TROIS POÈMES INÉDITS D'ANDRÉ-LOUIS ALIAMET
Par absence de diffusion conséquente, la poésie actuelle est totalement méconnue de ceux-là même qui seraient en mesure de l'apprécier. Par delà les maitres avérés (encore ceux-ci ne sont-ils le plus souvent connus que des assidus de poésie), loin des champions de la poésie de laboratoire, à mille lieues cependant du vers mirlitonesque, on nous dissimule des merveilles. Pour découvrir ces petits maîtres de la langue, il faut fouiner, fouiller, écumer les librairies et, il faut le dire, faire un sérieux tri. André-Louis Aliamet est un poète d'importance. La preuve en trois courts poèmes inédits.
L'heure trop brève pour mûrir jamais,
forêt obscure sous d'obscures floraisons,
entre deux miroirs multiplie nos vices,
les reçoit comme de fraîches cicatrices,
quand un collier de larmes pour Salomé,
donné pour leurre à ses anges-démons,
change en spectre un sourire sans âge
sous les arabesques d'un nouveau langage,
la dentelle de sa danse virant sur place
comme une aile creuse tout l'espace.
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Lieux d'être et de non-être, lieux
où tout se brise se berce, déliée des nuages
lieux où nos rêves vont s'usant
frôlant l'herbe dans sa magie de lucioles :
sans s'essouffler un jour rapide étend ses ailes,
mon corps s'y déploie, leur vol me dirige,
chaque fenêtre s'ouvre aux limites de l'air.
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Ville pleine d'oiseaux, sinueuse
sur ses pentes, draps qu'on étend
comme un fleuve déplie ses voiles,
films à l'affiche, bazars, réclames,
corps placardés sous l'œil des néons,
combien de matricules
inscrits sous vos traits ?
Sommes-nous chaîne de visages
entre deux murs adverses, propageant
des cris le long des façades ?
Inclinée vers l'ouest
la ville ferme ses volets.
Les lampes sont soufflées, au dos
des miroirs on rafraîchit ses ombres :
leurs reflets sont nos spectres
Par PASCAL PERROT insurrectionpoetique, Lundi 21 Avr 2008 à 14:58 GMT+2 dans HOMMAGE AUX VIVANTS ! (article, RSS)





