insurrectionpoetique !

LE CHAMP D'ACTION DES ÉVEILLÉS

Le champ d'action des Éveillés

Se réduira à leur nombril

Tant qu'ils n'associeront leurs forces

À la foule des somnolents …

 

Les puristes protesteront

-Il est doux de se définir

Comme une caste supérieure

Au reste de l'humanité !-

 

Mais l'Éveillé qui serait seul

À se définir éveillé

Entamerait sa somnolence

Et perdrait sa lucidité

 

Les endormis ? Peine perdue

De dilapider notre souffle

Pour à peine les ébranler

Ils suivront, comme à l'ordinaire

 

Les yeux ouverts, nous marcherons

Dénouant la trame du sang

Semant les soleils inversés

De nos consciences en tumulte

 

À l'assaut des tertres promises

Entre le sommeil et l'éveil

Espace vivable et généreux

Offert aux fils de la lumière

 

Ne pas plier,mais déployer

Amplifier l'acte et la vision

Juste redevenir humains

En version non expurgée 

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L'OR INVISIBLE DES PAROLES ESSENTIELLES

Des mots qui dans le langage ordinaire

-Que l'on pétrit à petits bras le corps-

Seraient dénués de signification

Et qui pourtant étrangement vous touchent

 

Des mots halés dans le fil des rivières

Cailloux auxquels nulle valeur ne s'attache

Mais qui résument toutes nos possessions,

Tous nos domaines, toutes nos espérances

 

Comme les pièces d'un puzzle, ils s'unissent

Selon un ordre indicible et précis

Et par leur seule juxtaposition

Arrachent de vous un mal insoutenable

 

Inutile, reste vital que demeure

La poésie dans la courbe et dans l'angle

Prête à briser les vitres du dédale

Que nous nous élancions vers nos soleils

 

Que d'audacieux alchimistes élaborent

L'or invisible des paroles essentielles

Qui atteindront le centre inconcevable

D'une émotion affranchie de ses masques 

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MA BELLE AMIE ...

Ma belle amie n'aime pas ce pli d'angoisse

Qui quelquefois vient verrouiller mon front

Et entraver l'éclosion de mon feu …

Elle est la seule à l'avoir remarqué

 

Ma belle amie n'aime pas que je fume

Sur sa terrasse en nocives volutes

Elle ne dit rien ; elle attend ce moment

Où j'aurai désamorcé mes désastres

 

Ma belle amie aimerait que plus vif

Plus combattant j'affronte les obstacles

Que je déblaie les collines éboulées

Qui ont clos mon chemin vers la matière

 

Mais ne minute pas mes ascensions

Jamais ne me reproche ma lenteur

Le temps pour triompher de mes démons

Me le laisse avec générosité

 

Il est d'autres raisons que je tairai

- Non pudeur mais impossibilité

Quand l'indicible est au cœur de l'oracle-

Pour lesquelles j'aime ma belle amie

 

Elle est mon bien le plus précieux sur terre 

Et la raison pour laquelle je persiste

À croire que l'avenir ait un sens

Et que croître est encore un devenir

 

                        4 juillet 2007 

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UN TEMPS D'OISEAUX PHILOSOPHES

Un temps d'oiseaux philosophes

Et de fauteuils à bascule

D'orages à la vanile

Et de litanies poivrées

 

Un temps de cerceaux menteurs

Et de soleils aux enchères

Un temps de chairs mimosas

De bicyclettes endiablées

 

Dde mayonnaise aux orties

D'architectures vénéneuses

De connivences éblouies

Et de lézards miltants

 

C'est le temps qu'il fait monsieur

Un temps idéal je crois

Pour une révolytion

Pour construire l'amour peut-être

 

Mais amour, révolution

N'est-ce pas là même chose

D'autres en feraient des dogmes

Moi je dis ça pour causer

 

Et d'ailleurs, le temps qu'il fait

À dire vrai je m'en fous

Mais chacun cache comme il pàeut`

L'impudicité des plaies

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LA CHASSE AUX POÈTES

Y'en a même des qui croient qu'on est des braconniers

Y parait qu'on tuerait des espèces interdites …

Hé, dites donc les  baltringues, on est pas des bleubites

On connaît l'règlement, y faudrait vous calmer !

 

Faudrait voir à cesser de nous prendre pour des cons

Bon, bien sûr, je dis pas que quelquefois, peut-être …

Hier, on est allés à la chasse aux poètes

Faut pas croire, ça giboie, et en toutes saisons

 

Ceux qui volent à douze pieds, c'est pas d'la petite bière

C'est du gibier, mon gars, qu'on prend plaisir à voir

Les ailes déployées pour cinq minutes de gloire

Entre nous, on les surnomme "les beaux de l'air"

 

Y'a aussi les visqueux, les gluants, qui se traînent

Leur seule nourriture : des vers de mirliton

Autant tirer dans une bass"cour sur les dindons

C'est pas des vrais chasseurs ceusses-là qui dégainent

 

Et puis les tous osseux … Gaffe, c'est les plus vifs !

Ca fait bien d'en avoir à son tableau de chasse

T'en a un en trophée, tout de suite ça te classe

Certains, apprivoisés, chantent des hiéroglyphes

 

Pas à dire, on maintient un putain d'équilibre

Sinon y'en aurait trop à hanter les sous-bois

On fait ça pour le sport, on ne les mange pas

Leur chair est triste hélas et j'ai lu tous leurs livres ! 

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CONTREBANDIERS DE L'ÉVEIL

Anagrammes, acrostiches, devinettes et charades :

Tant l'Ennemi croit nos poèmes

Si enclos dans l'amour des roses

Mièvre décantation de la splendeur du monde

Qu'il nous croit étrangers à la ruse, à la feinte

 

Nous pouvons le duper avec des jeux d'enfants

Élever nos bannières et  proférer nos chants

Scander nos cris de guerre et notre amour du vif

Sans jamais qu'ils éprouvent le plus petit soupçon

 

Le poète autrefois fraya

Dans les contre-allées du pouvoir

Et sut édifier sezs contre-pouvoirs

On savait alors sesmots dangereux

 

Ils pouvaient faire et défaire les royaumes

Etre l'étincelle des révolutions

Mettant le feu à l'ire populaire

Presque avec désinvolture

 

Il n'était pas rare qu'alors

Une métaphore se paie d'un prix de sang

 

Ici chacun les croit inoffensifs

Et peu de choses suffisent

Pour duper les pouvoirs et le monde marchand

 

Contrebandiers de l'éveil

Qui dans quelques cœurs font germer

De petits soleils en fraude

Qui demain se déploieront 

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L'HOMME LIBRE SECOUE LES ENTRAVES DES MOTS

Sublimer les pulsions de l'œdipe et du ça

Spoliation libérale du front prolétarien

Ca déchire grave sa race, putain je kiffe à donf 

J'arpentais les venelles sous la lune gibbeuse …

 

La première prison toujours vient du langage

S'y astreindre le premier signe de soumission

Chaque caste possède ses mots d'ordre et ses codes

Et l'ineptie des uns vaut bien celle des autres

 

L'homme libre secoue les entraves des mots

Use indifféremment d'une langue ou de l'autre

Ne s'oblogeant à rien d'autre qu'à être soi

Trichant, truquant parfois, mais n'étant jamais dupe

 

Il a dans sa besace tant de voix de rechange

Tous les sens en alerte, il se défie des clans

Structurant dans leurs mots le carcan qu'ils rejettent

S'imposant à eux-mêmes leur propre tyrannie

- C'est ainsi qu'il faut dire, ainsi qu'il faut penser-

 

L'homme libre peut se fondre sans être soupçonné

Mais jamais ne connaît l'angoisse d'être exclus

Ou n'ignore pas qu'elle est une faute de goût

Qu'il corrigera à la première occasion

 

La liberté : une conquête au quotidien

Accomplie au prix de douloureuses ratures …

À peine ai-je posé ces mots sur le papier

Que déjà je m'évade de l'idée qu'ils expriment 

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LE DON PRÉCIEUX DE TON SILENCE

J'ai tant connu de ces voix tues

Derrière lesquelles les non-dits

Aux aguets rêvaient d'embuscades

 

Mutismes comme des poings fermés

Prêts à vous arracher le cœur

Dès que s'ouvrira la parole

 

Tant de ces anges de passage

Qui dans leur besace n'avaient

Qu'amertume et ressentiments

 

Aphasies meurtries, meurtrissantes

- Communications dangereuses

Et communions impossibles- ...

 

Ce que tu m'offres de plus rare

De plus précieux, c'est ton silence

Sa courbe ouverte et généreuse

 

Lumière sans aspérités

Qui contient sans l'emprisonner

L'Autre et l'Univers tout entier

 

Ce n'est pas par manque de mots

Mais par vanité de les dire

Que nous n'avons plus besoin d'eux

 

Pause dans le mouvement du monde

Dans un espace sans contours

Nos géométries se ressourcent

 

Et pleinement enracinés

Dans le vivant nos yeux, nos gestes

Redéfinissent toute langue

 

                                                       24 juin 2007
 

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UN TRUC VRAIMENT DÉGUEULASSE !

Plus que le rap et que le rock'n'roll

Tant inhumée, exhumée, inhumée

Que la resurrection est devenue 

Quasiment une seconde nature

 

Les fossoyeurs lui font un prix de gros

Et les actes de décès se succèdent

S'archivant en pyramides, en cubes,

En sphères, en cylindres, en dodécaèdres

 

À peine fêtez-vous ses funérailles

Éjouis de voir descendre dans la terre

Son corps délictueux, marqué d'infâmie

Que l'apôtre des lignes droites exècre

 

Qu'elle se tient déjà dans votre dos

Pose à l'envers de votre cœur battant

Sa main d'une terrifiante douceur

Fait circuler sa sève dans les sangs

 

Sa tête, pareille à celle des lombrics

Ou de l'hydre monstrueuse des mythes

Repoussera si vous la tranchez net

Un tel refus de mourir déconcerte

 

Aussi sa tombe n'est-elle jamais fleurie

- Sinon par de fort pédants histrions-

À quoi bon vraiment quand elle revivra demain

Commémorer celle qu'elle fut hier ?

 

Comme la mauvaise herbe, elle repousse

Sur le terrain le moins approprié

Le moins propice à son élévation

Et ça trifouille dans le fond des consciences

 

ça se permet d'insulter les nantis

ça prépare les révolutions futures

Et ça pollue l'esprit de nos enfants …

La poésie, c'est vraiment dégueulasse ! 

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FIERTÉS IDENTITAIRES

Les opprimés ont mauvaise mémoire

Quand ils brandissent comme des oriflammes

D'absurdes et de dangereux postulats

Clament à tous vents "je suis fier d'être noir

Fier d'être arabe, juif, kabyle ou chinois

 

Fier d'être grand, petit, myope, brun ou blond

Fier d'être sourd ou blanc, ou même aveugles ...

C'est une seule et même incohérence

Minutant les soubresauts de l'histoire

 

Poisseuse vulgarité de l'esprit !

Toute ségrégation identifiée

N'est-elle pas répercussion, écho

De ces troubles fiertés identitaires ?

 

Comment pourrait-on tirer quelque orgueil

D'un fait étranger à nos volontés

Où ni le choix, ni l'effort n'interviennent

Qui appartient, à l'inné, non l'acquis ?

 

On peut en éprouver contentement

Sans en tirer quelconque vanité

La fierté nait de l'accomplissement

Dans la conquête de notre déploiement

 

Le rude ouvrage de devenir humain

D'atteindre au terme de nages harassantes

Les iles que nous nous étions promis

Face au chemin qu'ont parcouru nos pas

 

Ont-ils conscience qu'en canevas sonore

Du manège des fiertés identitaires

Il est toujours bruits de bottes et pogroms

Ceux qui en revêtent la panoplie ?

 

Ou seront-ils surpris lorsque la Bête

Remontera du plus noir des blasphèmes

Pour les briser, Elle qui sut les convaincre

Que les mots sont innocents, sans péril ?

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QUE POUVEZ-VOUS CONTRE NOS MOTS ?

L'élégance de nos mots seule

Les préserve de la censure

Alors vous pouvez entamer

La ritournelle castratrice

 

Disant "ce ne sont que des mots" ...

Pourtant, votre rage tranquille

À tenter d'en ensevelir

Les significations cachées

 

Dénonce votre désarroi

À ne pas découvrir l'écart

De langage qui nous condamne

- Vous savez, mais ne pouvez rien

 

Que faire croître l'indifférence

À leur égard, à leur encontre

Sans en extraire ce noyau

Dont pourront s'élever mille arbres-

 

Parce que nos mots sont les mèches

D'idées à haute combustion

Parce que nos mots sont les semences

D'insurrections paradisiaques

 

Une vitesse exponentielle

De croissance de la conscience

Une explosion spectaculaire

Une brusque flambée d'utopie

Suffiraient au bannissement

 

Mais lente est leur maturation

Quand à leur pouvoir corrosif

Il fait corps avec vos cellules

Qu'ils contaminent peu à peu

 

Virus propagés sans éclats

Modifiant à chaque avancée

La nature même du terrain ...

Que pouvez-vous contre nos mots ? 

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DES MOUVEMENTS QUI PRENNENT DE L'AMPLEUR

 
Les mouvements artistiques Uppercut (titre provisoire) et Insurrection Poétique !, dont je suis l'initiateur, commencent à prendre de l'ampleur. Et
cela va bientôt se savoir 
 Pour l'heure Uppercut (titre en attente de remplacement)comporte sept personnes
:
Laurence Fouque, peintre à l'immense talent ayant
jusqu'alors peu exposé

Paul Cash, compositeur post-classique possédant un
souffle exaltant

Orlando De Rudder, écrivain lyrique et baroque, mais
résolument moderne

http://orlandoderudder.canalblog.com/

Sylvain Gougeon , peintre et photographe d'une rare
puissance

http://sylvaingougeonarteur.com/photos.html

Catherine Amatheu, aux vibrantes astractions portées
par un sens aigu des couleurs

http://amatheu.canalblog.com/

Otto Ganz poète et romancier belge à l'écriture
ébouriffante.

http://amatheu.canalblog.com/
(Catherine Amatheu "illustre" les textes de Otto
Ganz sur ce blog)

et Sonia Grdovic, une plasticienne au style puissant, sauvage et racé, définitivement incontournable.
http://www.soniagrdovic.fr
Insurrection Poétique en compte dix :

Philippe Léger

La Fée Cabossée

http://feecabossee.mabulle.com/

(les textes se trouvent principalement dans "Des
nouvelles de la Fée")

Nina Louve

http://louvainlaneuve.blogspot.com/

Lola Sponge,
Jorge Torres Medina

Cathy Garcia

http://delitdepoesie.hautetfort.com/

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

Marc-Henri Lamande

http://wisho.free.fr/optophonia/optophonia.html

Tristan Cabral
 André Chenet
 
http://poesiedanger.blogspot.com
 
et moi-même

http://insurrectionpoetique.mabulle.com/

Vous pouvez trouver des poèmes de Jorge Torres Medina, Tristan Cabral, Philippe Léger et Lola Sponge sur
mon blog Insurrection Poétique, rubrique"Hommage aux vivants.

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UN POÈME "MUSCLÉ" DE PHILIPPE LÉGER

Les textes de Philippe Léger, c'est souvent dans le genre costaud, dans le genre qui déménage et qui secoue la poussière au passage. Dix ans d'amitié à éclipses, et ce rude gaillard, qui prépare un CD qui va faire mal, se retrouve au cœur même d'Insurrection Poétique, dont vous aurez très bientôt des nouvelles !

Il y a tout naturellement sa place, même si l'animal me cite en permanence, pour mon autre mouvement, nombre d'artistes obscurs dont lui seul semble connaître l'existence. Même s'il me promet depuis des lustres de m'envoyer des textes publiables sur mon blog … Mais ça valait la peine d'attendre, comme vous pourrez en juger ci-dessous. Attention les yeux !

 

ÉTAT DES LIEUX

que reste il?
trois milliards de dettes payer cash à crédit stock
options
plus value sur le prochain désastre

ET QUE RESTE IL?
trois pièces de cuivre pour se remplir la panse de la
graisse qui sort des gencives le pus d'un abcès
jamais rassasié d'un compte en banque malade

QUE RESTE IL?

soupente
un deux pièces coin douche trois télés sans écran pour
calmer les nuits blanches
une boite a cigare en or carte postale de la riviera
Espagnole sur un mur de crasse
le sol couvert de marbre, le sol couvert de merde!
dose de codéine un lit de poudre aux yeux sur le cul
d'une princesse
dose de dépression les murs se rapprochent des
calmants en cachet
comme cartouches dans barillet
QUE RESTE IL?
la lune glauque sur les immeubles la pleine
décomposition morale
bière champagne sang parasites sourires et coups
de botte commande une autre bouteille donne moi deux
balles , j'suis raide
fais moi crédit pour une canette
lequel prendra un coup de pied?
lequel se fera descendre?
qui te dira "tu est un frère"?
qui le pensera en realité??
qui dormira dans tes draps?
quand sort ton prochain film?
ou allons nous trainer....

QUE RESTE IL?
une assurance la tôle froissée moteur shooté
la liberté sous les ailes de fer
l'acier qui brille et la rouille brulante
mécanisme d'horlogerie et pourriture sauvée de la casse
rouler trompe le mal de vivre
on fait semblant d'exister

ET QUOI D AUTRE?
ton âme? vendue
ton cul? a prendre
ton bonheur? chié pour quelques pièces
ton crédit le train sale et l'usine crasseuse
compte en Suisse vie privée sécurisée animal en cage!

ET QUOI D'AUTRE?
ta merde
ton foie malade
ton cancer du larynx
ta démence précoce
un p38 une balle dans la culasse
une fenêtre sombre au dessous : douze étages
des rêves avortés quelques mots des dettes en guise
d'adieu
prend la crosse dans ta main enjambe le parapet
la guerre se livre contre soi même pari perdu
d'avance

QUE FAIRE?
décide fais vite
t'a pas gagné ta vie tu a loupé le coche...
perdu ton billet au casino des dégénerés
ne manques pas le dernier coup
tu a raté ta vie
réussis donc ta mort!!
ET ENSUITE?
ne devine tu pas mon nom???

 

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RETOUR DU GLADIATEUR DES MOTS

Sur scène, en solo, sans filet, les poings tendus et le cœur généreux, votre humble mais non modeste serviteur, Pascal Perrot  aka Poetic Gladiator, se produira au Connétable, 55 rue des Archives, 75003  Paris. Métro : Rambuteau ou Hôtel de Ville. Quand ? Le mercredi 18 juillet à 20h. L'entrée est rigoureusement libre, la sortie c'est moins certain, car un chapeau sauvage en gardera l'issue. Au programme, beaucoup de textes nouveaux, interprétés avec rage, ferveur et tendresse. La poésie entre en action !

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JEUNESSE ÉTERNELLE, NON MERCI !

Gommez rides et boursouflures

Gommez éraflures et plis

Soyez jeunes éternellement !

 

Cynisme d'une involution

Autoproclaméee paradigme

Devenir est un mot tabou

 

Qui a vécu porte une trace

Qui a vécu porte des morts

Sur les épaules et dans le cœur

 

Cauchemar d'état immuable

Qui n'est plus traversé par rien

Scarification interdite

 

Je porte haut comme un blason

Les stigmates de mon voyage

J'aime à les lire sur mon corps

 

Sur la peau de la femme aimée

Sur le visage de l'ami ;

Quand le lisse et l'aseptisé

 

Deviennent modèles uniques

Et reconquête d'un bonheur

Sonnant désespérément creux

 

Nous ne sommes plus loin de la chute …

Chaque ride est étendard planté

Au sommet âprement conquis

 

D'une expérience, d'un apic

Dans chaque visage froissé

Mille horizons qui se déploient

 

Faces muettes, sans accrocs

Que nulle mâchoire n'érafla

Sans innocence, impardonnables

 

De ne vous être pas risqués

Dans la rugosité de vivre,

Vous demeurez sans fruits, sans dons 

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DES TERRITOIRES T'APPELLENT

Tu formules des rêves et puis tu les chiffonnes

Et jettes à la corbeille tes pulsions indécentes

Il faudrait que les murs de limaille de fer

Tout autour de ta vie s'effondrent et s'abolissent

 

Pour qu'ils puissent trouver la place qui est leur

Que tu te risques dans l'infini, l'inconnu

L'illimité, l'infâme et dans l'indéchiffrable

Pour qu'ils mêlent leur sève à l'arbre de tes jours

 

La griffe du poème raie la surface plane

De ta vie lisse et froide et tu ne sais pourquoi

Tu ne te résous pas à la ripoliner

Couvrir d'une couche de certitudes la strie

 

Cette zébrure est de l'ordre de l'organique

Et la nuit tu l'entends comme une mandragore

Susciter l'émergence de sphères intangibles

Des territoires t'appellent dont tu ne connais rien

 

Mais une part de toi, fût-elle infime, aspire

À cette connaissance et tes songes avortés

Autour de tes silences sont couronnes d'épines 

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ICI, DANS CES MOTS INSTABLES ...

Et si ma vie toute entière

Son poids, son utilité

Résidait précisément

Dans ces poèmes inutiles

Cascadés en flux sonores ?

 

Ce rien hors de la matière

Ces phrases désencrassées

Du plumage rutilant

Des mensonges imbéciles

Cette rage à contre-mort ?

 

Ces soleils inmonnayables

Dont chaque rayon balaie

Les stock-options du néant

L'économie souterraine

D'utopies en gestation ?

 

Ici, dans ces mots instables

Non dans la cohue des faits

Vérifiables et cohérents

D'un vers freinant la gangrène

D'obscènes aliénations ?

 

Qui me dira dans mille ans

Quel acte d'amour ou quelle

Insurrection sont les fruits

D'une métaphore semée

Dans une conscience inconnue ?

 

Et quel rêve exacerbant

L'émergence vers l'éveil 

Inversa le cours des nuits

Et délivra l'opprimé

Qui s'y était reconnu ? 

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