insurrectionpoetique !

CREUSER SA PROPRE VOIX DANS LA CHAIR ET LE ROC

La grande idée brandie par les réactionnaires

Est que la Banque viendra à bout des terroristes

Quand la grande idée fixe des apprentis rebelles

Est que les terroristes vaincront le Capital

 

Le citoyen lambda qui suivra l'un ou l'autre

Tout autant que celui qui ne s'y fiera guère

Sera toujours victime ou de l'autre ou de l'un

Et aucun ne le sauvera de l'implosion

 

Il faut beaucoup de temps, un regard acéré

Pour distinguer combien l'un l'autre se ressemblent

Chacun veut imposer sa vision, son pouvoir

Sans lésiner sur les exécutions sommaires

 

Ne jamais accepter les choix qu'on nous impose

Creuser dans la chair et le roc sa propre voix

À mains nues s'il le faut, mais ne pas se soumettre

Aux entraves, structurer notre révolution

 

Bien entendu, la marge d'action est ténue

Et les machines à broyer bien rodées

Parfois la densité s'oppose à l'expansion

Patience et impatience sont les deux armes dont

 

Nous devrons nous servir de manière judicieuse

Changer de stratégie plus vite que son ombre

Déconcerte l'ennemi. il y a ce moment

Où nous lui deviendrons totalement invisibles

 

Mais nous serons alors si nombreux … si nombreux ! 

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IL FAUT DU TEMPS POUR L'ADMETTRE ...

Il faut du temps pour l'admettre

Il arrive quelquefois

Que le pire, le plus immonde

De nos ennemis voit juste

 

Il faut alors exercer

Une double vigilance

Qui n'est d'aucun bénéfice

Sinon demeurer intègre

 

Ne pas déconsidérer

Le regard malgré la source

Perverse dont il émane

Repousser la tentation

 

D'atténuer dans nos esprits

La nature et la nuisance

Le statut de l'Ennemi …

Tache ingrate et harassante !

 

Dissocié de notre clan

Tissus conjugués de haines

Les adverses désormais

Vibrent au même diapason

 

Haro sur la pensée libre !

Haro sur la pensée vraie !

Ne reste désormais que

Le déclin des solitudes

 

Si seul vous importe d'être

Aimé, admiré de tous

Que la droiture de l'âme

 

Vous apparaît un problème

D'une importance mineure

Par pitié, abstenez-vous ! 

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SI TERRIBLEMENT VIVANT

"Mon guru, mon coach, mon banquier

Mon épouse et mes deux enfants

M'ont fortement déconseillé

De vous adresser la parole

 

Et pourtant, voyez, je suis là

J'ose seulement espérer

Que ce que vous avez à dire

Est d'une importance cruciale"

 

L'Autre n'éleva pas la voix

Il ne dit que des choses douces 

Mais ces choses le terrifièrent

Comme l'électrisa son regard

 

Qu'il pressentait non entaché

De nos mensonges ordinaires …

Ainsi donc, il faudrait trancher

Tous ces ponts, ces points de repère 

 

Qui jusqu'à présent le reliaient

À l'univers de ses semblables,

À tel point qu'il n'envisageait

D'autre mode de communication …

 

Ainsi Tout, ou peu s'en fallait

De ce à quoi jusqu'à présent

Son cœur s'était identifié

Et assimilé était faux !

 

Il lui faudrait probablement

Risquer sur des terres inconnues

Le fort peu qu'il lui demeurait

De ses anciennes dignités

 

Sans nulle garantie de retour …

Le discours était d'importance

Et fort assurément troublant ;

Mais l'Inconnu voyait-il juste ?

 

Quelque chose en lui murmurait

Que l'Homme disait la vérité

Que là seul se trouvait l'issue

L'ultime sursaut de liberté

 

Alors il rompit les amarres

Qui l'enchaînaient au cœur du cercle,

Aimanta vers lui tant de haines

Et tant d'amours insoupçonnées

 

Mais pour la toute première fois

Se sentit enfin en accord

Avec le rythme de l'Univers …

Ses peurs, ses vertiges, ses joies

 

Ses amitiés désormais

Loin de la fadeur imposée

Étaient vivaces, intenses et vraies ;

De chaque bonheur ou malheur

 

Il jouissait, car voici qu'enfin

Il en retrouvait la saveur

Musquée, épicée, odorante

Mais si terriblement vivante ! 

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VIERGE DE MES BLESSURES



Comment fais-tu pour effacer
D'un rire des années d'enfer
Dont les seuls répits accordés
Étaient trop bref pour retrouver
Un souffle ou une identité ?

Comment fais-tu pour préserver
Cette enfance au fond de tes yeux ?
Ébloui par ton innocence
Je puise en tes mains une force
Qui annihile tout mensonge

Je ne croyais plus que tu pus
Exister hors de ma mémoire
De mes utopies fracturées
Des chemins dissous dans l'obscur
Si bouleversante évidence

Voici qu'un seul regard de toi
Me rend vierge de mes blessures
Vidé des sombres maléfices
Me rend mon visage et ma foi
Acceptant notre immensité

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JUDAS DE NOS MIROIRS

Pour que je puisse naître,  il faut que l'un de vous

Entre en la peau du traître ; et l'opprobre et la boue

Fermeront sur son nom les verroux de la haine

Car le plus grand des dons est celui qui n'entraîne

Ni gloire ni renom, mais misère et géhenne  !"

 

Et par amour Judas fut maudit à jamais

Et jusque sur la croix fut le double secret

Du soi disant Messie, endossant la défroque

De blessures et de nuit, fut celui que l'on hait

Que l'on moque en secret pour l'amour de l'ami 

 

Judas de nos miroirs, sans jamais être Christs

Mémoire au laminoire, ideaux en calices

Vidés dans l'urinoir

 

Sans grandeur, sans éclat, nous, nous trahissons nos rêves

Nos religions sans foi dont chaque être humain crève :

Ultralibéralisme, matérialisme aigu

Minables despotismes pourrêveurs exigus

 

Engendrent armes concrètes, vives intolérances ;

Chaque jour on décrète inaptes à l'existence 

Des civilisations entières qui refusent

Que le chiffre-étalon les domine et récusent

 

Que la valeur d'un homme se résume à son taux

De rendement en somme, que son cœur et sa peau

Valent moins que l'atome d'un silence sans écho

 

Judas ! Judas ! judas ! De nous même les traîtres

Èt le Christ et la croix, pour l'avoir tuant l'être

Nous sacrifiant pour rien aux idéaux banquaires

Libéralisme vain pour nains atrabilaires …

 

À chacun  les religions qu'il mérite ! 

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NASSE DE LUMIÈRE GARDÉE PAR DES OMBRES

Que de temps perdu à nous obstiner

À croire que nos plaies soient cicatrisables

À vouloir tenter de les refermer

 

Ignorant que d'elles, que de leur béance

Nous pourrions pétrir un souffle nouveau,

Que nous devrions les porter en nous

 

Jusqu'au foudroiement de l'ultime émoi

Quand le verbe en nous définitivement

A tari la source et forclos la nuit

 

Il faut de nos plaies bâtir une force

Et à partir d'elles prendre notre élan

Portes ensanglantées de la connaissance

 

Matériau de l'être en transmutation …

Sans jamais nous identifier à elles

Ni les prétendre notre signature

 

Sans jamais qu'elles nous servent d'alibi

Pour blesser, souiller et dénigrer l'autre

Le lester de nos erreurs, nos angoisses

 

Nos plaies sont nos richesses inaliénables

D'elles naîtront notre ouverture au monde

Et  nos sensibilités avivées

 

Nasse de lumière gardée par des ombres,`

En lesquelles il est tentant de se perdre

Mais que l'homme vrai contourne et détourne 

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LES NOUVEAUX KITS DU BONHEUR

Il est indigne que nous vivions

Dans une société d'assistés

Il est urgent d'y remédier …

 

Je ne parle bien entendu

Pas de l'aide aux plus démunis

Laquekke est un devoir civique

 

Une simple évidence humaine

Quand fonctionne à plein rendement

L'usine à fabriquer les pauvres

 

Mais des perpétuelles béquilles

De l'esprit et de la pensée

Qu'on veut nous greffer en prothèses

 

Nos rêves et nos espérances

Nos rebellions, nos attentes

Notre idéal de la vie même

 

Sont imprimés dans nos cerveaux

Par les grands manipulateurs

De bombes et de comptes en banque

 

Nos utopies sont calibrées

Dans le format réglementaire

Un soupçon de métaphysique

 

Pour la digestion des couleuvres

Et ça fonctionne, on applaudit

À sa propre humiliatition

 

Que faire et que penser ? C'est simple

Tout est écrit dans le lexique

Il serait vain d'improviser

 

Les nouveaux kits du bonheur et

De la réflexion profonde

Sont en vente dès maintenant

 

Et nos neurones sont soldées

Leur utilité est douteuse

Certes, mais en bruit de fond, ça passe ! 

 

 

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LE DÉFI DE LA LENTEUR

On nous gave comme des oies

De contrefaçons de rêves

Ceux-là pèsent lourdement

Et naufrageront ta barque

 

Ils sont évidés de sens

Mais lestés d'un plomb que l'on

Persiste à te faire accroire

Qu'un jour il muera en or

 

Les rêves authentiques ne sont

Hors mais dans l'Axe de Vie

Souple et puissante colonne

Vertébrale des dragons

 

Allègent et affinent l'âme

Plutôt que de la charger

D'incontrôlables désirs,

Sont voie plus que mouvement

 

Ils mûrissent et relèvent

Le défi de la lenteur ;

Leurs contrefaçons vont vite

Mais ne laissent que peu de traces

 

Et gangrènent lentement

Ton âme qu'elles amenuisent

Si tu les choisis, ton ombre

Divorcera de tes pas 

 

 

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LA PLUME D'UN GUERRIER DES MOTS

à Edmond Dante et Paul Mari



André Chenet est un activiste enragé de la poésie vivante, le genre de personne que l'on n'oublie pas une fois qu'on l'a rencontre. C'est également une plume des plus vives, avec un regard aiguisé sur le monde qui l'entoure. Il était donc parfaitement logique qu'il participe à l'aventure Insurrection Poétique ! Inéluctable également que je me produise à ses côtés et à ceux de l'immense Tristan Cabral dans son fief antibois (voir plus bas). Voici l'un de ses poèmes percutants. Beaucoup d'autres se trouvent sur l'indispensable Danger Poésie

http://poesiedanger.blogspot.com

 

 

je vous écris

dans la fureur

d'une nuit blessée 

à mort 

je vous écris du fond des cachots
d’un château palpitant d’enfance
ruisselant d’extase
saignant d’une écarlate lumière

je vous écris
sur les vagues du voyage
en suivant au plus près
le collier des rivages

je vous écris
environné de tambours
façonnés d’humaines peaux
entre les griffes véloces de la foudre

je vous écris
les cris de désespoir durcis

qui retombent
aux premières lueurs de l’amour

 

André Chenet

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DOMPTEUR DE CICATRICES

Je m'occupais en ces temps

D'un hara de cicatrices

Et fier de leur pédigrée

Louais chacune d'entre elles

 

Une blessure domptée

Est une noble monture

Source de joie et d'orgueil

On l'exhibe à la parade

 

Elle galope à perdre haleine

Sur les sentiers périlleux

Des créations sans entrave

Des mensonges imparables

 

Des alibis récurrents

Des âpres insurrections

Des libertés imprenables

Des vérités sans merci

 

Naturellement il faut

Maîtriser parfaitement

Sa monture car celle-ci

A une prédilection

 

Pour les gouffres et les abîmes

Ces mots et ces émotions

Qu'on ne rencontre plus guère

Que dans de très vieux poèmes

Mais n'en demeurent pas moins

Atrocement dangereux

 

Veiller à bien les nourrir

À défaut de quoi les plaies

Se referment comme des huîtres

Et ne vous écoutent plus

 

Ce fut, je l'avoue sans honte,

Une expérience intense

Mais qui me laissait parfois

Étrangement déprimé

 

Un jour j'en ai eu assez

J'ai ouvert les portes en grand

Laissant s'enfuir mes blessures …

Elles sont à qui saura les prendre ! 

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CA VA CHAUFFER À ANTIBES !

 

Ca va chauffer sévère du côté de Nice et d'Antibes, entre le 18 et le 20 de ce mois ! Secousses sismiques garanties, avec la présence de votre serviteur bien sûr, mais également de l'épatant André Chenet, poète remarquable et activiste inconditionnel de la poésie vivante

http://poesiedanger.blogspot.com

et de l'immense Tristan Cabral. Auquel s'ajoute le poète remarquable qu'est Dominique Corrieras.

http://domcorrieras.free.fr

Autrement dit une assemblée vivace de poètes en effervescence. Voici, pour vous allécher, le programme tel qu'il figure sur le blog Danger Poésie. Accrochez vos ceintures, ça va secouer sec !

 

 

Tristan Cabral
Le 18 octobre: "Autour de Tristan Cabral" à La Cave Romagnan, 22, rue d'Angleterre, O6000 Nice, à partir de 20h30. Tristan évoquera ses périples, ses amis poètes et son engagement poétique.
http://caveromagnan.free.fr/
Tel: 04.93.87.91.55

Le 19 octobre: "Poesia o Muerte"
à la Médiathèque d'Antibes, à 17h00.
Intransigeant, poète à l'écriture fascinante et hypnotique, Tristan Cabral occuppe une place particulière dans le paysage poétique contemporain. www.mediatheque-casa.fr/
Il lira des morceaux choisis de son oeuvre (une vintaine de recueils publiés à ce jour) ainsi que des inédits en cours de publication.
Soirée présentée par André Chenet. Avec la participation de Pascal Perrot, auteur du manifeste "Insurrection poétique!" et d'Angélique Aveillan, cantatrice.

Le 20 octobre: "Insurrection Poétique!"
TranArtcafé : 6, rue du Docteur Rostanvieille ville-06600 Antibes (http://perso.orange.fr/transartcafe/)
Pascal Perrot s'entretiendra avec Tristan Cabral, avant la sortie de son prochain recueil "Les morts m'ont tout appris" à la NRF. Lecture de nombreux textes inédits. Les spectateurs seront invités à participer à cet échange informel et fraternel.
Pour cette dernière soirée, le nombre des places étant limité à une cinquantaine, vous êtes priés de réserver au: tel/fax : 04 93 34 29 76 ou O6 61 24 69 64. Vous pouvez vous inscrire par mail: danger-poesie@orange.fr

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TRISTAN CABRAL ! (2)

Poète vital et charnel, engagé dans tous les combats, Tristan Cabral est au slam ce que Léo Ferré est à Pascal Obispo. J'eus la chance de le rencontrer, de l'inviter. Le plaisir inoui de le compter parmi les membres de Insurrection Poétique ! et celui, non moins puissant, de le présenter sous peu à la Médiathèque d'Antibes (voir plus haut). Voici deux textes, extraits du "Passeur de silence" (La Découverte) qui résonnent en moi comme une myriade de coups de tonnerre :

 

LE SOMNAMBULE

 je garde sous la peau mon costume de mort

avec à l'intérieur le long poignard de l'aube

j'entre dans un bal triste sous des lampes fanées

et je laisse sur l'eau des blessures insensées

 

je suis à bout de peau je fais métier d'absence

je descends dans le corps des oiseaux somnambules

j'éteins les ombres blanches sur le miroir des morts

et les couleurs ne tiennent plus sur les visages

 

je vous des chambres pâles dans une maison de vagues

je regarde un enfant qui ne sait rien de moi

et j'attends pour tomber qu'il m'appelle par mon nom

 

aux seuils des portes je vois des bracelets d'oiseaux

je vois dans les bûchers des émeutes de miroirs

et le même visage à toutes les fenêtres

 

DANS LA NUIT SURVIVANTE

 

j'apprends très lentement à vivre à ciel ouvert

j'enterre la face humaine sous des gangrènes d'or

et j'ai abandonné des tessons de soleil

dans la chair oubliée des hommes inutiles

 

dans la nuit survivante les hommes sont contagieux

il y a des fusils plus lourds que les épaules

j'ai vu tomber la neige grise des phalènes

et le corps maternel excisé sous les arbres

 

mais quand l'écorce enfin aura pitié de l'arbre

quand les oiseaux aveugles chanteront malgré tout

les vagues arriveront jusqu'aux maisons ardentes

 

alors nous irons seuls dans nos vêtements de pierre

nues sous leur peau les femmes allumeront l'aurore

et j'irai parmi vous comme un  crime qui revient

 

                                Tristan  Cabral 

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CONTRÔLE DES FRONTIÈRES

Dans mon sac des oiseaux sauvages

Féroces comme des dobermanns

Des libertés de rechange

Une enfance de secours

 

Des écrits criblés d'aurore

Avec un soupçon de foudre

 

Et les parfums décomposés

D'amours qui ont vécu leur temps

Le brouillard épais et froid

Des amnésies volontaires

 

Des révoltes prêtes à l'emploi

Et leur antidote pour briser

Les rebellions sans objet

Les vanités héroïques

 

Dans mon sac, un Arbre de Vie

Pour recréer si besoin est

Un monde en quelques minutes

Quand tout sera aboli 

 

Des nuits saccagées, souillées

Des élans vers la vie vraie

Pensez-vous vraiment que je puisse

Passer sans risque vos frontières ? 

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HONNEUR AUX BELGES !

 

Je voue à Otto Ganz, écrivain et poète bien plus que remarquable, et à Catherine Amatheu, plasticienne époustouflante, une totale admiration pour leurs puissantes créations.  Estime dont j'ai la chance qu'elle fût mutuelle, puisque tous deux participent à l'aventure Uppercut. Déjà co-créateurs d'un blog magnifique, ils poursuivent plus que jamais leur fertile collaboration à travers une exposition qui risque de faire du bruit. Avis aux habitants de la Belgique ! C'est à ne rater sous aucun prétexte :

67 RUE DE L’HOSPICE COMMUNAL - 1170 BRUXELLES - vendredi samedi et dimanche de 11 à 19 h et s/rendez - vs
DS GALERIE Tél. 02 675 83 80 - mail: dsgalerie@yahoo.fr
Sur le fil d’une aile de papillon, il arrive, pour qui est attentif à laisser le souffle porter les
signes, que l’on puisse distinguer des histoires… celle du papillon, certes, mais aussi celles des
landes et terres baignées de soleil qu’il a pu traverser. Le fil d’un battement d’aile de papillon…
un instant de l’éphémère fixé par deux créateurs qui ont décidé d’avancer ensemble.
Amathéü et Otto Ganz

 

http://amatheu.canalblog.com/


Créateurs belges nés en 1970. Ils ont grandi dans les campagnes puis rapetissé en milieux urbains avant de trouver refuge dans les vallées brabançonnes. Lauréate de plusieurs concours -
notamment prix du Hainaut, prix Hamesse, prix Médiatine - , la plasticienne Amathéü poursuit
depuis plus de dix ans une carrière qui la fait remarquer tant en Belgique - Musée Ianchelevici à La
Louvière, Boursière de la Fondation pour la Tapisserie à Tournai, expo en solo à l’ISELP Bruxelles -
qu’à l’étranger. Elle conçoit une oeuvre unique et intrigante. Un univers de force et de douceur qui
n’est pas éloigné de l’enluminure ou du travail de la dentellière, labeur de patiente intelligence.
Sur le fil d’une aile de papillon, l’artiste compose, non sans une touche d’érotisme,
de jeu et de sous-entendu poétiques, un imaginaire empli de vie, passant avec plaisir et bonheur
d’un champ d’expression à l’autre. Exploitant ou détournant les moyens techniques, c’est un
langage de transparence et de glacis qui se construit ici.
Otto Ganz, plasticien, écrivain et poète est l’auteur de romans et recueils de poésie publiés en
Belgique, en France et au Québec. Ses textes se sont fait remarquer par la logique affolée qui les
traverse, que le langage alimente autant qu’il dénude. Les mots et leur machine pensante y
grouillent, s’y triturent et s’enroulent autour des êtres pour en disséquer la conscience et ses petites
commodités. Pas une oeuvre dont un détail ne renvoie à un acte déterminant
d’un autre, de sorte que
tous les personnages habitent, sans le savoir, le même monde, labyrinthique. Ils y explorent leur
propre solitude, mais savent-ils l’attraction qui les pousse à se heurter les uns aux autres ?
Sur le fil d’une aile de papillon s’élabore un temps précis, déterminé, un instant ou
une graduation aux termes desquels quelque chose a basculé, quelqu’un est devenu autre, la
lumière a changé, le regard aussi. Sur le fil du battement d’aile d’un papillon, il y a cette durée
si nette qu’elle se traduit par un coup de semonce, de coeur ou de foudre, cet in extremis qui,
parfois, sauve.
Cette exposition, mêlant objets de verre et de métal, poupées métamorphosées,
photographies rehaussées à la peinture à l’huile et vidéos est ponctuée de panneaux
métalliques. Ces « écriteaux » sont autant de déclencheurs, de clés poétiques qui, ouvrant le
regard, renouvellent la signification de l’objet qui les côtoient.
Approche visible de cet invisible qu’est la signification toujours à former et à formuler...
Exposition du 19 octobre au 18 novembre 2007
DS GALERIE participe à St-Art du 23 au 26 novembre - Foire Internationale d’Art Contemporain de Strasbourg

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SCULPTEUR D'UTOPIES

Il nous faudra sédimenter

Accumuler couche sur couche

Strate sur strate d'utopie

 

Et de miracles en gésine

Avant que de pouvoir bâtir

Sur les marécages du présent

 

Marécages aux vases sans fond

Rivières de boue sans contours

Où l'âme inexorablement

 

S'enfonce jusqu'à la négation

Rendre habitables nos vertiges

Équilibrer nos paradoxes 

 

Tels des arceaux de cathédrale

Dont la clé de voûte est silence,

Ce qui ne se dit que par l'acte

 

Nous nous sommes complus à voir

Le bonheur comme un antidote

À la vie, une dépendance

 

Non comme vif, ardent, instable

À féconder chaque seconde

Et cette erreur nous égara

 

Il nous faudra sculpter nos rêves

En essentiels instants du souffle

Que l'espace ne les brise pas

 

Tant à faire pour résister

À la corruption de l'inerte

Quand furieusement travesti

 

Il contrefait à s'y méprendre

Ce qui en un quelque autrefois

Était notre raison de vivre

 

Il faut taire notre fatigue

Nous armer de nouveaux courages

Et défricher sans nous lasser

 

Dans le salutaire refus

De ce qui disloque l'humain

En pannonceaux publicitaires 

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VERS LA BEAUTÉ DE LA VIE

Nous cherchons l'accès, l'issue
Vers la beauté de la vie ;
Une porte s'ouvre dans la nuit,
Se clôt sitôt qu'entrevue
L'esquisse d'un paradis …

Du brouillard et des brouillons
De cela qui devait être,
Ce qu'en nous nous ressentons
Tous ces mondes encore à naître
C'est ce que nous y gagnons

Mais rien que le cœur saisisse
Et rien qui nourrisse l'âme
Quelques miettes de solstice
Alors que tout nous affame
Et que sur tout nos mains glissent …

Ce que l'on sent est immense
Et ce qu'on vit si petit
Et autour des géants danse
Tout un peuple de fourmis

Paradis originel
Qui croît dans nos âmes inquiètes …
Etre en quête de ce ciel,
Que rien ici ne reflète,
Vers qui tout nous interpelle

Nous use, nous broie, nous fatigue.
Non, nous ne réclamons pas
Ces honneurs que chacun brigue
Etre vivants nous suffira,
Tels le sang qui nous irrigue !

Oh ! Nous contenter de marcher
Sur la terre nous a remplis
Un moment de gestes et d'idées
Mais à présent cela suffit
Et nous voulons nous élever

Juste à la hauteur de nous mêmes,
Ne plus ramper, ne plus croupir
Dans les prisons de l'anathème
Où l'on enferme nos désirs
Récolter ce que l'âme sème

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LE RESSAC DE NOS LARMES

Couturés par le silence
Quand on eût voulu crier ,
Eblouis par le vacarme
Lorsque nous voulions nier
Jusqu'au ressac de nos larmes
Sur les îles de l'absence

Quand nous voulions que la terre
Elle même devint muette,
Résorbés par le néant …
Oh ! Cette douleur inquiète
Dans nos ventres, comme un enfant,
Qui nous brusque dans nos chairs,

Quand cessera-t-elle enfin ?
Quand viendra la grande paix ,
La sérénité des astres ?
Tout est si lourd à porter …
Cette hargne qui nous castre,
A n'en pouvoir dire nos faims …








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UN ANGE ENTRÉ PAR EFFRACTION

Inconcevable grain de sable
Irreproductible en laboratoire
Bifurcation sans précédent
Échappant à toute nomenclature

L'impossible soudain surgit
Aile d'un ange entré par effraction
Lissant mon visage blessé
Comme une fleur à l'envers des déchirures

Vers toi, remontant les courants
Et les eaux tumultueuses du non-être
Comme j'aspire à ta caresse    
À ta peau contre ma peau, mon soleil

Te donner les trésors cachés
Engrangés dans le fond des solitudes
Un peu du bonheur interdit
Dont toi et moi avions rêvé peut-être

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L'ENFER DES NORMES À VENIR

N'attendez pas de la Marge

Plus qu'elle ne peut vous offir

Elle ne fait souvent que fixer

L'enfer des normes à venir

 

Barbelée de certitudes

Rigoureuse et ordonnée

Comme un jardin à la Mansart

Elle expulse les esprits libres

 

La Marge sera terrible

Quand elle deviendra pouvoir

C'est de la chaotique ortie

Du charbon désapprivoisé

 

Du violon désaccordé

Du fouillis des dissonnances

Du désordre de l'incertain

Des linges mal essorés du doute

 

Que naîtront, intenses et vraies

De nouvelles cohérences

Des arts turbulents, embrasés

Des pensées absoutes de chaînes

 

Quand la marge tant prisée

Ne voit jamais émerger

Que des conformismes inédits

De nouvelles saveurs au Rien

 

Inverser l'ordre du monde

Modifie son apparence

L'oppression change de visage

La dépossession de soi 

 

Demeure, elle, identique ;

La voie de la liberté

N'offre ni confort ni repos

Ni consolation des justes

 

Aussi nous ne l'empruntons

Qu'en tout dernier recours

Par impuissance à adopter

Quelque apaisante marge en vogue 

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QUE NOUS RESTE-T-IL À TRANSMETTRE ?

Nul ne connaît le portable de Dieu

Depuis qu'ils ont le visiophone

Les anges se détournent de l'Homme

 

Ne voyez dans ces considérations

Nulle image métaphorique

Mais bien des faits irréfutables

 

Tant de moyens de communication

Et si peu à communiquer … 

Que transmettre hors nos désarrois

 

D'un monde qui change plus vite que nous

Nos solitudes imperméables

À l'amour, à la compassion

 

Le doigt de feu du Diable à nos fenêtres

Et sa voix qui chante en nos cœurs

Jusqu'à s'identifier à eux ?

 

Nous tentons de combler le vide obscène

Entre nos rêves et le Monde

Mais la plaie demeure béante

 

Il nous faudrait retourner au silence

Pour réhabiter notre voix

Mais en avons-nous le courage ? 

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