insurrectionpoetique !

DES MOTS SI PAUVRES ...

Ce sont des mots si pauvres
Quand on les voit passer à l'envers des chemins
On dirait des mendiants tant leurs lettres usées
Laissent entrevoir la chair de nos renoncements

Pourtant il y a dans leurs yeux
L'éclat d'un livre ouvert de chair impérissable
Dont chaque phrase est une clé, un univers, un don
Et le rêve que chuchotent les étoiles au vent

Pourtant ils ont en eux l'évidence des arbres
Du ciel et des enfants jouant à saute-réel
Pourtant ils font vibrer l'épiderme de l'être
Ouvrent les portes du Temps et de la Connaissance

Ce sont des mots si pauvres
La chair les a pétri dans des glaises friables
Autrefois … Mais c'était il y a si longtemps
À des années lumières du temps de la rencontre

Ce sont des mots si pauvres
Qu'on hésite un instant au bord du précipice
Que l'on a presque honte de les reprendre en soi
Qu'on va jusqu'à douter de leur identité

Sont-ce sous leurs guenilles les princes attendus
Qui, lavés de l'orgueil, retrouvent leur puissance
Leur rage guerrière contre la médiocrité
Ou les simples passants de mirages avortés,

Les fruits désespérés d'une trop longue absence
Dont la saveur acide déchire les miroirs ?
Ce qui était crapaud nous masque-t-il un roi ?
Quel souffle transforme les oripeaux en oriflammes ?

Ce sont des mots si pauvres
Pourtant, en eux, pareils à des huîtres perlières
Parfois, lovée, la clé de notre éternité
Qui vibre sur ses gonds et nous ouvre à nous mêmes

Ce sont des mots si vrais
Jamis je n'aurais cru qu'ils puissent reprendre un
jour
En moi la force de l'arbre poussant vers la lumière
Et ancrent leurs racines en ma cosmogonie

Si parfaitement droits dans l'Axe du Vivant
Si portés par le flux de l'énergie première
Qu'ils trouvent en moi leur place naturelle et sacrée
Lorsque je te les dis, s'élève un monde à naître

Vos commentaires

1 Le Samedi 15 Septembre 2007 à 14:57 GMT+2, par Mikel

J'adore celui-là
Il a du être difficile à écrire non ?
ça commence comme du Férré ("des mots si pauvres"), ça finit comme du Brel ("un monde à naître" à rapprocher de "et nous aurons dans nos mains, amis, le monde entier")

Amitiés

2 Le Lundi 17 Septembre 2007 à 00:17 GMT+2, par Pascal Perrot

Je ne gloserai pas sur les cas Brel et Ferré ( le premier a souvent une écriture poétique sans pouvoir à mon sens être appelé poète, le second a un peu tout fait, y compris de vraies poésies) mais suis heureux que vous appréciez ce texte. Cependant, désolé de vous décevoir : ce texte fut écrit très facilement, le premier jour où je me suis trouvé seul dans l'appartement de ma dulcinée de l'époque ( qui s'est révélée par ailleurs par la suite une vraie furie, mais ceci est une autre histoire … ce sont souvent nos erreurs qui nous construisent). Voici pour l'anecdote.

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Vous pouvez faire référence à votre publication en utilisant ce rétrolien

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 3 + 4 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://margot.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Lecture, poésie et littérature érotique