insurrectionpoetique !

LA MESURE DE TOUTES CHOSES

La Mort

Fut-elle la plus surprenante

La plus inconvenante des morts

Est froide, rugueuse et mathématique

 

Le bordel foisonnant, généreux, hérétique

De la Vie, même en ses recoins les plus obscurs

Jusque dans sa si nécessaire absurdité

Jusqu'en ses rendez-vous manqués avec la chance

 

Nous y semble préférable, quitte à nous embourber

Dans des mélancolies tonitruantes et complexes

Il est salutaire d'aller puiser dans

Les excès du vivant la preuve du mot vivre

 

Et le sceau des régénérations intérieures

Il est douteux et névrotique de s'y complaire

Mais il faut du temps pour la mesure des choses

Pour l'art de la nuance et des désinvoltures

 

Davantage encore pour en déjouer les pièges

Ces fausses sérénités achetées au rabais

Qui visent à confondre raison et raisonnable

Et voie de sagesse avec assagissement

 

Longtemps pour saisir que vif et dispersion

Ne sont pas des mots proches, pas plus que l'immobile

Et l'inerte ne sont frères. Et la mort vient si vite … 

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UN PONT

Un pont, je ne cherche qu'un pont
Qui me mène vers la vraie vie
Et l'authenticité de soi

Ce que vous appelez raison
Que vous portez comme une croix
Ne suscite en moi que l'ennui

Tant de merveilles entassées
Dans mes greniers imaginaires
Et nulle issue pour les donner

Litanie des réalités
Qui vous clouent à vos vérités
Rentrées dans leurs fourreaux d'éther

Est-il impossible d'exister
D'extraire des mondes de son âme
Pour pouvoir respirer un peu

Mes poumons, mon cœur sont broyés
Écrire est, au delà du jeu,
Tenter de se sauver des flammes

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ÉTOILES LIBRES DANS L'ESPACE

Retrouver notre dignité
D'étoiles libres dans l'espace
Partir en quête de notre essence
A travers l'esprit et les sens
Étroitement conjugués
Trouver notre axe, notre place

Et désarmer le quotidien
D'un élan de pure magie
Jeté à la face des faits
Faire de nos rêves des chants concrets
Imposant aux ombres meurtries
La lumière d'un but atteint

Que politique et religion
S'en retournent dans leurs musées ;
Et que leurs armures rouillées
S'écroulent en notre humanité
Dans sa puissance révélée …
L'innocence consume nos poisons

Il est bout du labyrinthe
Cette lumière de nous mêmes
Dans son expression la plus forte
Il suffirait d'ouvrir la porte,
Récolter ce que l'amour sème
Rallumer les flammes éteintes

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HOMME, CATHÉDRALE INACHEVÉE

Homme, cathédrale inachevée
Dont les vitraux sont obscurcis
Par le goudron de la raison

Astreignant notre identité
À demeurer dans la prison
De ses rêves inaccomplis

L'hymne à l'être, aux orgues du cœur
N'est que trop rarement joué
Le désir est fresque pâlie

Grandit l'arbre de nos erreurs
Qui pousse ses branches dans la nuit
Mais dont nul fruit de liberté

Ne pourra jamais être issu
Sève stérile qui coule dans
Ce que nous appellons réel

Le fil d'Ariane est si ténu
Qui nous relie à l'éternel
De la lumière de notre chant …

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AU DELÀ DE L'ANIMAL

L'animal est toujours plus ou moins satisfait
Mais le divin en nous réclame nourriture
Affamé, s'épuisant dans de mièvres miracles
Ce moi qui ne peut pas abdiquer tout à fait

Avide d'absolu et de dépassement
S'acharnant à ourdir un impossible règne
Où la Beauté n'est plus demeure secondaire
Où chaque instant de vie est riche de présence

S'abstraire en la cellule d'une illusion dernière
Que le scalpel viendra déchirer tôt ou tard
Aurai-je encore le temps de déchiffrer ces signes
Que j'ai si mal compris et qui m'ont égaré ?

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SEMIS D'ÉTOILES

Si rares sont les semis d'étoiles
Si vite poussent les blés de la nuit
Si difficile la plongée
Dans les gouffres de la lumière

Que nous ne pénétrons qu'avec
Circonspection dans nos rêves
Tant nous redoutons qu'ils ne soient
Enspiralés à la douleur

Et lorsques en vains moulinets
Nous dilapidons nos élans
Il ne demeure que l'attente
Dans l'usante immobilité

Plus rien qui soulève la vague
Le vent s'est éteint et la chair
Des miracles s'est desséchée
Du bout des lèvres nous tentons

De formuler un nom dont nous
Avons oublié les syllabes
Langue imprononçable des hoies
Que nous étions proches d'atteindre

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QUESTION D'HYGIÈNE MENTALE

Changer d'idées et de peaux

Aussi souvent que possible

Question d'hygiène mentale

 

L'idée la plus généreuse

La plus propice à sauver

Nos chairs perclues de questions

 

- Accessoirement nos ames-

Se révélera toxique

Si tel est l'unique filtre

 

Pour tamiser le réel

- à défaut de le comprendre- ;

Toute dualité repose

 

Sur un socle de charniers

Et arbore fièrement

Ses vérités révélées

 

La complexité du monde

Ne saurait se résumer

En unique perspective

 

Clamée indéracinable …

Dense, multiple, foisonnante

Elle défie nos analyses 

 

Changer d'idées et de peaux

Aussi souvent que possible

Question d'hygiène mentale

 

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ETOILES LIBRES DANS L'ESPACE

Retrouver notre dignité
D'étoiles libres dans l'espace
Partir en quête de notre essence
A travers l'esprit et les sens
Étroitement conjugués
Trouver notre axe, notre place

Et désarmer le quotidien
D'un élan de pure magie
Jeté à la face des faits
Faire de nos rêves des chants concrets
Imposant aux ombres meurtries
La lumière d'un but atteint

Que politique et religion
S'en retournent dans leurs musées ;
Et que leurs armures rouillées
S'écroulent en notre humanité
Dans sa puissance révélée …
L'innocence consume nos poisons

Il est bout du labyrinthe
Cette lumière de nous mêmes
Dans son expression la plus forte
Il suffirait d'ouvrir la porte,
Récolter ce que l'amour sème
Rallumer les flammes éteintes

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CHERCHANT VOS TRANSPARENCES ...

Des valises pleines de regards

D'autres remplies de points de vue

J'arpente les quais sinueux

En attente de ce train qui

Conduira mon âme à vos âmes

 

Je veux multiplier les angles

Sous lesquels observer cela

Qui constitue vos carapaces

Me dépouiller de mon savoir

Des limites du ressenti

 

Et voir avec vos yeux le monde

Changer de visage à mon gré

En quête de la lumière qui

Vous révélera au plus vif

Dans votre dimension sacrée

 

Car avant de vous percevoir

Il me faudra accumuler

Une multitude de filtres ;

Je sais que votre transparence

Ne s'offrira pas sans obstacles

 

Qu'avez-vous à offrir au monde ?

Où est cette part intangible

En votre être du don ébloui ?

Elle est là, sous vos plis de gaine,

Les rires amers de vos regrets,

 

Les sombres rides de l'infortune,

Cette étincelle inexpugnable

Qui fait chaque humain mitoyen

Dans la rumeur mùiraculeuse

D'une croissance exponentielle 

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DES PORTES, DES YEUX, DES FENÊTRES ...

Des portes, des yeux, des fenêtres

Des cœurs que les flux monétaires

Amenuisent en un tas de sable

Amas d'étoiles chiffonnées

 

C'est cela qu'il nous faut ouvrir

Sans jamais en forcer les gonds

Sans imposer LA vérité

De nos friables certitudes

 

Qui ne demeurera jamais

Que le  peu que nous avons cru

Comprendre de l'Inconcevable

Un angle parmi des millions

 

Nos catéchismes à venir

Sont déjà aussi obsolètes

Que ceux que nous avons chassés

Nous devrons nous en affranchir

 

L'éveil et l'émerveillement

Sans la fadeur que l'on attache

À ces mots de vive étincelle

Allumant les brasiers du don

 

Seront et le guide et la voie …

Il conviendra de nous ouvrir

De puiser les soleils en nous

De les semer à tous les vents

 

Si à tes lèvres fût-ce l'ombre

D'un "pourquoi?" inopinément

Surgit, alors referme tout

Tes portes, tes yeux, tes fenêtres

 

Ton cœur délavé par les larmes

C'est que tu as encore besoin

Des réponses et des illusions

Qui me seraient défaite et chute 

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TOUJOURS CE TUMULTE ÉCORCHÉ

Il est ce moment où l'on sait

Que la réponse à nos questions

Ne nous sera d'aucun repos

Ne nous sera d'aucun secours

 

Ne fera que drainer vers nous

Tout un flot d'interrogations

Bien plus âprement insolubles …

Nous aussi, nous avons clamé

 

"Je saurai, et la Connaissance

M'offrira la paix que je cherche"

Mais l'achèvement du chaos

S'ouvrait sur un autre chaos

 

Toujours ce tumulte écorché

Ces vérités contradictoires

Ces paradoxes irréversibles

Versant dans nos mémoires truquées

 

Masques et visages pêle-mêle

Manège dérisoire et sublime ;

S'affranchir des mensonges usuels

Ne nous conduit pas vers l'essence

 

Mais vers des mensonges plus complexes

Absorbant la lumière en nous ;

Hors du risque, le néant domine

Et vivre ne tend qu'à le fuit

 

Mais possédons-nous d'autre choix

Que d'être violemment brisé

Quand l'autre chemin c'est le rien

Dévorateur et sans mystère

 

Mille fois les séismes insensés

À cette extinction su moi

Si irréversiblement lente

Patiente gangrène de l'être ! 

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NASSE DE LUMIÈRE GARDÉE PAR DES OMBRES

Que de temps perdu à nous obstiner

À croire que nos plaies soient cicatrisables

À vouloir tenter de les refermer

 

Ignorant que d'elles, que de leur béance

Nous pourrions pétrir un souffle nouveau,

Que nous devrions les porter en nous

 

Jusqu'au foudroiement de l'ultime émoi

Quand le verbe en nous définitivement

A tari la source et forclos la nuit

 

Il faut de nos plaies bâtir une force

Et à partir d'elles prendre notre élan

Portes ensanglantées de la connaissance

 

Matériau de l'être en transmutation …

Sans jamais nous identifier à elles

Ni les prétendre notre signature

 

Sans jamais qu'elles nous servent d'alibi

Pour blesser, souiller et dénigrer l'autre

Le lester de nos erreurs, nos angoisses

 

Nos plaies sont nos richesses inaliénables

D'elles naîtront notre ouverture au monde

Et  nos sensibilités avivées

 

Nasse de lumière gardée par des ombres,`

En lesquelles il est tentant de se perdre

Mais que l'homme vrai contourne et détourne 

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VERS LA BEAUTÉ DE LA VIE

Nous cherchons l'accès, l'issue
Vers la beauté de la vie ;
Une porte s'ouvre dans la nuit,
Se clôt sitôt qu'entrevue
L'esquisse d'un paradis …

Du brouillard et des brouillons
De cela qui devait être,
Ce qu'en nous nous ressentons
Tous ces mondes encore à naître
C'est ce que nous y gagnons

Mais rien que le cœur saisisse
Et rien qui nourrisse l'âme
Quelques miettes de solstice
Alors que tout nous affame
Et que sur tout nos mains glissent …

Ce que l'on sent est immense
Et ce qu'on vit si petit
Et autour des géants danse
Tout un peuple de fourmis

Paradis originel
Qui croît dans nos âmes inquiètes …
Etre en quête de ce ciel,
Que rien ici ne reflète,
Vers qui tout nous interpelle

Nous use, nous broie, nous fatigue.
Non, nous ne réclamons pas
Ces honneurs que chacun brigue
Etre vivants nous suffira,
Tels le sang qui nous irrigue !

Oh ! Nous contenter de marcher
Sur la terre nous a remplis
Un moment de gestes et d'idées
Mais à présent cela suffit
Et nous voulons nous élever

Juste à la hauteur de nous mêmes,
Ne plus ramper, ne plus croupir
Dans les prisons de l'anathème
Où l'on enferme nos désirs
Récolter ce que l'âme sème

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QUE NOUS RESTE-T-IL À TRANSMETTRE ?

Nul ne connaît le portable de Dieu

Depuis qu'ils ont le visiophone

Les anges se détournent de l'Homme

 

Ne voyez dans ces considérations

Nulle image métaphorique

Mais bien des faits irréfutables

 

Tant de moyens de communication

Et si peu à communiquer … 

Que transmettre hors nos désarrois

 

D'un monde qui change plus vite que nous

Nos solitudes imperméables

À l'amour, à la compassion

 

Le doigt de feu du Diable à nos fenêtres

Et sa voix qui chante en nos cœurs

Jusqu'à s'identifier à eux ?

 

Nous tentons de combler le vide obscène

Entre nos rêves et le Monde

Mais la plaie demeure béante

 

Il nous faudrait retourner au silence

Pour réhabiter notre voix

Mais en avons-nous le courage ? 

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LA FACE CACHÉE DU SOLEIL

Le soleil éclaire des monceaux d'ordure, des gestes assassins, des joutes de pouvoir, les combats hérissés de ceux qui furent frères, dents de fauves en avant, prêtes à déchiqueter.

Et nous en concluons à l'abomination, à la froide détermination de l'existence à nous détruire, nous désarticuler, nous broyer, nous ensevelir. Le Monde, horreur irrémédiable où nous ne saurions que nous dissoudre.

Le soleil éclaire l'infinie promesse des élans, des actes et des mots d'amour, l'éclair fulgurant d'un rire déboulonnant les tyrans, l'ascension sans merci des pensées en éveil, et l'écume vivace des tendresses sans enjeu, l'inconnu sacrifiant sa vie ou son honneur pour mieux sauver ceux d'un autre dont il ne connaît rien que l'âme droite, peu propice aux compromissions ; l'enfant qui s'émerveille d'un monde encore à naître ;

l'homme qui rature les courbes de son sang, de ses muscles, our tenter d'offrir des joyaux à ceux dont il ignore tout ; des brasiers de silence où l'être s'accomplit, la ciselure d'un mot éblouissant la nuit, et le regard qui s'ouvre, s'offre en partage aux hommes

et des portes entrouvertes qui mènent aux paradis mille fois perdus, mille fois retrouvés ; la terrifiante splendeur des beautés en effervescence.

Et nous en déduisons le Monde comme une ferveur miraculeuse, un Livre des Merveilles en constant mouvement, dont chaque ligne décille nos yeux opaques, sources de troubles, de bouleversements enchantés.

N'est-il, dans le magma fumant de nos entrailles, nul soleil éclairant l'ensemble des versants, afin que nous puissions appréhender l'intimité paradoxale de l'Horreur et de la Splendeur, et percevoir le monde en sa totalité, en chaque minute du Souffle ?

Chaque pièce, si apparemment étrangère, si apparemment ennemie de celle qui l'a précédée s'emboîte si parfaitement à elle qu'elle en épouse chaque pouce, et leur complémentarité alors ne laisse dans notre esprit aucun doute.

Tel est le monde et tel nous sommes que nous en cherchons les reflets et non sa cinglante évidence, avide de fracas ou d'ébahissement, sans avoir le courage de les envisager comme deux puissances qui s'équilibrent un forment un Tout infragmentable.

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