insurrectionpoetique !

ARMÉS DE SABRES DE FLANELLE

Nous avons noué aux cordages

Nos voilures de déraison

De désinvolture sagace

Nos barbares mélancolies

 

Nous avons lesté nos vaisseaux

De souvenirs infréquentables

Puis avons largué les amarres

Vers la transparence d'une île

 

Vers cet atome originel

Dont tout naquit par expansion

Scission de l'Un en multiples

Ramifications du probable

 

Y tendre sans pourtant l'atteindre

Grandit et fortifia nos âmes

Imprévisibles flibustiers

Nous écumons les mers des songes

 

Armés de sabres de flanelle

Nous pillons les mondes érigés

Sur des mensonges dialectiques

Dans nos cales, l'or des utopies 

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VOEUX

À ceux et celles qui suivent ce blog depuis ses débuts

À ceux et celles qui y atterrissent par hasard et y reviennent

À ceux et celles qui m'honorent de lumineux commentaires

À ceux et celles qui n'osent pas

Je souhaite une année 2008 riche en surprises, en découvertes, en émerveillements … 

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HYMNE À LA MER

Je surgirai d'un promontoire
Et, saluant mes frères poissons,
J'embrasserai le fouet d'écume
Sur les épaules de l'été !

Océan, ma vive mémoire !
Livre sans cesse en reconstruction !
Chapitres de sel où s'allument
Les yeux de ton éternité,

Je m'offre à ton cri végétal
Fait de nuit et de goémons,
Et le péril de ton ressac
M'emporte au plus loin de moi même

Élevant sous le front des algues
Ton exigence, ton cœur, ta peau,
Rebelle jusqu'au creux de l'acte
A la compromission des hommes

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CE VENT-LÀ...

Pas besoin d'avoir fait des cours d'architecture

Pour voir que ce vent-là n'est pas très catholique

Il méprise la courbe ainsi que l'angle droit

Invente des géométries inconfortables

 

Il porte des oiseaux aux ailes concupiscentes

Les statues ébahies d'amours irresponsables

Dans ses veines circule une étrange parole

Faite de joie et de colère entremêlées

 

Ce vent-là mélange nos dérisoires limites

Les bat, les remélange et les redistibue ;

Nos certitudes et nos mécaniques combats

Nos soleils morts et nos convictions organiques

 

Connaissent un sort semblable. Tout se réorganise

Au caprice du vent qui nous reconfigure

Il y a tout à apprendre pourtant de ce vent-là

Qui soulève les rideaux de nos piètres coulisses

 

Qui bouleverse le désordre des apparences

Il suffirait que nous nous laissions balayer

Pris dans sa main puissante aux phalanges de nuages

Il suffirait que nous nous laissions emporter …

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NOUS, FANTÔMES OBSOLÈTES AÉRODYNAMIQUES ...

Nos âmes sont damnées, nos vélos sont rouillés

Nos possessions déjà parlent une langue morte

J'avais un paradis à portée de l'aorte

Plus rien, que des ressorts brisés, amoncellés

 

Nos stratégies en poche, le nez dans le guidon

Nous fonçons vers des buts à nous même inconnus

Les flammes corrosives et les fleuves en crue

Nos roues s'en affranchissent et bravent les démons

 

Nos oreillers défient les nuits cyclothymiques

Nos muscles ont avalé le mutisme des heures

La fièvre de hanter absorbe nos sueurs

Nous, fantômes obsolètes, aérodynamiques 

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DOMPTEUR DE CICATRICES

Je m'occupais en ces temps

D'un hara de cicatrices

Et fier de leur pédigrée

Louais chacune d'entre elles

 

Une blessure domptée

Est une noble monture

Source de joie et d'orgueil

On l'exhibe à la parade

 

Elle galope à perdre haleine

Sur les sentiers périlleux

Des créations sans entrave

Des mensonges imparables

 

Des alibis récurrents

Des âpres insurrections

Des libertés imprenables

Des vérités sans merci

 

Naturellement il faut

Maîtriser parfaitement

Sa monture car celle-ci

A une prédilection

 

Pour les gouffres et les abîmes

Ces mots et ces émotions

Qu'on ne rencontre plus guère

Que dans de très vieux poèmes

Mais n'en demeurent pas moins

Atrocement dangereux

 

Veiller à bien les nourrir

À défaut de quoi les plaies

Se referment comme des huîtres

Et ne vous écoutent plus

 

Ce fut, je l'avoue sans honte,

Une expérience intense

Mais qui me laissait parfois

Étrangement déprimé

 

Un jour j'en ai eu assez

J'ai ouvert les portes en grand

Laissant s'enfuir mes blessures …

Elles sont à qui saura les prendre ! 

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SUR LA ROUTE DU MALHEUR

Sur la route du malheur,
Trois enfants marchaient de front ;
L'une n'avait pas de nom,
La seconde pas de cœur,
La troisième pas d'illusions ;

Des falaises les bordaient,
Comme borderait leur lit
La nourrice du secret
Aux mains blanches de folie,
Aux mains pâles de regert .

Leur âme s'ouvre dans les branches,
Leurs lèvres assechées de feu
Boivent le vent qui se penche
Au chevet de leurs aveux,
Dans le creuset des nuits blanches ;

A l'horizon de l'espoir,
Rien qui se lève ou se couche,
Loin, là bas, dans la mémoire,
Une femme ouvre la bouche
Et raconte leur histoire …

Peu de chose les retient
De tomber à chaque pas ,
Ils se tiennent par la main
Et n'écartent pas les bras ;
Ils connaissent le chemin …

Les guerriers de la folie
Ont épargné leur visage,
Mais leur cœur est défleuri,
Dans l'attente d'un passage,
Ouvert en la longue nuit !

Ils marchent, insensibles à tout,
Ils s'absentent de leurs rêves ;
Ils marcheront jusqu'au bout
Sur la route qui les soulève
Et dont ils ignorent tout

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CHOSES ÉTRANGES DE LA NUIT

J'entre dans un bar de nuit

Je commande un tilleul fraise

Personne ne s'en étonne

 

Comme j'ai envie de surprendre

- il y a des jours comme ça …-

Je sors de ma poche gauche

 

Une charrue, trois galaxies

Deux libertés de rechange

Une enfance de secours

 

Trois nains en complet veston

Une brosse à dents en or

Et une fée décoiffée

 

J"extrais de ma poche droite

Quatre chanteurs d'opéra

Une mosaïque en marbre

 

Deux révolutions soldées

Un jeu d'échecs en réglisse

Un aqueduc de dentelle

 

Chacun hausse les épaules

Un grand gaillard m'interpelle :

"C'est bon, on connait le truc"

 

"Ah oui ?" fais-je crânement

- bien sûr, j'eus pu trouver mieux

Mais ils me laissaient sans voix

 

Ces blasés sans rémission

Et le tilleul-fraise déjà

Me faisait tourner la tête-

 

Mais l'homme, sans se démonter,

M'explique tout point par point ;`

Il sait, c'est indubitable …

 

Et à peine ai-je le temps

De prendre ma tête dans mes mains

Comme ça se fait dans les films

 

Qu'il prend mon ego froissé

Le transforme en un ensemble`

De petites cathédrales

Aux vitraux représentant

 

Les icônes miniatures

De moines dansant la samba …

Et je trinque à sa santé

Car ce tour là, voyez-vous

Je ne le connaissais pas ! 

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D"UN SIMPLE POINT DE VUE PRATIQUE ...

D'un simple point de vue pratique

Faire l'amour avec les nuages

Demeure d'un intérêt douteux

Et présente mille dangers

 

Le corps cotonneux des nimbus

Offre peu de prise à l'étreinte …

À quoi bon tant d'acrobaties

Pour de si médiocres coïts ?

 

À tout moment la pluie glacée

Voire dans certains cas acide

Peut venir freiner vos ardeurs ;

Et que dire du risque encouru

 

De voir un éclair maladroit

Tronçonner la virilité

Qui vous tenait lieu de conscience ?

De même rappelons qu'il est 

 

En tout pragmatisme éclairé

Également fort périlleux

De vouloir, en un vif élan,

Faire l'amour avec les étoiles

 

Il est vrai - et je m'en confesse

J'eus parfois ces pensées salaces-

Que sur le plan fantasmatique

L'idée en est irrésistible

 

En revanche, sur le plan pratique

Faire l'amour avec un maroilles

Un reblochon, un camembert

Peut s'avérer éblouissant

 

Mais du point de vue du fantasme

- il faut l'avouer sans ambages-

D'un intérêt très limité …

Ah que ce monde est décevant !

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