immensités

 

Je versais des larmes infécondes

Sur les espérances avortées

Et quittais la voie du vivant

 

Mes lèvres étaient papillons morts

Cloués sur les portes des granges

Muette la vive cascade

 

Et garroté s'effondrait l'ange

Dans la brèche des barricades

Qu'un vent de soumission dévore

 

Et aspiré par le vortex

Je présageais tendresse éteinte

Le déracinement du feu

 

Mais une aube d'amour non feinte

Traçant son cercle dans mes yeux

Ouvrait des litanies complexes

 

Mais un poème en brasero

Une joie arcenciellant l'ami

Une douceur à peine esquissée

 

Mais une poignante utopie

Enserrant mon cœur dévasté

Mais un silence qui tenait chaud

 

Secouait les draps amidonnés

Des fatigues et du désespoir

Éveillant prêt à en découdre

 

Mon rire de voleur de foudre

En saccades jaculatoires

Il explosait dans les nuées    

 

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