insurrectionpoetique !

LA FACE CACHÉE DU SOLEIL

Le soleil éclaire des monceaux d'ordure, des gestes assassins, des joutes de pouvoir, les combats hérissés de ceux qui furent frères, dents de fauves en avant, prêtes à déchiqueter.

Et nous en concluons à l'abomination, à la froide détermination de l'existence à nous détruire, nous désarticuler, nous broyer, nous ensevelir. Le Monde, horreur irrémédiable où nous ne saurions que nous dissoudre.

Le soleil éclaire l'infinie promesse des élans, des actes et des mots d'amour, l'éclair fulgurant d'un rire déboulonnant les tyrans, l'ascension sans merci des pensées en éveil, et l'écume vivace des tendresses sans enjeu, l'inconnu sacrifiant sa vie ou son honneur pour mieux sauver ceux d'un autre dont il ne connaît rien que l'âme droite, peu propice aux compromissions ; l'enfant qui s'émerveille d'un monde encore à naître ;

l'homme qui rature les courbes de son sang, de ses muscles, our tenter d'offrir des joyaux à ceux dont il ignore tout ; des brasiers de silence où l'être s'accomplit, la ciselure d'un mot éblouissant la nuit, et le regard qui s'ouvre, s'offre en partage aux hommes

et des portes entrouvertes qui mènent aux paradis mille fois perdus, mille fois retrouvés ; la terrifiante splendeur des beautés en effervescence.

Et nous en déduisons le Monde comme une ferveur miraculeuse, un Livre des Merveilles en constant mouvement, dont chaque ligne décille nos yeux opaques, sources de troubles, de bouleversements enchantés.

N'est-il, dans le magma fumant de nos entrailles, nul soleil éclairant l'ensemble des versants, afin que nous puissions appréhender l'intimité paradoxale de l'Horreur et de la Splendeur, et percevoir le monde en sa totalité, en chaque minute du Souffle ?

Chaque pièce, si apparemment étrangère, si apparemment ennemie de celle qui l'a précédée s'emboîte si parfaitement à elle qu'elle en épouse chaque pouce, et leur complémentarité alors ne laisse dans notre esprit aucun doute.

Tel est le monde et tel nous sommes que nous en cherchons les reflets et non sa cinglante évidence, avide de fracas ou d'ébahissement, sans avoir le courage de les envisager comme deux puissances qui s'équilibrent un forment un Tout infragmentable.

Vos commentaires

1 Le Mercredi 3 Octobre 2007 à 14:49 GMT+2, par S. Leannán

Si, si...
Il en est qui font plus encore qu'envisager.
La preuve...
Ci-dessus.
Et Ailleurs aussi...
S.

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