insurrectionpoetique !

TERRES MOUVANTES DE L'INTANGIBLE

J'appartiens à ceux pour lesquels

Un verre entier suffit à peine

Qui veulent boire à plein goulot

Le feu sans se soucier de se brûler les lèvres

 

La porte, camarade vivant

Demeurera pour peu de temps ouverte

Tu le sais, pourtant tu hésites

À plonger à la verticale

 

Ce qui t'attend au terme de

Cette dislocation ascensionnelle

Tu l'ignores - tu sais vers où

Mais les mouvements internes te demeurent inconnus

 

Pas plus que tu ne sais comment

Tu t'en retourneras, au terme de quelles métamorphoses

À la pulsation ordinaire des choses

Même si tu sais que tu y reviendras

 

Ni le froid rationalisme

Ni les turbulents mysticismes

Ne te permettraient de franchir le seuil

L'un le clorait, les autres condamneraient tout retour

 

Pourtant, tu en as la prescience

Chacun pourrait te fournir des outils

Pour défricher les terres mouvantes

Des séismes de l'intangible

 

Ce que l'on rencontre "là bas" ?

Rien qui ne soit contenu

Dans les plis de notre visage

Mais si loin en lui, si profond

 

Qu'il nous est devenu impossible de l'atteindre

Rien qui ne soit de l'ordre du descriptible

Mais la plénitude d'une joie

Dont nous ne possédons que l'écho déformé

 

Plonge, bois le feu à plein goulot

Et tu verras, et tu sauras

Et voir et savoir suffira

Sans qu'il fût besoin de le dire 

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LE FEU ARDENT DES COINCIDENCES

Que faisons-nous d'autre que chercher

Ces instants où nous coincidons …

Trop souvent l'impression d'être

Surexposés, surajoutés

 

Comme la note surnuméraire

Qui désaccorde l'instrument

Et nie l'harmonie, l'équilibre

D'un ensemble où nous n'avons place 

 

Coincider, quand chaque élément

Contribue à la synergie

D'un présent aux lignes soudées

Et lorsque nous nous trouvons là

 

Où nous devions être à l'instant

Où nous devions nous y trouver

Ces moments parfaits et précis

Où retombe de nos épaules

 

Le poids de l'approximatif ;

Cette extension dans le visible

Présence accrue dans la matière

Qu'importe où, pour quoi l'éprouver

Rien ne la justifie qu'elle même

 

Qu'importe qu'ensuite nous rejoignons

L'opaque des incertitudes

Puisqu'il nous a été permis

Un bref instant d'avoir été 

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DES MOTS SI PAUVRES ...

Ce sont des mots si pauvres
Quand on les voit passer à l'envers des chemins
On dirait des mendiants tant leurs lettres usées
Laissent entrevoir la chair de nos renoncements

Pourtant il y a dans leurs yeux
L'éclat d'un livre ouvert de chair impérissable
Dont chaque phrase est une clé, un univers, un don
Et le rêve que chuchotent les étoiles au vent

Pourtant ils ont en eux l'évidence des arbres
Du ciel et des enfants jouant à saute-réel
Pourtant ils font vibrer l'épiderme de l'être
Ouvrent les portes du Temps et de la Connaissance

Ce sont des mots si pauvres
La chair les a pétri dans des glaises friables
Autrefois … Mais c'était il y a si longtemps
À des années lumières du temps de la rencontre

Ce sont des mots si pauvres
Qu'on hésite un instant au bord du précipice
Que l'on a presque honte de les reprendre en soi
Qu'on va jusqu'à douter de leur identité

Sont-ce sous leurs guenilles les princes attendus
Qui, lavés de l'orgueil, retrouvent leur puissance
Leur rage guerrière contre la médiocrité
Ou les simples passants de mirages avortés,

Les fruits désespérés d'une trop longue absence
Dont la saveur acide déchire les miroirs ?
Ce qui était crapaud nous masque-t-il un roi ?
Quel souffle transforme les oripeaux en oriflammes ?

Ce sont des mots si pauvres
Pourtant, en eux, pareils à des huîtres perlières
Parfois, lovée, la clé de notre éternité
Qui vibre sur ses gonds et nous ouvre à nous mêmes

Ce sont des mots si vrais
Jamis je n'aurais cru qu'ils puissent reprendre un
jour
En moi la force de l'arbre poussant vers la lumière
Et ancrent leurs racines en ma cosmogonie

Si parfaitement droits dans l'Axe du Vivant
Si portés par le flux de l'énergie première
Qu'ils trouvent en moi leur place naturelle et sacrée
Lorsque je te les dis, s'élève un monde à naître

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SUR LA ROUTE DU MALHEUR

Sur la route du malheur,
Trois enfants marchaient de front ;
L'une n'avait pas de nom,
La seconde pas de cœur,
La troisième pas d'illusions ;

Des falaises les bordaient,
Comme borderait leur lit
La nourrice du secret
Aux mains blanches de folie,
Aux mains pâles de regert .

Leur âme s'ouvre dans les branches,
Leurs lèvres assechées de feu
Boivent le vent qui se penche
Au chevet de leurs aveux,
Dans le creuset des nuits blanches ;

A l'horizon de l'espoir,
Rien qui se lève ou se couche,
Loin, là bas, dans la mémoire,
Une femme ouvre la bouche
Et raconte leur histoire …

Peu de chose les retient
De tomber à chaque pas ,
Ils se tiennent par la main
Et n'écartent pas les bras ;
Ils connaissent le chemin …

Les guerriers de la folie
Ont épargné leur visage,
Mais leur cœur est défleuri,
Dans l'attente d'un passage,
Ouvert en la longue nuit !

Ils marchent, insensibles à tout,
Ils s'absentent de leurs rêves ;
Ils marcheront jusqu'au bout
Sur la route qui les soulève
Et dont ils ignorent tout

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AU FOND DES PUITS DE DIAMANT NOIR

Des eldorados, ne demeurent
Que des reliques de mémoire
Qui nous évitent de chuter
Au fond des puits de diamant noir
Où scintille notre reniement

Nous les avons frôlés sans doute
Et leur fugitive vision
Nous fut un émerveillement
Mais où trouver courage et force
Pour reprendre encore et encore
Notre voyage interrompu

Nous avons perdu le secret
D'élever des temples d'amour
Où la prière se fait acte
Et la parole mouvement

Nous le connaissions autrefois
Quand la rédemption nous fut proche
Mais la vague nous éloigna
Son écume a dissous nos rêves
Ne persiste que le silence

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CHOSES ÉTRANGES DE LA NUIT

J'entre dans un bar de nuit

Je commande un tilleul fraise

Personne ne s'en étonne

 

Comme j'ai envie de surprendre

- il y a des jours comme ça …-

Je sors de ma poche gauche

 

Une charrue, trois galaxies

Deux libertés de rechange

Une enfance de secours

 

Trois nains en complet veston

Une brosse à dents en or

Et une fée décoiffée

 

J"extrais de ma poche droite

Quatre chanteurs d'opéra

Une mosaïque en marbre

 

Deux révolutions soldées

Un jeu d'échecs en réglisse

Un aqueduc de dentelle

 

Chacun hausse les épaules

Un grand gaillard m'interpelle :

"C'est bon, on connait le truc"

 

"Ah oui ?" fais-je crânement

- bien sûr, j'eus pu trouver mieux

Mais ils me laissaient sans voix

 

Ces blasés sans rémission

Et le tilleul-fraise déjà

Me faisait tourner la tête-

 

Mais l'homme, sans se démonter,

M'explique tout point par point ;`

Il sait, c'est indubitable …

 

Et à peine ai-je le temps

De prendre ma tête dans mes mains

Comme ça se fait dans les films

 

Qu'il prend mon ego froissé

Le transforme en un ensemble`

De petites cathédrales

Aux vitraux représentant

 

Les icônes miniatures

De moines dansant la samba …

Et je trinque à sa santé

Car ce tour là, voyez-vous

Je ne le connaissais pas ! 

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PLÉNITUDE DE LA MATIÈRE

Inciser les apparences

Creuser sous la matière du temps

Revenir vers l'ange premier

Retrouver son héritage

 

Briser les cages du feu

Et du tumulte des cascades

Construire de nouveaux regards ;

Visible comme invisible

 

Sont de trompeurs labyrinthes

Dont il nous faut trouver l'issue

Par une volonté sans faille …

Désencombrer le silence

 

Déménager la lumière là

Où l'on n'épie pas sa présence

Là où il nous semble impossible

Qu'elle puisse imploser nos secrets

 

Pus loin que nos évidences évidées

Marcher où nul n'admet s'aventurer

Faire corps avec l'inconcevable

Créer des espaces algébriques

 

Le visage translucide

Déchiffrer les ordres complexes

Pour atteindre ces choses simples

Qui nous paraissaient hors d'accès

 

Et la dense multitude

Des éblouissements concrets

La plénitude la matière

Alors se révéleront 

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LA FORMIDABLE IRONIE DU VIVANT

Il est de toute urgence d'accorder

Crédit illimité aux âmes du purgatoire

De moderniser notre être

Et de ne plus déverser nos mensonges

Dans les égoûts du paradis

 

De vivre nos appétitds sans limites

De déstabiliser l'administration des enfers

Par des demandes en dix-huit exemplaires

De la syndication des anges

 

Et de considérer la damnation

Comme la porte étroite vers Dieu

Sur le moins fréquenté de ses versants …

Le reste n'est qu'affaire de peur, de solitude

 

De tâtonnements dans des corridors sombres

Sans même le secours d'amis imaginaires

 

Nous brinqueballons d'une rive  à l'autre

Nos cœurs éraflés, écornés d'enfants boudeurs,

Injustement punis par des instances aveugles

Et n'appréciant que très modérémént

La formidable ironie de la vie 

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J'AI SI FAIM D'UNE ISSUE ...

L'accès à la vie vraie ? Douloureux, impossible
Tant d'heures et de semaines, de mois hors du vivant
Qui connaît de cela la racine profonde
Je voudrais simplement qu'il me dise pourquoi

Qu'il ne craigne de me surprendre ou me blesser
J'ai si faim d'une issue à l'eau des simulacres
Où est la vie ? Un mort m'indique le chemin

Culs de sac, fausses pistes, paresses misérables
Cerné par le non-être, les non-actes, le rien
Informe pâte grise modelée à l'envi
Et que faute de mieux nous appelons la vie

Tant d'heures et tant de jours, tant de mois passés
sans
À vomir de manger aux gamelles du vide
À crier de jamais n'en être rassassié

Si le vivant, dit-on, se paie d'un prix de chair
Qu'on fixe le tarif, je paie rubis sur l'ongle
Tout plutôt que ce tiède ramassis de ténèbres
Et son fade remugle de tendresses écorchées !

La mort attend ? Déjà ? Qu'elle patiente à la porte !
Je voudrais juste n'avoir pas tant marché pour rien
Je ne veux que la vie libre, pleine et vibrante
Connaître sa saveur avant que de partir

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LABYRINTHES VORACES

Même au cœur de ma solitude

La ventilation est parfaite

L'air de l'extérieur y pénètre

 

Tant qu'il paraitrait outrancier

De me définir solitaire

Si n'était si profondément

 

En moi l'exigence vitale

D'arpenter l'aride étendue

De mes paysages intérieurs

 

De voir un à un mes visages

Se désarrimer de mon être

Sans repaires affronter ma peur

 

Pour la sèche et froide beauté

Qui émergera du combat

Faire face et sans indulgence

 

Observer mes propres mensonges

Démystifier le spectacle

Du Moi et de ses complaisances

 

Mais c'est privé d'observateur

Que le silence m'enseignera

À déjouer mes impostures

 

Dans ces arènes où le pire

Des ennemis aura mes yeux

Ma voix et mon sang dans ses veines

 

Savoir que la Haine et le Mal

Et la destruction sont en moi

N'en ressentir nulle affliction

 

Elles ne sont pas ce qui jugule

L'expansion de la vérité

Mais conditions sine qua non

 

À son éclosion dans nos ventres

Non malgré, mais en raison de …

La violence et l'infâmie

 

Ne sauraient être anéanties

Mais domptées car rien ne peut être,

Privé de leur flux nourrissant,

 

Accompli d'intense et de vrai ;

Qui ne s'égare dans les plis

Des plus putrides meurtrissures

 

De ses labyrinthes voraces

Ignore à jamais tout cela

Et ne peut extraire de soi

 

Qu'un fatras de gestes et de mots

Proches de la putréfaction,

Rêves avares et infertiles 

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D"UN SIMPLE POINT DE VUE PRATIQUE ...

D'un simple point de vue pratique

Faire l'amour avec les nuages

Demeure d'un intérêt douteux

Et présente mille dangers

 

Le corps cotonneux des nimbus

Offre peu de prise à l'étreinte …

À quoi bon tant d'acrobaties

Pour de si médiocres coïts ?

 

À tout moment la pluie glacée

Voire dans certains cas acide

Peut venir freiner vos ardeurs ;

Et que dire du risque encouru

 

De voir un éclair maladroit

Tronçonner la virilité

Qui vous tenait lieu de conscience ?

De même rappelons qu'il est 

 

En tout pragmatisme éclairé

Également fort périlleux

De vouloir, en un vif élan,

Faire l'amour avec les étoiles

 

Il est vrai - et je m'en confesse

J'eus parfois ces pensées salaces-

Que sur le plan fantasmatique

L'idée en est irrésistible

 

En revanche, sur le plan pratique

Faire l'amour avec un maroilles

Un reblochon, un camembert

Peut s'avérer éblouissant

 

Mais du point de vue du fantasme

- il faut l'avouer sans ambages-

D'un intérêt très limité …

Ah que ce monde est décevant !

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COMME UN PUR NOYAU D'ABSOLU

Dans quelle jungle inextricable
De couronnements différés
De mots-miracles diffamés
De reniement d'oreilles mortes,
Ma belle étincelle de sable

Te débats-tu, vitraux-glaciers
D'une cathédrale infâmante
Où s'affame ta déferlante
Disette des haussements d'étoiles
À l'aplomb droit de la matière

De l'alphabet des feux d'oracle
Ils ignorent jusqu'aux voyelles
Je serai ta déclinaison
Ta prose de chair écrevisse

J'ai mis un cosmos dans mes mains
L'ai enclos dans une bouteille
Absorbons-en la quintessence
Et rejoignons notre nature

D'archanges dodécaphoniques
Car quand l'issue est hiéroglyphe
Elle rayonne au centre de nous
Comme un pur noyau d'absolu

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SI LOIN DU TRAIN PERDU ...

Si les wagons des trains de nos affects
Ne mènent nulle part et tournent sur eux mêmes
Et si la nourriture y est infecte
N'est-ce donc qu'en raison des noirceurs que l'on sème


Dont la moisson étouffe nos désirs ?
Erreurs, angoisses dont nos miroirs sont fertiles
Mais par le soupirail des avenirs
Nous regardons d'ardents paysages nubiles

Qu'ils s'éloignent et se vident nos mémoires
Du contenu d'espoir et d'élans en jachère
Sans pardon, on se bat dans les couloirs
Rage de n'avoir pas reconnu la lumière

Haine de soi et combat et combat
Contre l'autre, reflet cinglant, intolérable
De nous être égarés, amour en croix
Si loin du train perdu puissamment désirable

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LA HAUTEUR DU VIVANT

Dans les rapides, je nagerai
Contre les siècles, face à la vague ,
Face à la roche aiguisant l'os
Pour reconquérir la suprématie
Du vivant régnant aux terres des nuits !

Je suis goémon du regret,
Je suis la souche de la rage
Et l'époque creuse ma fosse

Je traverse les murs et les bois,
Je polis la pierre des vents ;
Sauvage parmi les grands feux,
Je reste le barbare d'une horde perdue
Dans les landes brisées par les fleuves en crue !

Solitaire plus qu'autrefois,
Je scrute le secret dans mon sang
Qui ouvre mon cœur et mes yeux,
Pour aller plus loin, vers une ouverture
De ce ciel qui bat entre mes blessures

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LA CHEVAUCHÉE DE L'ARC-EN-CIEL

Choisissez un arc-en-ciel

Un charnu, melliflu même

Et bondissez sur son dos

 

Surtout, n'evisagez pas

De tranquille chevauchée

Mais rodéo catharsique

Où vos peurs seront présentes

 

Et constelleront d'épongles

-pointes saturées de poison-

Le visage de vos joies

 

Pour désarçonner votre âme

L'arc-en-ciel ne ménagera

Rien de l'arsenal des ruses

À portée de ses couleurs

 

Peut-être chuterez-vous

Sans espoir de rédemption

Dans la chair des solitudes

 

Vous réincarnerez-vous

Dans une vie en patchwork

Faite de bric et de broc

Reliefs d'ombres périmées

 

Au fond de vous vous savez

Pourtant que ce rodéo

Demeure l'ultime chance

 

Qu'il vous reste d'échapper

À la terrifiante emprise

À l'omniprésence obscène

Des mangeurs de destinées 

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ORPHELINES DE MILLE EXILS

Les mains de l'horticulteur

Et celles du boulanger

Les mains du compositeur

Et celles de l'horloger

 

J'aime voir à l'œuvre ces mains

Sculptant la glaise du Temps

En horizons, en festins

Bâtisseuses du vivant

 

Mains puissantes ou crevassées

Articulant la matière

Dans lesquelles l'acte et l'idée

Émergent d'un même cratère

 

Forgerons des avenirs

Paumes vivificatrices

Qui laissent en souvenir

Le chant de leurs édifices

 

Fondatrices du certain

Du solide identifiable

Que le pas vérifie. Mains

Infiniment fréquentables

 

Qu'à côté d'elles mes doigts

Voltigeant sur le papier

Qui brassent tristesses et joies

Semblent de peu d'utilité

 

Orphelines de mille exils

Mains d'enfant, mains de palabres

De cabanes dans les abres

Indispensables et futiles 

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CRACHER LA LUMIÈRE EN EXCÈS

Cracher la lumière en excès
Glaviot sanglant sur les quais de la gare
À la consigne de laquelle nous avons enclos
Nos rêves dans une armoire cadenassée

Et alors seulement peut être
Capter un atome de ce vide
Auquel toutes nos forces aspirent
La paix sans recours et sans concession

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DANS LE SCEAU DES MAINS JOINTES

Si l'issue du labyrinthe
Est dans l'eau de tes fontaines
Si la clé des dimensions

Est dans le sceau des mains jointes
Si le monde est un héron
Et l'amour absent murène

Si le mur est un mirage
Et ses pierres artefacts
Si nos regards ont pouvoir

De différer les naufrages
Et de susciter le pacte
Entre l'aube et la mémoire

Alors, aime moi ma belle
Franchis les dures rocailles
De mon sang âpre et profond

Renaus dans l'eau de mes bras
Ultime réincarnation
D'un vertige bicéphale

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