THÉORÈMES INVÉRIFIABLES
Qui pourrait encore prétendre
Que l'ultra-libéralisme
L'économie de marché
Ne sont pas des religions ?
Multipliant à l'envi
Leurs mantras lobotomiques
Qui persuadent que leurs dogmes
Sont les seuls champs du réel
D'un prosélytisme extrême
Cherchant jusqu'à la furie
L'infime morceau d'espace
Vierge de ses prédations
S'étend leur empire fondé
Sur l'unique base de
Théorèmes invérifiables
Si puissant qu'il nous inclut
Nous entrave et nous aliène
Et qu'il devient impossible
De simplement penser HORS
Que refuser de prier
Ces dieux de ruines et de cendres
C'est encore malgré tout leur
Concéder une existence
Sessions, scissions, violences
Schismes, conciles, conciliabules
Bulles édictées par ses papes
Croisades contre les infidèles
Viennent s'inscrire dans son histoire
Et les cadavres accumulés
Montrent bien ce qu'il faut penser
De leur prétention à vouloir
Être voie de Raison, de Bonheur …
C'est de la sophistication
La complexité des rouages
De la Machine que résulte
Notre grâce et notre salut ;
C'est là qu'est sa fragilité …
Quand les mécanismes s'enrayent
Nous en profitons pour batir
D'autres espaces, d'autres temps
Y élaborant les assises
Les fondations des mondes à naître,
Modifions la couleur des cartes
Décalant juste leur nuances
Pour les rendre inutilisables
Nous avortons les incendies
Nous éjaculons des prodiges
Changements presqu'imperceptibles
Qui ne nous vaudront ni l'amour
Ni la haine qu'aurait engendré
Quelque action plus spectaculaire
Mais suffisants pour que par touches
Successives le monde soit autre
Et que toute chose connue
Soit frappée d'invalidité
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Mardi 11 Decembre 2007 à 14:11 GMT+2 dans POÈMES POLITIQUEMENT INCORRECTS (article, RSS)





