LE CIEL À PLEINES LÈVRES
Un morceau de ténèbres est fiché dans mes reins
Comme une écharde noire, une balle perdue
Je ressens sa présence même au cœur du bonheur
Il me laisse cependant jouir d'une paix relative
Mais à l'heure des grands cyclones émotionnels
Quand la honte et le doute et l'ordure s'interposent
Entre mes désirs, mes faims et mon âme instable
Elle remue, comme l'aiguille de l'horloge des morts
Elle joue des moindres failles de mon sang, de mes songes
Bascule dans mes veines tout le poids des absences
Et de ce bain de nuit, ni brisé ni intact
Je ressors chaque fois en éveil, en combat
Quand une part décline, telle autre se renforce
Un autre moi nait de ce chaos de viscères
Étreint à bras le corps de ferventes utopies
Et porte les miroirs au point d'incandescence
Je ne suis dupe ni du bleu ni de l'obscur
Ni des forces de vie, ni des pulsions de mort
Et dans leurs flux contraires puise une identité
Comme des poupées russes elles s'interpénètrent
Un morceau de ténèbres est fiché dans mes reins
Mais j'aspire le ciel toujours à pleines lèvres
Après avoir séjourné dans les souterrains
J'esquisse un avenir dans les plis du silence
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Samedi 12 Avr 2008 à 16:00 GMT+2 dans UN PEU DE MOI … (article, RSS)





