insurrectionpoetique !

VERS LA BEAUTÉ DE LA VIE

Nous cherchons l'accès, l'issue
Vers la beauté de la vie ;
Une porte s'ouvre dans la nuit,
Se clôt sitôt qu'entrevue
L'esquisse d'un paradis …

Du brouillard et des brouillons
De cela qui devait être,
Ce qu'en nous nous ressentons
Tous ces mondes encore à naître
C'est ce que nous y gagnons

Mais rien que le cœur saisisse
Et rien qui nourrisse l'âme
Quelques miettes de solstice
Alors que tout nous affame
Et que sur tout nos mains glissent …

Ce que l'on sent est immense
Et ce qu'on vit si petit
Et autour des géants danse
Tout un peuple de fourmis

Paradis originel
Qui croît dans nos âmes inquiètes …
Etre en quête de ce ciel,
Que rien ici ne reflète,
Vers qui tout nous interpelle

Nous use, nous broie, nous fatigue.
Non, nous ne réclamons pas
Ces honneurs que chacun brigue
Etre vivants nous suffira,
Tels le sang qui nous irrigue !

Oh ! Nous contenter de marcher
Sur la terre nous a remplis
Un moment de gestes et d'idées
Mais à présent cela suffit
Et nous voulons nous élever

Juste à la hauteur de nous mêmes,
Ne plus ramper, ne plus croupir
Dans les prisons de l'anathème
Où l'on enferme nos désirs
Récolter ce que l'âme sème

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QUE NOUS RESTE-T-IL À TRANSMETTRE ?

Nul ne connaît le portable de Dieu

Depuis qu'ils ont le visiophone

Les anges se détournent de l'Homme

 

Ne voyez dans ces considérations

Nulle image métaphorique

Mais bien des faits irréfutables

 

Tant de moyens de communication

Et si peu à communiquer … 

Que transmettre hors nos désarrois

 

D'un monde qui change plus vite que nous

Nos solitudes imperméables

À l'amour, à la compassion

 

Le doigt de feu du Diable à nos fenêtres

Et sa voix qui chante en nos cœurs

Jusqu'à s'identifier à eux ?

 

Nous tentons de combler le vide obscène

Entre nos rêves et le Monde

Mais la plaie demeure béante

 

Il nous faudrait retourner au silence

Pour réhabiter notre voix

Mais en avons-nous le courage ? 

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LA FACE CACHÉE DU SOLEIL

Le soleil éclaire des monceaux d'ordure, des gestes assassins, des joutes de pouvoir, les combats hérissés de ceux qui furent frères, dents de fauves en avant, prêtes à déchiqueter.

Et nous en concluons à l'abomination, à la froide détermination de l'existence à nous détruire, nous désarticuler, nous broyer, nous ensevelir. Le Monde, horreur irrémédiable où nous ne saurions que nous dissoudre.

Le soleil éclaire l'infinie promesse des élans, des actes et des mots d'amour, l'éclair fulgurant d'un rire déboulonnant les tyrans, l'ascension sans merci des pensées en éveil, et l'écume vivace des tendresses sans enjeu, l'inconnu sacrifiant sa vie ou son honneur pour mieux sauver ceux d'un autre dont il ne connaît rien que l'âme droite, peu propice aux compromissions ; l'enfant qui s'émerveille d'un monde encore à naître ;

l'homme qui rature les courbes de son sang, de ses muscles, our tenter d'offrir des joyaux à ceux dont il ignore tout ; des brasiers de silence où l'être s'accomplit, la ciselure d'un mot éblouissant la nuit, et le regard qui s'ouvre, s'offre en partage aux hommes

et des portes entrouvertes qui mènent aux paradis mille fois perdus, mille fois retrouvés ; la terrifiante splendeur des beautés en effervescence.

Et nous en déduisons le Monde comme une ferveur miraculeuse, un Livre des Merveilles en constant mouvement, dont chaque ligne décille nos yeux opaques, sources de troubles, de bouleversements enchantés.

N'est-il, dans le magma fumant de nos entrailles, nul soleil éclairant l'ensemble des versants, afin que nous puissions appréhender l'intimité paradoxale de l'Horreur et de la Splendeur, et percevoir le monde en sa totalité, en chaque minute du Souffle ?

Chaque pièce, si apparemment étrangère, si apparemment ennemie de celle qui l'a précédée s'emboîte si parfaitement à elle qu'elle en épouse chaque pouce, et leur complémentarité alors ne laisse dans notre esprit aucun doute.

Tel est le monde et tel nous sommes que nous en cherchons les reflets et non sa cinglante évidence, avide de fracas ou d'ébahissement, sans avoir le courage de les envisager comme deux puissances qui s'équilibrent un forment un Tout infragmentable.

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COURANTS ASCENDANTS

Quand l'âme est prisonnière d'une étoile filante,
On s'épuise à vouloir tenter de la rejoindre
Et l'on feint d'expédier les affaires courantes ;
La prière qui vous brûle, rien ne pourra l'éteindre !

Un pied dans l'absolu, et l'autre dans la boue,
On cherche l'équilibre, le sens et la hauteur ,
Mais tous ces edens méprisés qui crient en nous
Comment en faire taire l'effroyable clameur ?

Et comment concilier les courants ascendants
Qui vous aspirent toujours plus loin dans l'espace ?
A chaque instant, l'écart se précise d'un cran
Et nous n'osons plus regarder nos rêves en face !

Traîtres à la lumière qui nous brusque et nous hisse,
Mimant la vie, l'amour, en un si parfait leurre
Que chacun se rassure de cette ombre trop lisse
Qui tente d'éteindre l'appel de l'astre à l'intérieur

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LES LIBRES FLUX DE LA CONSCIENCE

Déserter les chemins de l'objectivité

Se laisser doucement hisser

Vers ces routes qui ne mènent nulle part

Et qui n'exigent rien de vous

Que l'effleurement d'un regard

 

Laisser éclater en bulles mousseuses

Pensées, émotions, sensations

N'être plus qu'un vide infini

Apte à être investi, rempli

Par la magie de l'Univers

 

Ne pas la restreindre à son cœur

Ne pas l'emprisonner dans sa mémoire

Ne pas tenter de la nommer

La laisser s'écouler comme un fleuve serein

Car la vouloir retenir c'est la perdre

 

N'en conserver que la marque

Un poinçon de lumière au coin de l'âme

Que le regard le plus aigu

N'est en mesure de percevoir

Mais qui est le fief de l'esprit

 

S'abandonner sans se corrompre

Au libre flux de la conscience

Et confier l'ensemble de ce que nous sommes

Au dangereux roulis de l'incertain

 

Paradoxalement enrichis

De cet intime dépouillement

De cette extase matérielle

Qui s'évide de tout repère

Devenir plus et autrement 

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TERRES MOUVANTES DE L'INTANGIBLE

J'appartiens à ceux pour lesquels

Un verre entier suffit à peine

Qui veulent boire à plein goulot

Le feu sans se soucier de se brûler les lèvres

 

La porte, camarade vivant

Demeurera pour peu de temps ouverte

Tu le sais, pourtant tu hésites

À plonger à la verticale

 

Ce qui t'attend au terme de

Cette dislocation ascensionnelle

Tu l'ignores - tu sais vers où

Mais les mouvements internes te demeurent inconnus

 

Pas plus que tu ne sais comment

Tu t'en retourneras, au terme de quelles métamorphoses

À la pulsation ordinaire des choses

Même si tu sais que tu y reviendras

 

Ni le froid rationalisme

Ni les turbulents mysticismes

Ne te permettraient de franchir le seuil

L'un le clorait, les autres condamneraient tout retour

 

Pourtant, tu en as la prescience

Chacun pourrait te fournir des outils

Pour défricher les terres mouvantes

Des séismes de l'intangible

 

Ce que l'on rencontre "là bas" ?

Rien qui ne soit contenu

Dans les plis de notre visage

Mais si loin en lui, si profond

 

Qu'il nous est devenu impossible de l'atteindre

Rien qui ne soit de l'ordre du descriptible

Mais la plénitude d'une joie

Dont nous ne possédons que l'écho déformé

 

Plonge, bois le feu à plein goulot

Et tu verras, et tu sauras

Et voir et savoir suffira

Sans qu'il fût besoin de le dire 

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LA FORMIDABLE IRONIE DU VIVANT

Il est de toute urgence d'accorder

Crédit illimité aux âmes du purgatoire

De moderniser notre être

Et de ne plus déverser nos mensonges

Dans les égoûts du paradis

 

De vivre nos appétitds sans limites

De déstabiliser l'administration des enfers

Par des demandes en dix-huit exemplaires

De la syndication des anges

 

Et de considérer la damnation

Comme la porte étroite vers Dieu

Sur le moins fréquenté de ses versants …

Le reste n'est qu'affaire de peur, de solitude

 

De tâtonnements dans des corridors sombres

Sans même le secours d'amis imaginaires

 

Nous brinqueballons d'une rive  à l'autre

Nos cœurs éraflés, écornés d'enfants boudeurs,

Injustement punis par des instances aveugles

Et n'appréciant que très modérémént

La formidable ironie de la vie 

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CRACHER LA LUMIÈRE EN EXCÈS

Cracher la lumière en excès
Glaviot sanglant sur les quais de la gare
À la consigne de laquelle nous avons enclos
Nos rêves dans une armoire cadenassée

Et alors seulement peut être
Capter un atome de ce vide
Auquel toutes nos forces aspirent
La paix sans recours et sans concession

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LE CHAMP D'ACTION DES ÉVEILLÉS

Le champ d'action des Éveillés

Se réduira à leur nombril

Tant qu'ils n'associeront leurs forces

À la foule des somnolents …

 

Les puristes protesteront

-Il est doux de se définir

Comme une caste supérieure

Au reste de l'humanité !-

 

Mais l'Éveillé qui serait seul

À se définir éveillé

Entamerait sa somnolence

Et perdrait sa lucidité

 

Les endormis ? Peine perdue

De dilapider notre souffle

Pour à peine les ébranler

Ils suivront, comme à l'ordinaire

 

Les yeux ouverts, nous marcherons

Dénouant la trame du sang

Semant les soleils inversés

De nos consciences en tumulte

 

À l'assaut des tertres promises

Entre le sommeil et l'éveil

Espace vivable et généreux

Offert aux fils de la lumière

 

Ne pas plier,mais déployer

Amplifier l'acte et la vision

Juste redevenir humains

En version non expurgée 

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MAIS LA TÉNÈBRE EST DÉSIRABLE ...

La douceur nous anesthésie
Et la douleur nous assomme
Et l'on voudrait bien faire un somme
Mais tout repos est tabou, interdit

Je n'ai trouvé ma vérité
Dans la joie ni dans la souffrance
Dans chacun de ces deux états
Seul un fragment du puzzle humain

Un aspect, une vue du monde
Un diaporama de l'éternité
Où manque le cliché décisif
Qui donnerait son sens aux autres

Et comme un funambule entre ces deux montagnes
Je danse sur le fil de la vie
Avec la crainte de chuter …
Mais la Ténèbre est désirable

Elle est là, comme une putain,
Avec ses charmes à bon marché
Elle nous vante son néant
Qui est à notre propre vide
Comme une améthyste aux galets

Nous jetons des dés dans l'espace
Pour conjurer ses maléfices
Mais la peur de perdre à ce jeu
De hasard qu'est notre existence

N'est jamais si puissante que la peur de gagner ;
Nos frustrations s'érigent en dogmes,
Nos impasses en propositions
Et nos limitations en lois

Dans ce corps, cet esprit entre souffrance et joie,
Nous cherchons l'équilibre et la porte d'entrée
Vers un monde plus vaste où la peur s'abolit
Mais dont il nous manque la clé

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FAIRE CORPS AVEC LE MYSTÈRE

Il n'est pas besoin d'un dieu
Spécifiquement nommé
Pour se laisser emporter
Par les courants ascendants

L'extase est un phénomène
À la portée du premier
Mystique expérimenté
Venu et non transcendance

L'extase religieusement
Circonscrite et définie
Toujours hors et toujours contre …
Combien plus riche et complexe

Est la quête de l'extase EN
Non en dépit, au delà
D'une matière méprisée
Mais par elle, à travers elle

Faire corps avec le Mystère
Le transcrire en mots vivants
Et fertiliser le corps
Et l'acte par sa substance

Le dépassement de soi
L'accès à l'Axe des Mondes
Incertains, inquantifiables
Et non glaciation des dogmes

Le Verbe en nous descendu
N'éloigne pas de la chair
Mais paradoxalement
Ancre sa proximité

Corps à corps irrépressible
Avec chaque tourbillon
Vibrant d'électrons fugaces
Amour de la densité

Lorsque le miraculeux
N'est plus parole de prêtre
Mais instant de plénitude
Propice à tous les élans

Corps et corps, matière encore
À son degré supérieur
Fulgurante apothéose
De l'œuvre vivante et constante

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L'ÉCLAT DE LA BEAUTÉ

Parenthèse d'espoir entre deux précipices
Poignard d'étoiles tranchant les nœuds de la mort
Elle hisse nos destins hors du silence
Où nous contraignent nos utopies mutilées

La beauté dont l'éclat éblouit nos mémoires
D'edens indéchiffrables où nous avons vécu
À peine entraperçus mais scindant à jamais
Ces rêves fragmentés qui signent notre essence

Forçant la solitude et le renoncement
Déverrouillant l'espace et décillant nos âmes
Elle ouvre dans la chair la chambre du miracle
Où l'absolu déploie son souffle incorrompu

Elle est la dignité de vivre en plénitude
Camouflet qui dément la royauté du vide
Et nous dit "quand déploieras-tu tes ailes quand
Oseras-tu enfin, mon frère, être vivant ? "

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CES MOTS QUI CISAILLENT NOS RÊVES

Programmés pour surtout ne jamais devenir
Demeurer dans la staticité fonctionnelle
Qui nous rendra manipulables à merci

Gavés d'images et de mots, privés de clés
Pour comprendre et de souffle pour soulever le monde
Nous errons parmi de voraces labyrinthes

Retrouver le chemin du silence intérieur
Qui seul peut nous conduire à la parole vraie
Dépouillés de ces mots qui cisaillent nos rêves

Est acte fondateur de notre identité
Alors pourra enfin venir le Temps de l'Etre
Ce temps inmonnayable qu'en vain nous recherchons

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DIEU ÉCOUTE ET DIEU RÉPOND

Dieu écoute et Dieu répond
Mais le courrier des rêves
Passe par tant de détours,
Tant d'étoiles et de planètes

Mais le chemin est si long
Que nous hantent d'autres rêves
Quand la réponse en retour
Parvient à nos âmes inquiètes

Alors part une autre lettre
Vers la poste du mystère
A laquelle il ne sera
Répondu que dans cent ans

Cinq minutes, un mois peut être …
Ce n'est qu'aux yeux de la chair
Et de l'esprit un peu las
Qu'est le mirage du temps

Moi je m'en vais musarder
Par les chemins de traverse
Les seuls vrais chemins peut-être
Pour trouver sa vérité

En attendant le courrier,
Cette réponse céleste
Que l'on guette à sa fenêtre
Mais que l'on n'ose espérer

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JUSQU'À EN DEVENIR SOLEILS

Vous ne le savez pas encore
Mais les anges ont envahi la cité
Non ces anges fadasses de vos images pieuses

Droits et tranchants comme des épées
Ils n'ont aucun égard pour vos compromissions
Ni pour vos lâchetés, vos mensonges sereins
Leur prière est élévation
Ils vous vont arracher au poids de vos cités
Vous lancer, dépouillés, dans l'espace des purs

Pureté ce n'est pas un mot
Pour eux, c'est l'exigence de leur identité
L'exigence de croître dans toutes les directions
Jusqu'à en devenir soleils

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