insurrectionpoetique !

TOUT EST JEU

Ne perds jamais de vue que tout est jeu
Et que t'en affliger serait un nouveau jeu
Auquel nul n'est certain de perdre ou de gagner

Le non-agir est aussi une action
Qui peut te projeter dans les ténèbres
Aussi choisis le jeu qui appartient

Au moment, car tu sais que quelque conséquence
Qu'il pût en advenir sur l'échiquier cosmique,
Ce n'est jamais qu'un rire qui perce la matière

Même la mort est un jeu ; regarde comme elle joue
Au chat, à la souris, parmi tes labyrinthes,
Te défiant de venir un jour à sa rencontre …

Est-ce le Bien ? Le Mal ? Magnifique ou sordide ?
C'est à toi d'en juger, car les mots même mentent ;
Ils sont un jeu de plus aux règles aléatoires

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JADIS JE FUS LE VENT

Ne connaître qu'un reflet, un écho, une esquisse
Et puis quitter l'auberge et reprendre la route
Après que la saveur eût épuisé nos lèvres

Et marcher sans répit vers l'étoile complice
L'âme et le cœur meurtris par le poinçon du doute
Car ce que nous cherchons est-il, hors de nos fièvres ?

Jadis, je fus le vent, l'aigle et l'ange peut-être
Mais le vent a tourné vers les terres arides
L'aigle s'est déchiré au feu des mains saignantes

Et l'Ange s'est dissous dans les flux du non-être
Me reste à oublier cette saveur acide
Dont a signé mes chants toute tendresse absente

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UNE FENÊTRE OUVRANT SUR L'INNOCENCE

A la recherche d'un sens,
D'une transcendance peut-être,
Nous cherchons cette fenêtre
Qui ouvre sur l'innocence

Suivre sans un mot la foule
Sans se poser la question,
Voir ce film qui se déroule
D'une vie sans illusions …

Oh ! Nous en avons assez !
Nos gestes, nos mots, nos départs
Doivent être habités,
Nos routes mener quelque part …

A chaque instant plus pressant,
Le besoin de cette paix,
De ce droit d'être vivant
Nous rapproche du Grand Secret

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ENTRE DEUX SIGNES INDÉCHIFFRABLES

Dans la matrice du vent
Naîtront d'autres souvenirs
Et d'autres révélations

Mais le centre déplacé
À chaque pas vers le vide
La faille béante et nue

S'enfonçant dans ce néant
Aux consistances élastiques
Où tout redevient silence

Et l'aube qui se fissure
Quand la mémoire densifie
Encore un peu sa substance

Tout est lourd et lent et vain
Pourtant quelquefois surgit
Le souffle de la merveille

Mais pour le trouver il faut
S'enfoncer dans la ténèbre
Tellement profondément

Que nous ignorons encore
Jusqu'où nous pouvons renaître
Après tout nouveau passage

Et le visage érodé
Nous redoutons tout ce temps
Écoulé entre les signes

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QUELQUEFOIS LA GRÂCE...

Il est rare que nous puissions mesurer
Le degré de plaisir ou de détresse
Que nous semons au hasard des visages

Actes et paroles au creuset alchimique
Se transmutent en permanence dans l'âme
De l'Autre que notre route a croisé

Souvent le Bien ni le Mal ne nous sont
Accessibles dans leurs phases ultimes
Nos mots jettent désastres et merveilles

Pêle-mêle dans les plateaux de la balance
Et nous ignorons tout de leurs secrets
Chaque être humain est une clé de voûte

Pour un destin qu'il n'a pas reconnu
Et qui se prétend un être ordinaire
Ne sait de lui le Saint ni le Démon

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MADONE DES AMOURS BANCALES

Madone des amours bancales
Qui exaucez nos plus secrètes peurs
Quelle issue lorsqu'accablés de vos dons

Nous trébuchons au cœur des labyrinthes
Où nous épient, monstres intimes,
Les minotaures de nos renoncements ?

L'omniprésente lassitude
Comme un noyau au centre de nos actes
Mène à de prévisibles déchéances

Nul besoin de bêtes voraces
Pour dévorer la chair de nos désirs
Puisque nous sommes nos propres prédateurs

Scruter nos âmes en un miroir
Notre paresse rend caduque cet acte
Là est pourtant le gouffre qui nous broie

Nous avons perdu le levier
Qui nous élève au plus haut de nous mêmes
Là où peut-être on peut se dire Humain

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MÊME SI LE NOYAU DE TRISTESSE DEMEURE ...




En dépit de cette foutue fatigue
Qui lime et rogne la jouissance de vivre
Quel émerveillement de constater qu'encore

Il peut suffire d'un geste, d'un rire, d'un regard
Ou du mot lumineux de qui vous a compris
Pour regagner l'espace dans toute son ampleur

Même si l'éblouissement éphémère
Et l'inouie délivrance qu'il ouvre
Ne peut s'assembler pour former un tout

À d'autres enspiralés dans nos mémoires vives
Même si le noyau de tristesse demeure
Que de tels instants soient et persistent demeure

La preuve qu'en dépit des apparences
De la forme de ce que nous sentons
Et de la lente montée du poison

Nous sommes encore indéniablement vivants
Et que l'élévation demeure un  choix possible
Au delà de nos émotions codifiées


                                 

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LA MESURE DE TOUTES CHOSES

La Mort

Fut-elle la plus surprenante

La plus inconvenante des morts

Est froide, rugueuse et mathématique

 

Le bordel foisonnant, généreux, hérétique

De la Vie, même en ses recoins les plus obscurs

Jusque dans sa si nécessaire absurdité

Jusqu'en ses rendez-vous manqués avec la chance

 

Nous y semble préférable, quitte à nous embourber

Dans des mélancolies tonitruantes et complexes

Il est salutaire d'aller puiser dans

Les excès du vivant la preuve du mot vivre

 

Et le sceau des régénérations intérieures

Il est douteux et névrotique de s'y complaire

Mais il faut du temps pour la mesure des choses

Pour l'art de la nuance et des désinvoltures

 

Davantage encore pour en déjouer les pièges

Ces fausses sérénités achetées au rabais

Qui visent à confondre raison et raisonnable

Et voie de sagesse avec assagissement

 

Longtemps pour saisir que vif et dispersion

Ne sont pas des mots proches, pas plus que l'immobile

Et l'inerte ne sont frères. Et la mort vient si vite … 

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UN PONT

Un pont, je ne cherche qu'un pont
Qui me mène vers la vraie vie
Et l'authenticité de soi

Ce que vous appelez raison
Que vous portez comme une croix
Ne suscite en moi que l'ennui

Tant de merveilles entassées
Dans mes greniers imaginaires
Et nulle issue pour les donner

Litanie des réalités
Qui vous clouent à vos vérités
Rentrées dans leurs fourreaux d'éther

Est-il impossible d'exister
D'extraire des mondes de son âme
Pour pouvoir respirer un peu

Mes poumons, mon cœur sont broyés
Écrire est, au delà du jeu,
Tenter de se sauver des flammes

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ÉTOILES LIBRES DANS L'ESPACE

Retrouver notre dignité
D'étoiles libres dans l'espace
Partir en quête de notre essence
A travers l'esprit et les sens
Étroitement conjugués
Trouver notre axe, notre place

Et désarmer le quotidien
D'un élan de pure magie
Jeté à la face des faits
Faire de nos rêves des chants concrets
Imposant aux ombres meurtries
La lumière d'un but atteint

Que politique et religion
S'en retournent dans leurs musées ;
Et que leurs armures rouillées
S'écroulent en notre humanité
Dans sa puissance révélée …
L'innocence consume nos poisons

Il est bout du labyrinthe
Cette lumière de nous mêmes
Dans son expression la plus forte
Il suffirait d'ouvrir la porte,
Récolter ce que l'amour sème
Rallumer les flammes éteintes

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HOMME, CATHÉDRALE INACHEVÉE

Homme, cathédrale inachevée
Dont les vitraux sont obscurcis
Par le goudron de la raison

Astreignant notre identité
À demeurer dans la prison
De ses rêves inaccomplis

L'hymne à l'être, aux orgues du cœur
N'est que trop rarement joué
Le désir est fresque pâlie

Grandit l'arbre de nos erreurs
Qui pousse ses branches dans la nuit
Mais dont nul fruit de liberté

Ne pourra jamais être issu
Sève stérile qui coule dans
Ce que nous appellons réel

Le fil d'Ariane est si ténu
Qui nous relie à l'éternel
De la lumière de notre chant …

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AU DELÀ DE L'ANIMAL

L'animal est toujours plus ou moins satisfait
Mais le divin en nous réclame nourriture
Affamé, s'épuisant dans de mièvres miracles
Ce moi qui ne peut pas abdiquer tout à fait

Avide d'absolu et de dépassement
S'acharnant à ourdir un impossible règne
Où la Beauté n'est plus demeure secondaire
Où chaque instant de vie est riche de présence

S'abstraire en la cellule d'une illusion dernière
Que le scalpel viendra déchirer tôt ou tard
Aurai-je encore le temps de déchiffrer ces signes
Que j'ai si mal compris et qui m'ont égaré ?

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SEMIS D'ÉTOILES

Si rares sont les semis d'étoiles
Si vite poussent les blés de la nuit
Si difficile la plongée
Dans les gouffres de la lumière

Que nous ne pénétrons qu'avec
Circonspection dans nos rêves
Tant nous redoutons qu'ils ne soient
Enspiralés à la douleur

Et lorsques en vains moulinets
Nous dilapidons nos élans
Il ne demeure que l'attente
Dans l'usante immobilité

Plus rien qui soulève la vague
Le vent s'est éteint et la chair
Des miracles s'est desséchée
Du bout des lèvres nous tentons

De formuler un nom dont nous
Avons oublié les syllabes
Langue imprononçable des hoies
Que nous étions proches d'atteindre

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QUESTION D'HYGIÈNE MENTALE

Changer d'idées et de peaux

Aussi souvent que possible

Question d'hygiène mentale

 

L'idée la plus généreuse

La plus propice à sauver

Nos chairs perclues de questions

 

- Accessoirement nos ames-

Se révélera toxique

Si tel est l'unique filtre

 

Pour tamiser le réel

- à défaut de le comprendre- ;

Toute dualité repose

 

Sur un socle de charniers

Et arbore fièrement

Ses vérités révélées

 

La complexité du monde

Ne saurait se résumer

En unique perspective

 

Clamée indéracinable …

Dense, multiple, foisonnante

Elle défie nos analyses 

 

Changer d'idées et de peaux

Aussi souvent que possible

Question d'hygiène mentale

 

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ETOILES LIBRES DANS L'ESPACE

Retrouver notre dignité
D'étoiles libres dans l'espace
Partir en quête de notre essence
A travers l'esprit et les sens
Étroitement conjugués
Trouver notre axe, notre place

Et désarmer le quotidien
D'un élan de pure magie
Jeté à la face des faits
Faire de nos rêves des chants concrets
Imposant aux ombres meurtries
La lumière d'un but atteint

Que politique et religion
S'en retournent dans leurs musées ;
Et que leurs armures rouillées
S'écroulent en notre humanité
Dans sa puissance révélée …
L'innocence consume nos poisons

Il est bout du labyrinthe
Cette lumière de nous mêmes
Dans son expression la plus forte
Il suffirait d'ouvrir la porte,
Récolter ce que l'amour sème
Rallumer les flammes éteintes

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