insurrectionpoetique !

COMME UNE PETITE FOURMI





Je remonte le long de ton sang
Comme une petite fourmi …
Vivant ! Vivant ! Je suis vivant !
C'est la fontaine de mon cri
Qui coule sur ton cœur dansant

Rien ne pourra plus m'arrêter,
Ni tes veines, ni tes artères,
Ni cet amant qui fait le gué
Face à ma folie roturière …
Chaque poème est mon guerrier

Je vais, bizarre et chaotique,
Je parcours tes terres écarlates,
Gagnant, par cercles concentriques,
Ton cœur qui doucement se dilate
À mes sonorités magiques

J'instaure, impérieux souverain,
Un cantique dans tes veinules
Et une épopée sous tes seins,
Pris dans l'étoile-tarentule
Et de ma bouche, et de mes mains

Plus tu me pousses, gestes brusques,
Plus je m'enfonce en tes entrailles,
Plus tu crois que tu me débusques
Plus je pénètre dans tes failles
Mais ne veux que tu t'en offusques


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ÊTRE REFUGE, PUR ILÔT

Être refuge, pur ilôt
De rire et de sérénité
Comme un berceau de la lumière
L'évasion d'un chaos d'écumes

Un lieu où la Vie enfin soit
Fécondatrice des possibles
Et où l'imagination dicte
Sa loi aux réels oppressants

C'est ce que pour toi je veux être
Aussi qu'importe que je fus
L'unique amant ou l'un de ceux
Que ton corps embrase et délivre

Que je ne fusse pas celui
Qui invariablement t'immerge
Dans la spirale du plaisir
Vers les grands fonds voluptueux

Si nul autre homme ne t'apporte
Ce que tu ne trouves qu'en moi
Et que précieuse t'est l'offrande
Que le sang des rêves réclame

La nomenclature des coïts
Est trop rigide tu le sais
Et ce qui nous unit trop vaste
Et trop rare pour s'y enclore

Une tendresse sans visage
Une dérive hors des miroirs
Et la capacité d'à deux
Faire basculer l'instant qui passe

De l'autre côté des apparences …
L'étreinte : une des multiples portes
Par lesquelles nous entrons ailleurs
Ne dis rien, tu me mentirais

Dans ta rebelle insoumission
À dire que cela ne t'est
Pas si nécessaire qu'à moi
Et que ce que nous échangeons,

Cet or que tant d'autres piétinent,
Nous en avons besoin l'un l'autre ;
Nous ne l'avons pas pu trouver
Ailleurs, nous lancine le manque

Et la soif et la faim tenaillent
Nos âmes de ce joyau-là
Dont nous n'avons pas pu encore
Définir l'exacte nature

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UNE RITOURNELLE ALCHIMIQUE

             


Je veux être dans ton regard
Parallépipède ludique
Un dé de saphir argenté
Un océan non composté
Une ritournelle alchimique
Entre les lèvres d'une gare

Je veux battre ta bouche en neige
Relever d'épices algébriques
Les festins sans identité ;
En tes labyrinthes égarés
Mes ventricules hérétiques
Dansent au gré de tes solfèges

À Notre Dame de la Licorne
J'irai prier pour enserrer
Ma joie dans tes mains animales
Et te donner mon feu vital
Que ton  cœur fera valdinguer
Comme une poignée de popcorn

Soyons des étoiles de poche
Pour éclairer les papillons
Soyons des pavés goguenards
Soyons microcosmes hilares
Et je t'en prie, réinventons
Ce monde qui n'est qu'une ébauche

 

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LOIN DES AMOURS KAMIKAZES

Te demander si tu m'aimes

M'apparaitrait une offense

Quand chaque mot, chaque geste

Le confirme et le souligne

 

Lorsque ta présence même

En est l'aveu permanent

Et quand nos cœurs s'insinuent

Dans des nuits infalsifiables

 

Quand l'offrande d'un "je t'aime"

Ne se saurait quémander

Est don de soi, abandon

Mais jamais supplication

 

Oui, j'ai porté le cilice

De ces amours kamikazes

D'enfant réclamant en vain

Dans l'angoisse et dans le doute

 

D'émotions invérifiables

Et je n'imaginais pas`

Qu'il suffisait de quitter

Leurs terres ivres de carnages

 

Et buvant le sang des songes

Pour voir le monde autrement …

À l'équation des supplices

J'ai substitué tes aurores

 

                              18/10/2007
 

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VIERGE DE MES BLESSURES



Comment fais-tu pour effacer
D'un rire des années d'enfer
Dont les seuls répits accordés
Étaient trop bref pour retrouver
Un souffle ou une identité ?

Comment fais-tu pour préserver
Cette enfance au fond de tes yeux ?
Ébloui par ton innocence
Je puise en tes mains une force
Qui annihile tout mensonge

Je ne croyais plus que tu pus
Exister hors de ma mémoire
De mes utopies fracturées
Des chemins dissous dans l'obscur
Si bouleversante évidence

Voici qu'un seul regard de toi
Me rend vierge de mes blessures
Vidé des sombres maléfices
Me rend mon visage et ma foi
Acceptant notre immensité

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UN ANGE ENTRÉ PAR EFFRACTION

Inconcevable grain de sable
Irreproductible en laboratoire
Bifurcation sans précédent
Échappant à toute nomenclature

L'impossible soudain surgit
Aile d'un ange entré par effraction
Lissant mon visage blessé
Comme une fleur à l'envers des déchirures

Vers toi, remontant les courants
Et les eaux tumultueuses du non-être
Comme j'aspire à ta caresse    
À ta peau contre ma peau, mon soleil

Te donner les trésors cachés
Engrangés dans le fond des solitudes
Un peu du bonheur interdit
Dont toi et moi avions rêvé peut-être

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PETITE FÉE AMÈRE

Petite fée amère,
Comme nos messes de ouates et de pillages
Manquent à mon corps ancré aux souples cartilages
De ton herbe de chair

Toi, mon si doux poison
Qui strie d'un désir âcre mes veines et mes nerfs
Ne suis-je donc pour toi qu'une statue de verre,
Un contour sans prénom ?

Évidence incertaine
J'ai passé l'âge noir où la douleur dépèce
Dans la gamelle d'ombre, je partage les restes
Avec des chiens sans chaînes

Mais tu es là, fixée,
Papillon d'ADN à la peau de l'espace
Sans honte, je descends les escaliers de glace
Et survis en apnée

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L'ALPHABET DES RÊVES MAUDITS




Plus dépouillé que les mendiants
Jetant mes os aux chiens du vent
Mon cœur offert à l'arbitraire
Des rêves empoisonnés, maudits

Crevant ma chair pour qu'en jaillissent
Les plus exigeantes fontaines
Les plus acérés des supplices
Les plus rigoureuses des joies

Je ne peux vivre sans ton souffle
À l'angle droit de ma folie
Sans que ton cœur géométrique
Hante la poitrine des instants

Tant de portes aux poignées de glace
De feu, d'eau, de remords anciens
D'air en pénurie de paroles
Pas une n'ouvre au creux de toi

Quand le Dragon et la Princesse
Ont fusionné leurs ombres pour
Clore la cité de la grâce
Absolue des révélations

À vos yeux seuls et ne l'ouvrir
Qu'à ceux qui ne comprennent pas
Qu'ils viennent d'atteindre le Graal
Et s'évadent sans idéaux

Que faire, où marcher, quelle quête
Est encore digne d'être vécue
Et au détour de quelle errance
Retrouver la fièvre et le but ?

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L'INTERSECTION DE NOS RÊVES

Effigie lunaire, je m'immole
Sur ton autel fluorescent
Toi qui glisses dans l'eau des choses
Et modifies ton apparence
Au gré des caprices de l'instant

Ton nom, comme une incantation
À des déesses d'outre-silence
Icône d'ombres en mouvement
Funambule de mes miroirs
En moi comme lame de lys

D'un simple rire naît l'eden
Jailli de tes lèvres vermeilles
Laisse moi caresser ton âme
Épeler l'alphabet des corps
Dans le miracle de ta peau

À l'intersection de nos rêves
Un silence efface nos larmes
Et nous dit que tout est possible
Que l'intime accomplissement
Est source des métamorphoses

Musique égrénée note à note
Le chemin du trouble à l'amour
N'est pas si long que tu le penses
Au secret de ton cœur d'enfant
J'inventerai l'illimité

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DÉTECTIVE DE LA LUMIÈRE

Détective de la lumière,
J'ai l'intuition d'un grand amour
Comme un embrasement de l'espace,
La fusion intime de nos acides nucléiques …
Ne reste qu'à trouver les preuves !

Ton nom déchiffré pas à pas
Dont les deux gigantesques ailes
S'enroulent à moi comme une mer
Et la conspiration des vagues
Me mêle à ta disparité

Tout pas, tout reflet, tout vertige
Tout mot, tout élan, toute route
Imperceptiblement me ramène à ton ombre
Qui tisse au creux de moi ses secrets corridors ;

Dans le sac, que j'avais rempli de métaphores,
J'ai beau puiser sans cesse, nulle étoffe oratoire
Qui puisse convenir à ta pâle beauté
Où viennent s'articuler des prophéties fortuites

L'amour, le sais-tu, est l'axe du monde
Sans lequel rien ne se pourrait bâtir
Et tu es l'axe de ma dignité d'homme …
Ne me reste qu'à le prouver !

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DES MOTS SI PAUVRES ...

Ce sont des mots si pauvres
Quand on les voit passer à l'envers des chemins
On dirait des mendiants tant leurs lettres usées
Laissent entrevoir la chair de nos renoncements

Pourtant il y a dans leurs yeux
L'éclat d'un livre ouvert de chair impérissable
Dont chaque phrase est une clé, un univers, un don
Et le rêve que chuchotent les étoiles au vent

Pourtant ils ont en eux l'évidence des arbres
Du ciel et des enfants jouant à saute-réel
Pourtant ils font vibrer l'épiderme de l'être
Ouvrent les portes du Temps et de la Connaissance

Ce sont des mots si pauvres
La chair les a pétri dans des glaises friables
Autrefois … Mais c'était il y a si longtemps
À des années lumières du temps de la rencontre

Ce sont des mots si pauvres
Qu'on hésite un instant au bord du précipice
Que l'on a presque honte de les reprendre en soi
Qu'on va jusqu'à douter de leur identité

Sont-ce sous leurs guenilles les princes attendus
Qui, lavés de l'orgueil, retrouvent leur puissance
Leur rage guerrière contre la médiocrité
Ou les simples passants de mirages avortés,

Les fruits désespérés d'une trop longue absence
Dont la saveur acide déchire les miroirs ?
Ce qui était crapaud nous masque-t-il un roi ?
Quel souffle transforme les oripeaux en oriflammes ?

Ce sont des mots si pauvres
Pourtant, en eux, pareils à des huîtres perlières
Parfois, lovée, la clé de notre éternité
Qui vibre sur ses gonds et nous ouvre à nous mêmes

Ce sont des mots si vrais
Jamis je n'aurais cru qu'ils puissent reprendre un
jour
En moi la force de l'arbre poussant vers la lumière
Et ancrent leurs racines en ma cosmogonie

Si parfaitement droits dans l'Axe du Vivant
Si portés par le flux de l'énergie première
Qu'ils trouvent en moi leur place naturelle et sacrée
Lorsque je te les dis, s'élève un monde à naître

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COMME UN PUR NOYAU D'ABSOLU

Dans quelle jungle inextricable
De couronnements différés
De mots-miracles diffamés
De reniement d'oreilles mortes,
Ma belle étincelle de sable

Te débats-tu, vitraux-glaciers
D'une cathédrale infâmante
Où s'affame ta déferlante
Disette des haussements d'étoiles
À l'aplomb droit de la matière

De l'alphabet des feux d'oracle
Ils ignorent jusqu'aux voyelles
Je serai ta déclinaison
Ta prose de chair écrevisse

J'ai mis un cosmos dans mes mains
L'ai enclos dans une bouteille
Absorbons-en la quintessence
Et rejoignons notre nature

D'archanges dodécaphoniques
Car quand l'issue est hiéroglyphe
Elle rayonne au centre de nous
Comme un pur noyau d'absolu

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DANS LE SCEAU DES MAINS JOINTES

Si l'issue du labyrinthe
Est dans l'eau de tes fontaines
Si la clé des dimensions

Est dans le sceau des mains jointes
Si le monde est un héron
Et l'amour absent murène

Si le mur est un mirage
Et ses pierres artefacts
Si nos regards ont pouvoir

De différer les naufrages
Et de susciter le pacte
Entre l'aube et la mémoire

Alors, aime moi ma belle
Franchis les dures rocailles
De mon sang âpre et profond

Renaus dans l'eau de mes bras
Ultime réincarnation
D'un vertige bicéphale

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MA BELLE AMIE ...

Ma belle amie n'aime pas ce pli d'angoisse

Qui quelquefois vient verrouiller mon front

Et entraver l'éclosion de mon feu …

Elle est la seule à l'avoir remarqué

 

Ma belle amie n'aime pas que je fume

Sur sa terrasse en nocives volutes

Elle ne dit rien ; elle attend ce moment

Où j'aurai désamorcé mes désastres

 

Ma belle amie aimerait que plus vif

Plus combattant j'affronte les obstacles

Que je déblaie les collines éboulées

Qui ont clos mon chemin vers la matière

 

Mais ne minute pas mes ascensions

Jamais ne me reproche ma lenteur

Le temps pour triompher de mes démons

Me le laisse avec générosité

 

Il est d'autres raisons que je tairai

- Non pudeur mais impossibilité

Quand l'indicible est au cœur de l'oracle-

Pour lesquelles j'aime ma belle amie

 

Elle est mon bien le plus précieux sur terre 

Et la raison pour laquelle je persiste

À croire que l'avenir ait un sens

Et que croître est encore un devenir

 

                        4 juillet 2007 

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LE DON PRÉCIEUX DE TON SILENCE

J'ai tant connu de ces voix tues

Derrière lesquelles les non-dits

Aux aguets rêvaient d'embuscades

 

Mutismes comme des poings fermés

Prêts à vous arracher le cœur

Dès que s'ouvrira la parole

 

Tant de ces anges de passage

Qui dans leur besace n'avaient

Qu'amertume et ressentiments

 

Aphasies meurtries, meurtrissantes

- Communications dangereuses

Et communions impossibles- ...

 

Ce que tu m'offres de plus rare

De plus précieux, c'est ton silence

Sa courbe ouverte et généreuse

 

Lumière sans aspérités

Qui contient sans l'emprisonner

L'Autre et l'Univers tout entier

 

Ce n'est pas par manque de mots

Mais par vanité de les dire

Que nous n'avons plus besoin d'eux

 

Pause dans le mouvement du monde

Dans un espace sans contours

Nos géométries se ressourcent

 

Et pleinement enracinés

Dans le vivant nos yeux, nos gestes

Redéfinissent toute langue

 

                                                       24 juin 2007
 

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