insurrectionpoetique !

LE SCEAU D'ANCIENNES SOUMISSIONS

Parvenir essouflés, le ventre vide

Dans un espace espéré libre

Quoique pressenti dangereux

 

Avoir désossé les grillages

Et semé derrière soi des souvenirs poisseux

Se savoir hors des contraintes connues

Décisionnaire de son propre destin

 

Et ne pas parvenir à s'en réjouir

Porter imprimé dans le cœur

Le sceau d'anciennes soumissions

 

Loin des suavités carcérales

C'est hors du cercle des manipulés chroniques

Que nous réalisons la pesanteur

Des libertés dont nous avions rêvé

 

Quand chaque choix nous arrache des larmes

De souffrance et de solitude

Tout grain semé nous écartèle

 

Tout pas, point d'interrogation

Sur le sol où le pied posera son assise

Mondes en jachère, terra incognita

Dont il nous faut inventer les contours

 

Et loin des servitudes volontaires

Juste le cœur et les entrailles

Comme outils de navigation

 

Nous savons alors à quel point

Nos prisons intérieures étaient cocons douillets

Mais par entêtement et dignité

Nous ne retournerons pas en arrière

 

La vie prend plus d'ampleur et d'âpreté

Tout devient instable, incertain

Dès lors qu'affranchis du joug

 

Nous nous hissons hors de la cage 

La liberté est sacerdoce et sacrifice

Profession de foi et non jeu d'enfant

J'ignore si elle est à portée de tous 

aucun commentaire - aucun rétrolien

SPECTATEURS DE NOS PROPRES REBELLIONS

Les ennemis désignés par avance

Miroirs aux alouettes et chausse-trappes

Épouvantails qui piègent la raison

Désapprenant à lire entre les mots

 

Vois les oiseaux qui bruyamment s'égayent

Tourbillon qui nous masque les racines

Du Mal que nous sommes sensés combattre

L'homme qui se tait est davantage à craindre

 

Que celui qui sous la brume des mots

Cache les ombres qui font danser la sienne

Dans les replis amers des certitudes

L'harlequin capte nos révoltes tandis

 

Que le démon dans notre dos manœuvre

Froid et précis sème ses maléfices

Spectateurs de nos propres rebellions

Nous ne sentons plus sa présence en nous 

aucun commentaire - aucun rétrolien

LE VRAI VISAGE DE L'ENNEMI

L'acidulé, le doucereux

Aux cataclysmes nuancés

Et aux névralgies subreptices

Sapent bien plus nos fondations

 

Par leur lent travail d'érosion

Que les grands combats inutiles

Et par imperceptibles accrocs

Déchirent l'étoffe de nos rêves

 

Mais nous ne souhaitons affronter

Que des titans mythologiques

Dignes de nos fièvres guerrières

À tel point que nous déguisons

 

Des nains de jardin en géants

Pour satisfaire nos exigences

Que nous ne percevons jamais

Le vrai visage de l'Ennemi

 

Nous sommes encore à croire

Que le pouvoir et qui en porte

Et le masque et les attributs

Constituent l'unique péril

 

Quand le véritable danger

Réside dans la multitude

Qu'attire et fascine le pouvoir

Ses représentations foutraques

 

Qui hisse sur des piédestals

De pauvres pantins solitaires

Qui sans ces bras tentaculaires

Qui le portent ne seraient rien

 

Et à peine avons-nous le temps

De voir et d'atteindre l'Ennemi

Qu'il a déjà notre visage

Glissement du sens et des signes 

3 commentaires - aucun rétrolien

UNE SIMPLE NÉGLIGENCE

Nous n'avons trahi, ni menti, ni retourné

Nos alliances, nous n'avons fait battre les montagnes

Comme il nous serait doux, gratifiant de prétendre

- Il arrive d'ailleurs que nous le prétendions-

 

Que c'est par dignité, honneur, humain respect

Que nous avons agi ainsi … Il n'en est rien

La vérité ? La seule et unique raison

De tout cela : nos placides paresses

 

Mentir, trahir, intriguer sont des tâches

Trop  compliquées. À quoi bon s'épuiser

En ce sordide et laminant labeur

Alors que s'en abstenir est si simple ? 

2 commentaires - aucun rétrolien

REMBOURSEZ !

Que nos vices et nos vertus

S'exposent, s'exhibent, en strass, en paillettes

Que nos émotions caracolent et racolent

Et que le cœur lui-même se mette en scène

 

Que la fin de nos représentations

Nos agonies, nos chutes, nos échecs

Deviennent eux-mêmes spectacles à part entière

Tout cela ne revêtirait

 

Quoique l'on pût en dire

Pas la moindre importance

Si le spectacle n'était d'un affligeant ennui,

Fruit d'imaginaires atrophiés …

 

                               Remboursez !
 

1 commentaire - aucun rétrolien

ESPACES ARCHANGÉLIQUES

Si chaque être humain sur terre

Donnait démesurément

L'amour dont il est capable

Aux êtres qui lui sont chers

 

Sans jamais revendiquer

Vouloir sauver la planète

Et accessoirement l'Homme

Naitraient dans nos chaos suaves

 

Des espaces archangéliques

Préservés de la morsure

Infâmante du déni

Dans l'ample respiration

 

Des arc-en-ciels reconquis

Des paradis en gésine

Des enfances féfondées

Dans les champs de la parole`

 

Nous  construirions le vertige

De nos danses prophétiques

Des libertés en mouvance

Des bonheurs en expansion

 

Mais ceux qui jusqu'à présent

S"étaient prétendus nos maîtres

Guidaient nos pensées, nos pas

Presqu'insoupçonnablement

 

Nous déclareront la guerre

Et voudront scinder nos cris

Nous inventer de nouvelles

Tentantes culpabilités

 

Et certains s'y vautreront

Avides d'être dominés

Par de fausses transcendances…

Nous les perdrons en chemin

 

Mais il suffit qu'il demeure

Suffisament d'entre nous

Debout et ne pliant pas

Pour que le pouvoir recule

 

Et pour endiguer le flot

Des grands manipulateurs

Prétendant sauver le monde

Mais insultant ces miroirs

 

Où ne peut se refléter

Que celui, que celle-là

Qui se bat pour conserver

La vérité d'un visage

 

Fidélité au vivant

Sans jamais sacraliser

Cette force qui nous pousse

Vers le partage et le don 

4 commentaires - aucun rétrolien

DÉTOURNEMENTS DE LANGAGES

Nous n'avons pas encore mesuré à quel point

Toute contrainte, toute oppression nouvelle 

- Si tant est qu'une oppression puisse l'etre,

Visage relifté de nos vieux jougs-

 

Passait par la perversion du langage

Détournement sémantique du sens

Nous cautionnons ou feignons d'ignorer

Que la déviation n'a  rien d'anodin

 

La mise en place de nouveaux sacrifices

De sacrilèges à notre identité

Nait dans la déforestation des mots

Se prolonge par le décompte des morts

 

Bluffés par des langages étincellants

Dont nous ne savons saisir les nuances

Nous sommes désarçonnés de nos vies ,

Comprendre la sémiologie ennemie

 

Pour démembrer ses argumentations

Avant que d'une phrase indéchiffrable

Ne s'écoule une nappe de cadavres …

De cette tâche dépend notre survie

3 commentaires - aucun rétrolien

THÉORÈMES INVÉRIFIABLES

Qui pourrait encore prétendre

Que l'ultra-libéralisme

L'économie de marché

Ne sont pas des religions ?

 

Multipliant à l'envi

Leurs mantras lobotomiques

Qui persuadent que leurs dogmes

Sont les seuls champs du réel

 

D'un prosélytisme extrême

Cherchant jusqu'à la furie

L'infime morceau d'espace

Vierge de ses prédations

 

S'étend leur empire fondé

Sur l'unique base de

Théorèmes invérifiables

 

Si puissant qu'il nous inclut

Nous entrave et nous aliène

Et qu'il devient impossible

De simplement penser HORS

 

Que refuser de prier

Ces dieux de ruines et de cendres

C'est encore malgré tout leur

Concéder une existence

 

Sessions, scissions, violences

Schismes, conciles, conciliabules

Bulles édictées par ses papes

Croisades contre les infidèles

 

Viennent s'inscrire dans son histoire

Et les cadavres accumulés

Montrent bien ce qu'il faut penser

De leur prétention à vouloir

 

Être voie de Raison, de Bonheur …

C'est de la sophistication

La complexité des rouages

De la Machine que résulte

 

Notre grâce et notre salut ;

C'est là qu'est sa fragilité …

Quand les mécanismes s'enrayent

Nous en profitons pour batir

 

D'autres espaces, d'autres temps

Y élaborant les assises

Les fondations des mondes à naître,

Modifions la couleur des cartes

 

Décalant juste leur nuances

Pour les rendre inutilisables

Nous avortons les incendies

Nous éjaculons des prodiges

 

Changements presqu'imperceptibles

Qui ne nous vaudront ni l'amour

Ni la haine qu'aurait engendré

Quelque action plus spectaculaire

 

Mais suffisants pour que par touches

Successives le monde soit autre

Et que toute chose connue

Soit frappée d'invalidité 

3 commentaires - aucun rétrolien

ET S'IL N'EST PAS ENCORE INTERDIT DE RÊVER ...

" Certes, il n'est pas encore interdit de rêver

Certains esprits malins seraient enclins à croire

Qu'il s'agit d'une brèche, d'un oubli du système 

Mais, croyez-le, cela ne doit rien au hasard

 

Nous avons sérieusement étudié la question

Et envisagé tous les aspects du problème ;

Constituait-il un ferment de rebellion ?

Le proscrire serait-il la source de conflits ?

 

Un de nos ingénieurs trouva la solution :

Nous devions rendre ce paramètre inoffensif

Aseptisé, d'une totale inocuité

L'idée était lancée, et le reste suivit

 

En tout premier lieu, rendre les voies d'accès

Entre rêve et réel quasi impraticables

Les ériger au rang de mondes parallèles

Ne se frôlant jamais que par inadvertance

 

Puis substituer au rêves vibrants de l'idéal

Faits de constantes et douloureuses mutations

De l'effort, de la lutte avec les éléments

Le creuset incongru des songes consuméristes

 

Un monde privé d'âme, riche en mâts de cocagne

Dont notre humanité même n'est plus qu'un rouage

Parfois permettre à l'un ou l'autre de fafner

Pour que chacun persiste à croire qu'est possible 

 

La concrétisation des rêves et justifier

De resserrer la bride et verrouiller les cœurs

Aussi ne voyez pas la moindre étourderie

Dans le fait qu'il n'est pas interdit de rêver …" 

7 commentaires - aucun rétrolien

FINS DU MONDE EN STOCK !

La fin du monde peut venir

Elle nous trouvera sans angoisses  …

Nous en avons connu bien d'autres !

 

L'univers qui meurt et renait

-Ascension, déclin des cités

Et des civilisations-  :

 

C'est l'ordre naturel des choses

Nous ne craignons pas de TOUT perdre

- Nous l'avons mille fois perdu-

 

Ce qui importe tient à peine

Dans l'espace d'un électron

D'un rai conjugué de photons

 

Voyage plus vite que ce vent

Qui bouscule les galaxies

Survivra à ce qui s'achève

 

Et de la nudité de l'os

Viendront émerger d'autres muscles

Reconstruisant le corps du monde

 

Organisant sa différence

La fin du monde ? La belle affaire,

Quand tout demeure à espérer ! 

4 commentaires - aucun rétrolien

IL FAUT DU TEMPS POUR L'ADMETTRE ...

Il faut du temps pour l'admettre

Il arrive quelquefois

Que le pire, le plus immonde

De nos ennemis voit juste

 

Il faut alors exercer

Une double vigilance

Qui n'est d'aucun bénéfice

Sinon demeurer intègre

 

Ne pas déconsidérer

Le regard malgré la source

Perverse dont il émane

Repousser la tentation

 

D'atténuer dans nos esprits

La nature et la nuisance

Le statut de l'Ennemi …

Tache ingrate et harassante !

 

Dissocié de notre clan

Tissus conjugués de haines

Les adverses désormais

Vibrent au même diapason

 

Haro sur la pensée libre !

Haro sur la pensée vraie !

Ne reste désormais que

Le déclin des solitudes

 

Si seul vous importe d'être

Aimé, admiré de tous

Que la droiture de l'âme

 

Vous apparaît un problème

D'une importance mineure

Par pitié, abstenez-vous ! 

aucun commentaire - aucun rétrolien

JUDAS DE NOS MIROIRS

Pour que je puisse naître,  il faut que l'un de vous

Entre en la peau du traître ; et l'opprobre et la boue

Fermeront sur son nom les verroux de la haine

Car le plus grand des dons est celui qui n'entraîne

Ni gloire ni renom, mais misère et géhenne  !"

 

Et par amour Judas fut maudit à jamais

Et jusque sur la croix fut le double secret

Du soi disant Messie, endossant la défroque

De blessures et de nuit, fut celui que l'on hait

Que l'on moque en secret pour l'amour de l'ami 

 

Judas de nos miroirs, sans jamais être Christs

Mémoire au laminoire, ideaux en calices

Vidés dans l'urinoir

 

Sans grandeur, sans éclat, nous, nous trahissons nos rêves

Nos religions sans foi dont chaque être humain crève :

Ultralibéralisme, matérialisme aigu

Minables despotismes pourrêveurs exigus

 

Engendrent armes concrètes, vives intolérances ;

Chaque jour on décrète inaptes à l'existence 

Des civilisations entières qui refusent

Que le chiffre-étalon les domine et récusent

 

Que la valeur d'un homme se résume à son taux

De rendement en somme, que son cœur et sa peau

Valent moins que l'atome d'un silence sans écho

 

Judas ! Judas ! judas ! De nous même les traîtres

Èt le Christ et la croix, pour l'avoir tuant l'être

Nous sacrifiant pour rien aux idéaux banquaires

Libéralisme vain pour nains atrabilaires …

 

À chacun  les religions qu'il mérite ! 

4 commentaires - aucun rétrolien

LES NOUVEAUX KITS DU BONHEUR

Il est indigne que nous vivions

Dans une société d'assistés

Il est urgent d'y remédier …

 

Je ne parle bien entendu

Pas de l'aide aux plus démunis

Laquekke est un devoir civique

 

Une simple évidence humaine

Quand fonctionne à plein rendement

L'usine à fabriquer les pauvres

 

Mais des perpétuelles béquilles

De l'esprit et de la pensée

Qu'on veut nous greffer en prothèses

 

Nos rêves et nos espérances

Nos rebellions, nos attentes

Notre idéal de la vie même

 

Sont imprimés dans nos cerveaux

Par les grands manipulateurs

De bombes et de comptes en banque

 

Nos utopies sont calibrées

Dans le format réglementaire

Un soupçon de métaphysique

 

Pour la digestion des couleuvres

Et ça fonctionne, on applaudit

À sa propre humiliatition

 

Que faire et que penser ? C'est simple

Tout est écrit dans le lexique

Il serait vain d'improviser

 

Les nouveaux kits du bonheur et

De la réflexion profonde

Sont en vente dès maintenant

 

Et nos neurones sont soldées

Leur utilité est douteuse

Certes, mais en bruit de fond, ça passe ! 

 

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

L'ENFER DES NORMES À VENIR

N'attendez pas de la Marge

Plus qu'elle ne peut vous offir

Elle ne fait souvent que fixer

L'enfer des normes à venir

 

Barbelée de certitudes

Rigoureuse et ordonnée

Comme un jardin à la Mansart

Elle expulse les esprits libres

 

La Marge sera terrible

Quand elle deviendra pouvoir

C'est de la chaotique ortie

Du charbon désapprivoisé

 

Du violon désaccordé

Du fouillis des dissonnances

Du désordre de l'incertain

Des linges mal essorés du doute

 

Que naîtront, intenses et vraies

De nouvelles cohérences

Des arts turbulents, embrasés

Des pensées absoutes de chaînes

 

Quand la marge tant prisée

Ne voit jamais émerger

Que des conformismes inédits

De nouvelles saveurs au Rien

 

Inverser l'ordre du monde

Modifie son apparence

L'oppression change de visage

La dépossession de soi 

 

Demeure, elle, identique ;

La voie de la liberté

N'offre ni confort ni repos

Ni consolation des justes

 

Aussi nous ne l'empruntons

Qu'en tout dernier recours

Par impuissance à adopter

Quelque apaisante marge en vogue 

4 commentaires - aucun rétrolien

MÉDIOCRES AU POUVOIR

L'objectif premier d'un médiocre au pouvoir  :

L'extension sans frein de son indignité

Jusqu'à la dire mètre étalon du bon goût

Que cela choque ou étonne m'intrigue

 

Tout autant que ces petites armées dérisoires

Qui se ridiculisent, vociférant "Fascistes !"

Là où n'est qu'une démocratie tamisée

Au filtre d'une médiocrité redondante

 

De même, celui, celle qui jusqu'à présent

S'était affirmé libre - un état relatif-

Et qui se plie pour une miette de pouvoir

À peine savoureuse sans que rien l'y oblige

 

Ou qui tancent le mot, l'intention et non l'acte …

Les simili-tyrans que les voix justifient

Sont moins à craindre que nos capacités à

La somnolence génératrice d'amnésie

 

Sont moins à craindre que ceux qui les plébiscitent

Que notre inaptitude aux justes indignations

Lorsque la pesanteur du réel et des faits

Nous y contraint, sans jeux, sans fantômes insipides 

5 commentaires - aucun rétrolien

1 2 3 | Page suivante

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://margot.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Lecture, poésie et littérature érotique