JUDAS DE NOS MIROIRS
Pour que je puisse naître, il faut que l'un de vous
Entre en la peau du traître ; et l'opprobre et la boue
Fermeront sur son nom les verroux de la haine
Car le plus grand des dons est celui qui n'entraîne
Ni gloire ni renom, mais misère et géhenne !"
Et par amour Judas fut maudit à jamais
Et jusque sur la croix fut le double secret
Du soi disant Messie, endossant la défroque
De blessures et de nuit, fut celui que l'on hait
Que l'on moque en secret pour l'amour de l'ami
Judas de nos miroirs, sans jamais être Christs
Mémoire au laminoire, ideaux en calices
Vidés dans l'urinoir
Sans grandeur, sans éclat, nous, nous trahissons nos rêves
Nos religions sans foi dont chaque être humain crève :
Ultralibéralisme, matérialisme aigu
Minables despotismes pourrêveurs exigus
Engendrent armes concrètes, vives intolérances ;
Chaque jour on décrète inaptes à l'existence
Des civilisations entières qui refusent
Que le chiffre-étalon les domine et récusent
Que la valeur d'un homme se résume à son taux
De rendement en somme, que son cœur et sa peau
Valent moins que l'atome d'un silence sans écho
Judas ! Judas ! judas ! De nous même les traîtres
Èt le Christ et la croix, pour l'avoir tuant l'être
Nous sacrifiant pour rien aux idéaux banquaires
Libéralisme vain pour nains atrabilaires …
À chacun les religions qu'il mérite !
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Mardi 23 Octobre 2007 à 18:19 GMT+2 dans POÈMES POLITIQUEMENT INCORRECTS (article, RSS)





