insurrectionpoetique !

PERSISTANT EN FILIGRANE





Nos alibis pour nous justifier de vivre
Sont si minces, oh oui, si minces
La cloison qui sépare notre souffle du givre
Est si mince, oh oui, si mince

Et le glas des douleurs en nous souvent résonne
Amours mortes et confetti
J'attends cet instant où le réveil enfin sonne
Me délivre de la nuit

Ni drame ni élan rien qu'un gruau malsain
Et qui colmate nos rêves
Ce manque d'épaisseur, intensité du rien
Sans que notre cœur s'élève

Faim, oui faim, pulsion de vie encore, malgré
Persistant en filigrane
Perpétuellement inassouvie, contrée
Asphyxiée par l'inane

aucun commentaire - aucun rétrolien

LA MÉMOIRE OCÉANE

La mémoire océane
Déverse sa rumeur dans mon corps fatigué,
Titubant, affamé d'étoiles déjà mortes
Emportées par l'écume

Aucune blessure n'est exempte de sel ;
Mains déchirées, lambeaux de peau
Traînant, queues de comètes, voiles de mariée
Sur le sable des défaites, répétant leurs reflux

Et pourtant, continuant à marcher
Encore, toujours, n'y croyant plus
Mais guidé par l'écho d'une voix très lointaine
Au fonds de mon silence, dont déjà je ne sais

Si elle vit ou habite des cités dévastées
Il y a si longtemps que la mémoire en vain
Chercherait à atteindre ce temps

Je vais, cherchant l'amour, comme on quête l'eau d'un puits
Parce que même le néant en moi est desséché
Et qu'en eût-on perdu l'espérance de boire,
Il n'y a rien d'autre à faire qu'aller à sa rencontre
Je vais
                  
 

2 commentaires - aucun rétrolien

CE RIRE AMER QUI DÉCHIRE LES DENTS

Ce rire amer qui déchire les dents
Oh, comme j'aurais voulu l'éviter !
Mais tout l'espace nié crie en dedans
Pour vivre, pour être, se métamorphiser …

Les émotions, piétinées dans la boue
Du profond rêve que déchire l'absence,
Cet axe qui nous gardait droits et debout,
Purs comme les épées de l'innocence

Trop vastes sont les demeures de nos âmes
Et si étroit l'espace de la vie,
Ce que vous nommez vie, cette chose infâme
Que je ne souhaite pas au pire ennemi !

On voudrait, notre sens du don et du partage,
Le faire tenir plié dans une amphore ;
Qu'il entre en expansion dans nos visages,
Vous voyez le reflet de votre mort !

Cela vous insupporte et vous fait peur ;
La mort de l'être, la mort du devenir …
Où est votre âme, et où est votre cœur ?
Je suis glacé de tant me retenir ! 

aucun commentaire - aucun rétrolien

BÊTES À L'ABATTOIR

Jusqu'à l'os écorché, comme bête à l'abattoir,
Grenouille disséquée dans un laboratoire …
Masquer nos muscles à vif et la tapisserie
Compliquée de nos nerfs est question de survie !

Poignée de confettis et de perlimpinpin,
On jette devant soi des mots déjà éteints,
Brouillard confus où protéger nos nudités,
L'absolu dénuement de nos âmes brisées

Nos rêves à l'intérieur se tiennent droit encore
Mais le sang, le silence brouillent l'ordre des corps
Et nous ne pouvons plus projeter en avant
Leur lumière sans en être exténués et saignants !

Dehors, la vie s'écoule, mais elle n'est pas pour nous,
Dans ses maisons étroites, nous deviendrions fous ;
Tant de constellations déchirent notre paix,
Que nous devons garder au plus ferme secret …

Déverrouiller les portes, c'est ouvrir nos viscères,
Car le monde a percé de ses coups notre chair ;
Lutter pour vivre comme si de rien n'était,
Comme si le moindre souffle n'écartait notre plaie !

Revêtir nos souffrances de rires faux et sonores,
Et, pour quelques instants, donner le change encore,
Pour marcher vers un but perdu depuis longtemps
Dans nos rêves blessés et nos renoncements    

aucun commentaire - aucun rétrolien

NOUS AVONS TANT À DONNER EN PARTAGE ...

Tellement lutter pour si peu de lumière
Tellement lutter pour si peu de chaleur
Avec au fond de nos ventres la peur
De voir nos dons piétinés en poussière

Si morcellés qu'on se demande encore
Comment tenir debout et exister ,
Comment faire croire qu'on est encore entier
Et pas déjà à moitié dans la mort

Si fatigués de mendier encore
La goutte d'eau qui redonnait à peine
A nos lèvres asséchées forme humaine
Mais qui nous est plus précieuse que l'or

Nous avons tant à donner en partage
Mais les miracles en nous sont momifiés
Si peu d'amour pour calmer ce brasier
Nous dévorant d'incandescentes vagues        

aucun commentaire - aucun rétrolien

LES CORPS NOYÉS DES RENDEZ-VOUS MANQUÉS

Tout ce ragoût de vieilles impasses
Et d'amourettes surannées
Qui vous remontent à la surface …
Sonne le glas des condamnés
Quand le silence aux âmes lasses
Est la seule réponse accordée

Tous ces désirs enfouis, masqués,
Ces rêves pour lesquels nos larmes
Ont dans un autrefois coulé
Ravivent le venin de leurs charmes
Et nos cœurs désarticulés
Agitent en vain leurs alarmes

Les corps noyés des rendez vous
Manqués, rencontres inachevées
Une pierre d'ombre à leur cou
Ressurgissent, en rêve, du passé
Quand de telles laves nous secouent
Que l'âme est puzzle éparpillé

La lassitude nous dévie
Des géométries imparables
De l'amour, ce hérault impie
Qui crie dans nos chairs périssables …
Fermez les rideaux de la nuit,

Éteignez lampes et mystères
Le courage m'a délaissé
Tant d'obscur, si peu de lumière
Dans l'équation de la beauté
Déchiré par trop d'éphémère
Je ne cherche plus que la paix

2 commentaires - aucun rétrolien

SPECTRES SANS ILLUSIONS

Combien de mots devrons-nous d'ici
La fin des mensonges rayer
De notre vocabulaire ?

Combien d'étoiles devrons-nous d'ici
La fin de nos mandats sur terre
De notre ciel effacer ?

Chaque jour rognant sur nos ambitions
Cette dégradante érosion
De l'amplitude première

Nous a mués en spectres sans illusions
En quête d'une rédemption
Exilés de la lumière

Nous ne sommes plus dignes des reflets
Qui cascadent dans nos miroirs
De tenir nos rêves à bout

De bras et d'âme, à peine, et le regret
De ce que nous avions pu croire
Avant que la vie ne dénoue

En nous ses serpents aux anneaux voraces
Les efforts de notre mémoire
Pour que le goût du bonheur

Reviennent à nos lèvres où les destins s'enlacent
Usent le fil de notre histoire
Et fragmentent notre cœur

aucun commentaire - aucun rétrolien

LE JEU TRUQUÉ DE LA VIE

Comme des joueurs de poker par la vie décavés,
Les cartes étaient truquées et les chemins de fer
Ne menaient nulle part qu'à des routes amères
Que nos inquiétudes avaient déjà défrichées

Nous avons tout misé sur le rouge de la vie
Mais c'est le noir, impair, impasse qui est sorti
Que faire que les gestes qui imitent la vie
Qu'un peu de mouvement, d'illusion et de bruit ?

Que dire que des mots ordinaires et vains,
Tourner comme un manège dans les cirques humains,
Nier le vide en nous comme si de rien n'était ?
Pourquoi pas, après tout, puisque seul le Rien est

L'enjeu était nos âmes, nous les avons perdues …
Qui s'en apercevra ? Au néant s'habituent
Tant de ceux qui osent se proclamer vivants
Et dont les ailes se sont brisées depuis longtemps !

Et c'est nous que l'on ose traiter de tricheurs
Quand notre peau toute entière n'est qu'un nid de douleurs
Nous avons tout perdu, jusqu'à notre couleur
Pariant sur une étoile au delà de nos peurs

Nous avons tout perdu jusqu'au dernier sou
D'espérance et d'azur … Tout, vous comprenez, tout !
Et nous tentons de vivre bien qu'à moitié morts
Conscients d'un vide entre notre âme et notre corps

2 commentaires - aucun rétrolien

CRUCIFIÉS DU SOLEIL

Encore une fois, la vague nous ramène au néant
( Combien de fois déjà fîmes nous le voyage ?) ;
Parfois, parmi les masques, nous croisions un visage,
Un vrai visage d'être humain, un feu vivant …
Ce fut cela qui nous préserva du naufrage

Nous repoussons au loin cet instant redouté
Où les petites flammes aperçues au hasard
Ne suffiront plus à vaincre la densité
De l'opaque ténèbre qui cloue nos avatars
A cette arche glacée où dorment les idées

Combien de temps encore face aux armées du doute ?
Combien de temps encore crucifiés du soleil ?
Combien de temps encore à dormir dans les soutes,
Passagers clandestins, contrebandiers d'éveil ?
Combien de temps avant que le cœur ne se voûte ?
Nos armes sont si faibles face à la dérision

De ce monde dans lequel devenir être humain
Apparait secondaire, où les compromissions
Font suppurer les plaies de nos rêves incertains ?
Résister est la voie, vivre notre démission

Oh ! La mer n'est pas plus salée ni plus amère
Mais nos blessures sont multiples et douloureuses .
Les aiguillons du sel malmènent nos chimères,
Le réveil est plus âpre dans l'immensité creuse ,
Repartir est plus dur ; la mort nous marque au fer

3 commentaires - aucun rétrolien

LE RESSAC DE NOS LARMES

Couturés par le silence
Quand on eût voulu crier ,
Eblouis par le vacarme
Lorsque nous voulions nier
Jusqu'au ressac de nos larmes
Sur les îles de l'absence

Quand nous voulions que la terre
Elle même devint muette,
Résorbés par le néant …
Oh ! Cette douleur inquiète
Dans nos ventres, comme un enfant,
Qui nous brusque dans nos chairs,

Quand cessera-t-elle enfin ?
Quand viendra la grande paix ,
La sérénité des astres ?
Tout est si lourd à porter …
Cette hargne qui nous castre,
A n'en pouvoir dire nos faims …








4 commentaires - aucun rétrolien

UN SILENCE



Je ne suis qu'un silence égaré dans la neige,
Une page de plus au livre des saisons ;
Je passe dans la nuit étrangère du cœur
Et je blesse mon âme aux apics de la peur …
L'au delà, l'au dessus : de tous temps ma maison
Se trouve en ces lieux là, visibles sortilèges

Le passage du vent me rouvre à la beauté
Puis mon chemin reprend en quête d'un plus pur
Élan vers l'absolu dans le feu du voyage

Des hommes sans mémoire useront mon sillage ,
Il n'y aura plus rien que ce qui me perdure :
Le feu dans un regard que j'aurai traversé

aucun commentaire - aucun rétrolien

L'ÂME EST AU FOND DES POUPÉES RUSSES

J'ai découpé dans un miroir
Mon image avec un rasoir
Car lent, si lent est le hasard
Qui mène de l'une à l'autre gare

Recroquevillés en fœtus
Nos rêves ne peuvent éclore ;
L'âme est au fond des poupées russes …
L'en extraire c'est trop d'efforts !

L'art de mourir à petit feu
La vie y est passée maîtresse
Et nul n'écoute notre aveu
De solitude et de détresse !

J'ai découpé dans un miroir
Mon image avec un rasoir
Et je m'enfonce dans le noir
Trop d'absences dans mon histoire

2 commentaires - aucun rétrolien

LABYRINTHES DE CENDRES

Dire qu'il y a encore tant à apprendre
Tant à découvrir mais le poids du monde
Qui pèse sur nos envies, harcelant
Jusqu'à en être incertains de nous mêmes

Quand nous avions tous les envols au cœur
Ne plus compter que sur des moignons d'ailes
Calcinés par de sombres solitudes
Nous élever quand même mais sans joie

Tourner dans des labyrinthes de cendres
Jungles des souvenirs empoisonnés
Pour ne trouver au bout que peu de choses
Un accessit de la vie véritable

Ne continuer que pour et dans l'attente
De l'improbable et du miraculeux
N'avoir plus le courage de se taire
Et pas encore celui d'exister

2 commentaires - aucun rétrolien

LA COSMOGONIE DU COEUR

Cris d'oiseaux, cris d'homme ou rien …
Quelle main serre l'étau,
Jugule notre futur ?

La nuit inscrit sur les murs
Des hiéroglyphes de peau
Pour déchiffrer le chemin

Traduire l'immensité
Avec nos si petits gestes
Relève de la douleur

La cosmogonie du cœur
Et le prisme du non-être
Deviennent réalités

2 commentaires - aucun rétrolien

AU FOND DES PUITS DE DIAMANT NOIR

Des eldorados, ne demeurent
Que des reliques de mémoire
Qui nous évitent de chuter
Au fond des puits de diamant noir
Où scintille notre reniement

Nous les avons frôlés sans doute
Et leur fugitive vision
Nous fut un émerveillement
Mais où trouver courage et force
Pour reprendre encore et encore
Notre voyage interrompu

Nous avons perdu le secret
D'élever des temples d'amour
Où la prière se fait acte
Et la parole mouvement

Nous le connaissions autrefois
Quand la rédemption nous fut proche
Mais la vague nous éloigna
Son écume a dissous nos rêves
Ne persiste que le silence

aucun commentaire - aucun rétrolien

1 2 3 | Page suivante

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://margot.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Lecture, poésie et littérature érotique