LES MARCHÉS NOIRS DE LA RIME
Les marchands de métaphores
Ne vendent plus à crédit
Aux poètes indigents
Depuis que d'autres marchés
Plus porteurs se sont ouverts
À leurs boulimies voraces
Publicitaires florissants
Recherchant un packaging
Séduisant pour fins du monde
Avides de paraboles
Et d'images d'exception
L'alexandrin, les phrasés,
Les paraboles font vendre
Et consommer à tout vat
Et les révolutionnaires
Sont en recherche constante
De mots comme des coups de fouet
De phrases hautement symboliques
De slogans incandescents …
Financés dans bien des cas
Par ceux-là des oppresseurs
Désirant changer la donne …
Qu'importe, puisqu'ils paient cash !
Dès lors, il ne reste plus
Aux poètes qu'à écumer
- Et ce, à l'insu de tous-
Les marchés noirs de la rime
Les abattoirs clandestins
Des métaphores avariées
Qu'à chercher dans les montagnes
Des mines inexploitées …
Rude labeur auquel plus d'un
S'épuise sans bénéfices !
Reste, bien sûr, l'inspiration,
L'imagination : ces vertus
Sont par trop aléatoires
Cependant pour que l'on fonde
Sur elles le socle d'une œuvre
Aussi, la plupart dédaignent
Cette voie jugée sans issue
D'un simple haussement d'épaules …
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Mercredi 26 Decembre 2007 à 15:53 GMT+2 dans ÉCRIRE, DIT-IL … (article, RSS)





