L'OBSCÈNE, C'EST TOUJOURS L'AUTRE !
Se venger sur l'innocent
Quasi vierge de toute offense
Trop faible pour réagir
Trop doux pour rendre les coups
De la souffrance que d'autres
Jadis vous ont infligée
Est une expérience unique
Délictueuse jouissance
Humilier, soumettre autrui
D'un geste pouvoir détruire
Une vie, se sentir dieu
Pour peu que l'on possédât
Quelques grammes de pouvoir
Est une idée séduisante
Que voluptueusement
J'aime à caresser sans honte
Pouvoir dénigrer autrui
Le moucher d'un coup de fouet
Imparable et implacable
Sur ce qu'il ne peut changer
- Son physique, son origine,
Sa couleur ou son accent-
Un véritable délice
À la portée de chacun !
Parangons de la morale
À vos mines révulsées
Je vois que je vous répugne
Vous, si généreux, si nobles
Votre bon droit vous rassure
C'est si facile de dire
Le mal extérieur à nous
L'obscène, c'est toujours l'autre
Ce n'est qu'en prenant conscience
De cet autre méprisable
Qui ne cherche qu'à déployer
Ses vils anneaux reptiliens
Que pourtant nous pouvons prendre
Le nécessaire recul
L'indispensable distance
Face au monstre en nous présent
Et maîtriser ses ardeurs
Éviter son émergence
Et ne plus juger autrui
Plus sévèrement que nous ;
En rejeter l'existence
C'est se condamner à ne
Ni comprendre ni aimer
Ceux qui n'ont su entraver
Ce diable qui dort en nous
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Dimanche 9 Septembre 2007 à 15:33 GMT+2 dans POÉSIES HARDCORE (article, RSS)





