insurrectionpoetique !

VOEUX

À ceux et celles qui suivent ce blog depuis ses débuts

À ceux et celles qui y atterrissent par hasard et y reviennent

À ceux et celles qui m'honorent de lumineux commentaires

À ceux et celles qui n'osent pas

Je souhaite une année 2008 riche en surprises, en découvertes, en émerveillements … 

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LES MARCHÉS NOIRS DE LA RIME

Les marchands de métaphores

Ne vendent plus à crédit

Aux poètes indigents

 

Depuis que d'autres marchés

Plus porteurs se sont ouverts

À leurs boulimies voraces

 

Publicitaires florissants

Recherchant un packaging

Séduisant pour fins du monde

Avides de paraboles

Et d'images d'exception

 

L'alexandrin, les phrasés,

Les paraboles font vendre

Et consommer à tout vat

 

Et les révolutionnaires

Sont en recherche constante

De mots comme des coups de fouet

 

De phrases hautement symboliques

De slogans incandescents …

Financés dans bien des cas

 

Par ceux-là des oppresseurs

Désirant changer la donne …

Qu'importe, puisqu'ils paient cash !

 

Dès lors, il ne reste plus

Aux poètes qu'à écumer

- Et ce, à l'insu de tous-

 

Les marchés noirs de la rime

Les abattoirs clandestins

Des métaphores avariées

 

Qu'à chercher dans les montagnes

Des mines inexploitées …

Rude labeur auquel plus d'un

 

S'épuise sans bénéfices !

Reste, bien sûr, l'inspiration,

L'imagination : ces vertus

 

Sont par trop aléatoires

Cependant pour que l'on fonde

Sur elles le socle d'une œuvre

 

Aussi, la plupart dédaignent

Cette voie jugée sans issue

D'un simple haussement d'épaules … 

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NI GRAND MÉNAGE, NI GRAND SOIR ...

Mégots de rêves écrasés

En vrac au fond des cendriers

À peine embrasés, consumés

Qu'éteints par crainte du scandale 

 

Poussières d'idéaux en volutes

Autour des meubles froids et nus

De nos défaites improvisant

Des ballets dodécaphoniques

 

Et cette buée sur la vitre

D'élans du cœur décomposés

Dont nul aseptisant n'a pu

Tout à fait effacer la trace

 

Aucun Grand Ménage ni Grand Soir

N'ont pu nettoyer l'intérieur

De l'irréductible cerveau …

Des araignées tissent leur toile

 

Au milieu de nos vies high tech

Évidées de toute substance ;

Ni la grâce, ni le salut

Ni nos transcendances barbares

 

Pas même nos songes encombrants

N'ont pu être pulvérisés …

Énigme de la survivance

Du Moi au delà de sa fin 

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QUESTION D'HYGIÈNE MENTALE

Changer d'idées et de peaux

Aussi souvent que possible

Question d'hygiène mentale

 

L'idée la plus généreuse

La plus propice à sauver

Nos chairs perclues de questions

 

- Accessoirement nos ames-

Se révélera toxique

Si tel est l'unique filtre

 

Pour tamiser le réel

- à défaut de le comprendre- ;

Toute dualité repose

 

Sur un socle de charniers

Et arbore fièrement

Ses vérités révélées

 

La complexité du monde

Ne saurait se résumer

En unique perspective

 

Clamée indéracinable …

Dense, multiple, foisonnante

Elle défie nos analyses 

 

Changer d'idées et de peaux

Aussi souvent que possible

Question d'hygiène mentale

 

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DANGEREUSES ÉPICES

Pour que nos vies mijotent à feu doux

Il les faut entièrement désosser

Geler le feu de nos pulsions vitales

- La flamme devient acérée et friable-

 

Mettre sous le boisseau nos cruautés

Déserter la tentation transcendante

Vibrer sur des mélodies monocordes

Bruits flasques de viandes tranchées sur le billot

 

Se méfier des poètes et philosophes

Qui jetteraient leurs dangereuses épices

À peine leur auriez-vous tourné le dos

Dans le brouet rassurant du mutisme

 

La cécité à la douleur des autres

Est optionnelle, mais non sans importance

Elle préserve de l'ajout imprévu

D'une utopie, d'une pensée rebelle

 

Bien sûr, l'intranquillité est ferment

Des saveurs qui vous déracinent l'âme

Et des violentes fièvres du combat

Qui visent à donner chair aux miracles

 

Mais pourriez-vous affronter la morsure

De leurs fragrances empoisonnées, maudites ?

Rien n'est moins sûr, ne vous y risquez pas ! 

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PLACE DES LUMIÈRES MORTES

Je ne suis qu'une puce sur le dos d'une sphère
Rien qu'un vieux cordon ombilical déglingué
Et pourtant je dis "tu es le sel de la terre,
La seule qui pour moi fût digne d'être aimée"

Les rêves s'entrechoquent en fracas de silex
Le nôtre fut mille fois détruit et resemé
Et chaque fois griffa le noyau des vortex
Croissant jusqu'aux novas, sa sève déployée

L'horloge des futurs fixa son rendez-vous
Entre nos ADN place des lumières mortes
Nous y avons dansé jusqu'à l'aube des fous
Mais des soleils masqués nous avaient fait escorte

J'ai ton nom talisman encré dans ma mémoire
Avec la plume d'une étoile métaphore
Il est comme un blason qui signe notre histoire
Comme un nageur mythique qui nage à contre-mort

 
           

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DÉTOURNEMENTS DE LANGAGES

Nous n'avons pas encore mesuré à quel point

Toute contrainte, toute oppression nouvelle 

- Si tant est qu'une oppression puisse l'etre,

Visage relifté de nos vieux jougs-

 

Passait par la perversion du langage

Détournement sémantique du sens

Nous cautionnons ou feignons d'ignorer

Que la déviation n'a  rien d'anodin

 

La mise en place de nouveaux sacrifices

De sacrilèges à notre identité

Nait dans la déforestation des mots

Se prolonge par le décompte des morts

 

Bluffés par des langages étincellants

Dont nous ne savons saisir les nuances

Nous sommes désarçonnés de nos vies ,

Comprendre la sémiologie ennemie

 

Pour démembrer ses argumentations

Avant que d'une phrase indéchiffrable

Ne s'écoule une nappe de cadavres …

De cette tâche dépend notre survie

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UNE SPHÈRE ÉPHÉMÈRE ET FRÊLE

Qu'est-ce que je cherche à regarder
Au delà de tout ce fatras
D'images et de mouvements ?

Une silhouette entraperçue
Dont je ne parviens pas encore
À délimiter les contours

Je n'aperçois pas mon visage
Dans ces entrelacs incessants
D'amours, de haines et d'envies

Une fatigue polymorphe
Entrave le désir de croître
- Faux miracles et vraies défaits-

Et sans savoir où va la route
J'y pose sans trembler mes pas
Avançant vers l'inéluctable

Demeurera-t-il une trace
Du désordre confus des mots
Où je justifie ma présence ?

Ou bien n'est-il, en fin de compte,
Qu'une sphère éphémère et frêle
Qui me préserve du néant ?

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LES DONS DE LA TERRE

La liberté enfin, voici la liberté ,
Avec ses fenêtres de feu
Taillées à même la poitrine !

Femme, fleuve des origine,
Si son don n'ouvre pas mes vœux
Son don n'est rien, rien qui vaille d'être gardé,

Car, sur la terre sèche, sans l'eau vive d'aimer
Que m'est l'absence de mesures ?
Que m'est l'absence de prison ?

C'est au centre de son prénom
Que je me veux libre de murs
Pour me mouvoir en cet espace de clarté.

La vérité enfin, voici la vérité !
Avec ses fenêtres ouvertes
Dans la beauté qui nous enclôt ;

Ta chair a ma chair pour manteau
Et je vais à ta découverte
Non conquérant, mais simple enfant émerveillé

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HYMNE À LA MER

Je surgirai d'un promontoire
Et, saluant mes frères poissons,
J'embrasserai le fouet d'écume
Sur les épaules de l'été !

Océan, ma vive mémoire !
Livre sans cesse en reconstruction !
Chapitres de sel où s'allument
Les yeux de ton éternité,

Je m'offre à ton cri végétal
Fait de nuit et de goémons,
Et le péril de ton ressac
M'emporte au plus loin de moi même

Élevant sous le front des algues
Ton exigence, ton cœur, ta peau,
Rebelle jusqu'au creux de l'acte
A la compromission des hommes

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ETOILES LIBRES DANS L'ESPACE

Retrouver notre dignité
D'étoiles libres dans l'espace
Partir en quête de notre essence
A travers l'esprit et les sens
Étroitement conjugués
Trouver notre axe, notre place

Et désarmer le quotidien
D'un élan de pure magie
Jeté à la face des faits
Faire de nos rêves des chants concrets
Imposant aux ombres meurtries
La lumière d'un but atteint

Que politique et religion
S'en retournent dans leurs musées ;
Et que leurs armures rouillées
S'écroulent en notre humanité
Dans sa puissance révélée …
L'innocence consume nos poisons

Il est bout du labyrinthe
Cette lumière de nous mêmes
Dans son expression la plus forte
Il suffirait d'ouvrir la porte,
Récolter ce que l'amour sème
Rallumer les flammes éteintes

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THÉORÈMES INVÉRIFIABLES

Qui pourrait encore prétendre

Que l'ultra-libéralisme

L'économie de marché

Ne sont pas des religions ?

 

Multipliant à l'envi

Leurs mantras lobotomiques

Qui persuadent que leurs dogmes

Sont les seuls champs du réel

 

D'un prosélytisme extrême

Cherchant jusqu'à la furie

L'infime morceau d'espace

Vierge de ses prédations

 

S'étend leur empire fondé

Sur l'unique base de

Théorèmes invérifiables

 

Si puissant qu'il nous inclut

Nous entrave et nous aliène

Et qu'il devient impossible

De simplement penser HORS

 

Que refuser de prier

Ces dieux de ruines et de cendres

C'est encore malgré tout leur

Concéder une existence

 

Sessions, scissions, violences

Schismes, conciles, conciliabules

Bulles édictées par ses papes

Croisades contre les infidèles

 

Viennent s'inscrire dans son histoire

Et les cadavres accumulés

Montrent bien ce qu'il faut penser

De leur prétention à vouloir

 

Être voie de Raison, de Bonheur …

C'est de la sophistication

La complexité des rouages

De la Machine que résulte

 

Notre grâce et notre salut ;

C'est là qu'est sa fragilité …

Quand les mécanismes s'enrayent

Nous en profitons pour batir

 

D'autres espaces, d'autres temps

Y élaborant les assises

Les fondations des mondes à naître,

Modifions la couleur des cartes

 

Décalant juste leur nuances

Pour les rendre inutilisables

Nous avortons les incendies

Nous éjaculons des prodiges

 

Changements presqu'imperceptibles

Qui ne nous vaudront ni l'amour

Ni la haine qu'aurait engendré

Quelque action plus spectaculaire

 

Mais suffisants pour que par touches

Successives le monde soit autre

Et que toute chose connue

Soit frappée d'invalidité 

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CHERCHANT VOS TRANSPARENCES ...

Des valises pleines de regards

D'autres remplies de points de vue

J'arpente les quais sinueux

En attente de ce train qui

Conduira mon âme à vos âmes

 

Je veux multiplier les angles

Sous lesquels observer cela

Qui constitue vos carapaces

Me dépouiller de mon savoir

Des limites du ressenti

 

Et voir avec vos yeux le monde

Changer de visage à mon gré

En quête de la lumière qui

Vous révélera au plus vif

Dans votre dimension sacrée

 

Car avant de vous percevoir

Il me faudra accumuler

Une multitude de filtres ;

Je sais que votre transparence

Ne s'offrira pas sans obstacles

 

Qu'avez-vous à offrir au monde ?

Où est cette part intangible

En votre être du don ébloui ?

Elle est là, sous vos plis de gaine,

Les rires amers de vos regrets,

 

Les sombres rides de l'infortune,

Cette étincelle inexpugnable

Qui fait chaque humain mitoyen

Dans la rumeur mùiraculeuse

D'une croissance exponentielle 

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LES TRIBUS NOMADES DES MOTS

J'avoue ne m'être reconnu

Dans aucun des visages que l'on me proposait

Chacun m'apparut blasphématoire, hérétique

En regard des destins amples à l'orée du vent

 

Et j'ai désassemblé le monde

Qu'on donnait en partage à mes faims carnassières

Pour tenter de créer un autre paysage

Où ma démesure même aurait sa raison d'être

 

Et je creusais sous le réel

De mes mains affamées de mortelles tendresses

Un boyau de chair vive en direction du sang

Qui balafrait mes rêves, excavait mes désirs

 

Un jour, mes peuples grandiront

Sous l'ossature même des paradis concrets

Sous votre peau, sous vos pensées, en extension

Sous la chair desquamée de vos univers morts

 

Les tribus nomades de mots

Décodent, déverrouillent les brouillards hermétiques 

Où nous sommes enclos sans le moindre recours

 

Elles feront croître en silence

La déraison des fleuves, la sagesse des arbres

Et les fleurs incendiaires de nos métamorphoses

D'où jaillira le feu de nos identités 

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L'ÉPAISSEUR DES CHOSES

                      


Qui se risque dans la profondeur
Et dans l'épaisseur des choses
Se met en danger d'exister …
Le prix d'être? À définir …

Vous voulez l'espace intérieur,
L'amour, les métamorphoses
Reniant le prix à payer
Sans même oser devenir …

Le médiocre vous insupporte
Mais cet élan majestueux
Au risque de vous écorcher,
Ce plongeon vers la lumière
- Ou vers les ténèbres, qu'importe !-,
L'absence d'audace vous rend creux
Et jamais vous ne l'oserez
Craignant  d'y perdre vos repères …

Alors, restez dans vos cocons,
Vos surfaces éphémères
Où vos bulles font tant de bruit :
Pour vous, cette rumeur est Vie !
Vous êtes sans poids, sans passion,
Emprisonnés dans vos chairs,
Incarcérés dans votre nuit …
Vos plaintes seront sans fruits

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CE VENT-LÀ...

Pas besoin d'avoir fait des cours d'architecture

Pour voir que ce vent-là n'est pas très catholique

Il méprise la courbe ainsi que l'angle droit

Invente des géométries inconfortables

 

Il porte des oiseaux aux ailes concupiscentes

Les statues ébahies d'amours irresponsables

Dans ses veines circule une étrange parole

Faite de joie et de colère entremêlées

 

Ce vent-là mélange nos dérisoires limites

Les bat, les remélange et les redistibue ;

Nos certitudes et nos mécaniques combats

Nos soleils morts et nos convictions organiques

 

Connaissent un sort semblable. Tout se réorganise

Au caprice du vent qui nous reconfigure

Il y a tout à apprendre pourtant de ce vent-là

Qui soulève les rideaux de nos piètres coulisses

 

Qui bouleverse le désordre des apparences

Il suffirait que nous nous laissions balayer

Pris dans sa main puissante aux phalanges de nuages

Il suffirait que nous nous laissions emporter …

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C'EST UN HOMME SIMPLEMENT



C'est un homme simplement,
Qui ne peut plus devenir
Et qui n'a plus d'avenir,
Qui a froid dans le présent ;

Et le vent vient le farder
D'écume et d'oiseaux sauvages ;
Il n'a plus que son visage
Pour crier ou pour aimer !

Fermant ses mains sur son cœur,
Il regarde le passé,
Fleuve qu'il a traversé …
Mais c'est loin … et il a peur !

Il ne peut plus avancer
Et ne peut plus devenir ;
C'est au feu de son désir
Qu'il réchauffe ses doigts gelés !

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COMME UNE PETITE FOURMI





Je remonte le long de ton sang
Comme une petite fourmi …
Vivant ! Vivant ! Je suis vivant !
C'est la fontaine de mon cri
Qui coule sur ton cœur dansant

Rien ne pourra plus m'arrêter,
Ni tes veines, ni tes artères,
Ni cet amant qui fait le gué
Face à ma folie roturière …
Chaque poème est mon guerrier

Je vais, bizarre et chaotique,
Je parcours tes terres écarlates,
Gagnant, par cercles concentriques,
Ton cœur qui doucement se dilate
À mes sonorités magiques

J'instaure, impérieux souverain,
Un cantique dans tes veinules
Et une épopée sous tes seins,
Pris dans l'étoile-tarentule
Et de ma bouche, et de mes mains

Plus tu me pousses, gestes brusques,
Plus je m'enfonce en tes entrailles,
Plus tu crois que tu me débusques
Plus je pénètre dans tes failles
Mais ne veux que tu t'en offusques


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