DES MOTS SI PAUVRES ...
Ce sont des mots si pauvres
Quand on les voit passer à l'envers des chemins
On dirait des mendiants tant leurs lettres usées
Laissent entrevoir la chair de nos renoncements
Pourtant il y a dans leurs yeux
L'éclat d'un livre ouvert de chair impérissable
Dont chaque phrase est une clé, un univers, un don
Et le rêve que chuchotent les étoiles au vent
Pourtant ils ont en eux l'évidence des arbres
Du ciel et des enfants jouant à saute-réel
Pourtant ils font vibrer l'épiderme de l'être
Ouvrent les portes du Temps et de la Connaissance
Ce sont des mots si pauvres
La chair les a pétri dans des glaises friables
Autrefois … Mais c'était il y a si longtemps
À des années lumières du temps de la rencontre
Ce sont des mots si pauvres
Qu'on hésite un instant au bord du précipice
Que l'on a presque honte de les reprendre en soi
Qu'on va jusqu'à douter de leur identité
Sont-ce sous leurs guenilles les princes attendus
Qui, lavés de l'orgueil, retrouvent leur puissance
Leur rage guerrière contre la médiocrité
Ou les simples passants de mirages avortés,
Les fruits désespérés d'une trop longue absence
Dont la saveur acide déchire les miroirs ?
Ce qui était crapaud nous masque-t-il un roi ?
Quel souffle transforme les oripeaux en oriflammes ?
Ce sont des mots si pauvres
Pourtant, en eux, pareils à des huîtres perlières
Parfois, lovée, la clé de notre éternité
Qui vibre sur ses gonds et nous ouvre à nous mêmes
Ce sont des mots si vrais
Jamis je n'aurais cru qu'ils puissent reprendre un
jour
En moi la force de l'arbre poussant vers la lumière
Et ancrent leurs racines en ma cosmogonie
Si parfaitement droits dans l'Axe du Vivant
Si portés par le flux de l'énergie première
Qu'ils trouvent en moi leur place naturelle et sacrée
Lorsque je te les dis, s'élève un monde à naître
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Samedi 25 Aout 2007 à 21:26 GMT+2 dans DE L'EDEN À L'ENFER (article, RSS)





